Qu’est-ce que le « lyrisme critique » ?

Le lyrisme critique, également parfois appelé nouveau lyrisme, est une tendance poétique née dans les années quatre-vingts en France, ensuite théorisée notamment par Jean-Michel Maulpoix à travers des essais tels que Du Lyrisme et Pour un lyrisme critique.

Dans la mesure où les poètes qui s’en réclament et ceux qui peuvent y être rattachés mettent en œuvre des pratiques poétiques assez différentes, il vaut mieux parler de « tendance » poétique que de courant ou de mouvement littéraire.

En 1988 paraît, à la suite d’un colloque, un ouvrage dirigé par Philippe Delaveau et intitulé La poésie au tournant des années quatre-vingts. Les auteurs défendent une poésie qui, prenant le contre-pied de ce qui se faisait les décennies précédentes, réintroduirait du sentiment et de l’humain dans la parole poétique.

En 1989 paraît La Voix d’Orphée, premier d’une série d’essais de Jean-Michel Maulpoix sur la notion de lyrisme. Cet ouvrage sera  repris et augmenté en 2000 sous le titre de Du lyrisme. Viennent ensuite La poésie comme l’amour, Adieux au poème, Le poète perplexe, Pour un lyrisme critique

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Le nom même de « lyrisme critique » dit assez qu’il ne s’agit pas de promouvoir un exercice naïf et idéalisé de la poésie. Peut-être l’époque elle-même interdit-elle cette naïveté, ou du moins risque-t-elle de la faire passer pour de l’indécence.

C’est ainsi que la poésie contemporaine, par exemple celle de Marie-Claire Bancquart ou de Jean-Michel Maulpoix, ne tente pas de dissimuler la dureté de la condition humaine. Il ne s’agit pas non plus d’en rester à ce constat : les poèmes rapportent aussi des instants de joie, de complicité, de bonheur, compatibles avec la lucidité d’un regard « critique » sur le monde et sur l’existence.

L’expression de « lyrisme critique » démarque aussi le lyrisme contemporain de son pendant romantique, accusé d’emphase excessive dans l’expression des sentiments personnels. Un lyrisme « critique », c’est un lyrisme qui instaure une certaine distance avec le jaillissement spontané des émotions. Cela ne signifie pas un refus de l’émotion, mais plutôt un décentrage du « moi-je » sur le reste du monde, à commencer par autrui.

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Ces quelques remarques ne suffisent pas, bien entendu, à rendre compte de la diversité des poèmes et des poètes que l’on pourrait considérer comme relevant de ce « lyrisme critique », ni même à définir correctement cette notion. J’espère qu’elles vous auront permis, malgré tout, de mieux la comprendre, voire de la découvrir.

Pour en savoir davantage, vous pouvez commencer par parcourir l’arborescence du site Internet de Jean-Michel Maulpoix, en commençant peut-être par les deux pages intitulées « Pour un lyrisme critique » et « La poésie n’est pas une maladie honteuse »

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