Archives pour la catégorie XVIIe siècle

Des poèmes sur la ville

La « fréquentation des villes énormes » est, depuis Baudelaire, une source d’inspiration féconde pour les poètes. C’est bien en elle, en effet, que réside la modernité, avec tout ce qu’elle suppose de mouvement, de vitesse, d’innovations en tous genres… Les villes d’aujourd’hui sont grouillantes, trépidantes, tentaculaires. Elles prennent toujours plus de place, dans nos vies concrètes comme dans notre imaginaire. Je me souviens avoir lu dans un article, il y a de ça quelques années, que l’univers urbain avait tendance à monopoliser le paysage télévisuel, et que l’on trouvait de moins en moins de films et de séries dont l’action se situe dans la nature. On s’en doute, la ville apparaît chez les poètes autant comme un idéal que comme un repoussoir. Et cela, dès La Fontaine…

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La Fontaine : « L’Aigle et l’Escarbot »

Inutile de présenter les Fables de La Fontaine, qui sont sans doute l’un des recueils de poésie les plus connus de la langue française. Celles-ci doivent sans doute leur succès à leur caractère plaisant : la mise en scène d’animaux et la dimension morale ont séduit des générations d’enseignants, qui à leur tour les ont fait connaître à leurs élèves. Cela ne doit pas faire oublier que les Fables n’étaient pas, au départ, destinées au divertissement de la jeunesse, mais à celui de la Cour de Louis XIV. Inspirées d’Ésope, ces Fables témoignent du goût de la Cour pour les humanités classiques. Elles plaisaient aussi par leur façon détournée de pointer les vices des hommes de ce temps. Aujourd’hui, je vous parle de « L’Aigle et l’Escarbot ».

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« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur »

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un vers admirable de Jean Racine. Il se trouve dans la scène 2 de l’acte IV de Phèdre, l’une des plus célèbres tragédies du grand dramaturge. Il est mis dans la bouche d’Hippolyte, aimé par Phèdre, la femme de son père Thésée. Dans cette scène, Hippolyte est accusé par son père, et celui-ci se défend, notamment par ce vers : « Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur ». C’est donc ce vers, ce seul vers, que je voudrais commenter aujourd’hui.

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Ulysse conté par La Fontaine

Jean de La Fontaine est surtout connu pour ses fables animales, où un bref récit, mettant en scène des animaux qui parlent, donne lieu à l’exposé d’une réflexion morale. Cependant, le recueil des Fables ne se limite pas, loin s’en faut, aux quelques poèmes que l’on apprend par  cœur à l’école. Aussi aurait-on tort de penser que La Fontaine, c’est de la poésie pour enfants. Je vous propose aujourd’hui de découvrir un poème qui s’inspire de la mythologie grecque, et en particulier de l’épisode où la magicienne Circé transforme les compagnons d’Ulysse en pourceaux, pour aboutir à un poème dédicacé au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, comme s’il s’agissait de faire son éducation en le préparant au métier de roi. Je vous laisse juger de ce poème. Ne nous présente-t-il pas un autre La Fontaine ?

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La Cigale dans tous ses états

Lorsqu’on est un poète aussi renommé, aussi reconnu, aussi célébré que La Fontaine, il ne faut pas s’étonner que maints auteurs aient voulu détourner ses vers dans le sens de la parodie et de la caricature. Je vous présente aujourd’hui quelques réécritures savoureuses de l’un des poèmes les plus connus, que chacun ou presque a en tête : « La Cigale et la Fourmi ».

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Le théâtre, avant, c’était comment ?

Projecteurs surpuissants, rideaux électriques, microphones, haut-parleurs, décors… Le théâtre d’aujourd’hui bénéficie de moyens techniques importants. Aussi importe-t-il, lorsqu’on songe à des pièces plus anciennes comme celles de Molière ou de Racine, de se souvenir que, lorsqu’elles ont été jouées pour la première fois, au XVIIe siècle, ce n’était pas vraiment dans les conditions d’aujourd’hui. Alors, le théâtre, avant, c’était comment ?

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Le théâtre français du XVIIe siècle ne se résume pas à Racine, Corneille et Molière

Sur le podium des dramaturges français du XVIIe siècle les plus lus et les plus enseignés, on retrouve assurément Racine, Corneille et Molière, dont le génie n’est plus à démontrer. Mais au-delà de ces trois figures emblématiques, il existe une foule d’auteurs moins connus. Lire la suite

Fénelon, lecteur critique de son époque (solution du jeu)

Fénelon, par Joseph Vivien (Wikimedia Commons, Domaine public)
Fénelon, par Joseph Vivien (Wikimedia Commons, Domaine public)

Il ne se passe pas une saison sans qu’elle ne soit accompagnée d’un flot de nouveautés, que l’on parle de mode vestimentaire, de stars télévisuelles, d’applications téléphoniques, ou que sais-je encore. Il semble donc que nous pourrions faire nôtre cette citation, que je vous proposais il y a quelques jours :

« […] ce sont tous les jours de nouvelles nécessités qu’on invente, et on ne peut plus se passer des choses qu’on ne connaissait point trente ans auparavant. »

Pourtant, un tel propos est loin d’être récent, puisque cette phrase est extraite des Aventures de Télémaque, de Fénelon, de son nom complet François de Salignac de La Mothe-Fénelon, parues en 1699…

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