Archives mensuelles : août 2021

Le bonheur selon Rousseau

Botaniste, musicologue, romancier, Jean-Jacques Rousseau est surtout connu pour être philosophe. Né en 1712 et mort en 1778, le Genevois a, à travers ses différents ouvrages, bâti une pensée dont l’idée essentielle est que l’homme, naturellement bon, est corrompu par la société. Mais alors, nous qui vivons en société, et qui ne saurions faire marche arrière sur ce point, pouvons-nous être heureux ?

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Souvenirs de phono au CP

En septembre prochain, je vais notamment retrouver un CP. Du coup, je me replonge dans mes documents de 2016. Le cours préparatoire impressionne généralement les jeunes enseignants: c’est l’année où l’on apprend à lire, ce qui met quand même pas mal de pression sur le dos des profs. C’est pourquoi, dans mon département, les stagiaires n’ont généralement pas de CP. Mais du coup, les questions relatives à ce niveau sont peu abordées en formation. J’ai eu la chance, quant à moi, de découvrir le CP en complétant le service d’une collègue formatrice (PEMF). Je voudrais raconter ici ce que j’ai appris cette année-là.

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Main

Poème personnel bilingue
Elle a la main de l’accueil, la douce main chaude
du réconfort, ni moite, ni sèche,
ni trop molle, ni trop vigoureuse.
Quand elle parle, elle lui fait dessiner des courbes.
Au téléphone, elle la laisse griffonner sur son carnet
de gracieuses tiges florales, véritables enluminures.
Elle a la main du réconfort, la douce main blanche,
et ses ongles, sans aucun vernis, luisent au soleil.
Elle a la main de patience, incapable de violence,
la main de douceur et de silence.
Elle saisit chaque chose comme un trésor,
rehaussant l’éclat de ce qui s’y trouve.
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Classer les genres littéraires

Je viens de voir circuler une question intéressante : comment classer les textes enseignés en genres littéraires, en particulier lorsqu’on veut expliquer les choses simplement à de jeunes élèves ? La question des genres littéraires est en effet passionnante, et elle a fait couler beaucoup d’encre. Même si la littérature contemporaine a tendance à se jouer des frontières génériques, il faut bien que ces frontières existent pour qu’on puisse se jouer d’elles. Aussi la notion de genre littéraire reste-t-elle tout à fait pertinente, et, à vrai dire, pas si simple qu’il ne paraît au premier abord.

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« L’amoureuse » d’Éluard

L’un des plus célèbres poèmes d’Éluard, l’un des plus beaux aussi à mon sens, est « L’amoureuse », paru dans Capitale de la douleur (1926), plus précisément dans la section « Mourir de ne pas mourir ». Je voudrais donc commenter aujourd’hui ce poème.

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Pour un panorama de la rentrée littéraire

Le mois de septembre voit la publication de plusieurs centaines d’ouvrages. Cette année, la presse mentionne le nombre de 521 romans. Le problème, c’est que la plus grande part demeure invisible.

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Un colloque en ligne sur les femmes poètes

Je vous annonce la tenue prochaine d’un colloque auquel je participerai. Organisé conjointement par la revue Nu(e) et par le laboratoire CTEL de l’Université Côte d’Azur, sous la direction de Béatrice Bonhomme, il vous permettra de découvrir plusieurs poètes d’aujourd’hui. Voici le programme.

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Le « non » de Claude Ber

Dire non, tel est l’enjeu de l’un des livres de Claude Ber, précisément intitulé Il y a des choses que non. Un livre de poésie, où la prose rencontre le vers et le verset, qui porte une mémoire de résistance.

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« Le sage est parti avec la patience de ceux
Qui ont appris la vie
De ceux qui ont appris la mort
Sans rien exprimer qu’un murmure
Un sourire devant la dureté d’un destin. »

Béatrice Bonhomme, « Stèles pour un scribe »,
dans Les Boxeurs de l’absurde, Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 141.

Questions à Jean-Yves Masson

Jean-Yves Masson est un poète français contemporain dont j’aime beaucoup l’oeuvre. Né en 1962 en Lorraine, il a publié, depuis les années quatre-vingts, plusieurs recueils de poésie, mais aussi un conte, des romans et nouvelles. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, professeur de littérature comparée à l’Université de la Sorbonne, traducteur, éditeur, critique littéraire, ses multiples activités font en outre de lui un fin observateur de la poésie d’aujourd’hui. Il m’a fait l’honneur de bien vouloir répondre à mes questions.

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L’aube d’Umberto Saba

J’ai découvert le poète triestin, né en 1883 et mort en 1957, grâce à mon professeur d’italien en khâgne. Je voudrais citer aujourd’hui un poème qui m’a séduit, extrait du recueil Comme on cherche un trésor (titre original : Il Canzoniere), paru aux éditions La Dogana à Genève en 2005, dans une version bilingue traduite par Franc Ducros. Le poème parle de l’aube.

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Nuit des étoiles

S’allonger, un soir d’été, dans la fraîcheur du jardin. Plonger le regard dans l’immensité. Se tourner vers l’ouest, où le ciel rougeoie encore un peu. Regarder apparaître les premières étoiles. Reconnaître les deux Ourses et le W de Cassiopée. Identifier les trois étoiles du triangle d’été : Altaïr de l’Aigle, Deneb du Cygne et Vega de la Lyre. S’exercer, à mesure que le ciel s’assombrit, à percevoir des détails plus subtils. Distinguer les draperies laiteuses de la voie lactée. Repérer les satellites artificiels qui traversent le ciel, trahis par leur vitesse. Contempler l’univers, son apparente sérénité, en prenant part à l’infini. Écouter les criquets et le hululement lointain du moyen duc. Attendre qu’enfin le spectacle commence : car voici que pleuvent les étoiles filantes, minuscules poussières à la longue traîne embrasée.

Gabriel Grossi, 13/08/2021.

Une définition de la poésie par Jean-Yves Masson

« Je donnerais volontiers de l’acte poétique de langage une autre définition : est poétique une attitude envers le langage qui, alors que les autres discours font un choix entre la fidélité au réel (à son degré maximal dans toutes les formes utilitaires du discours) et le fonctionnement autonome de la langue, refuse le choix et tient ensemble les deux. C’est ainsi seulement que la langue, comme le voulait Hugo,  » travaille  » , modifiant notre compréhension du réel et notre maîtrise du langage lui-même. Nouer ces deux désirs dans un emploi des mots qui ne soit pas réductible à une explication extérieure au poème est une ascèse à laquelle, peut-être, tout véritable poète, quelles que soient ses positions théoriques, est obligé de se plier dans le moment secret de l’écriture. »

Jean-Yves Masson, « L’espace de la tradition », remue.net.

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