Archives mensuelles : avril 2017

Fantaisie

Texte personnel

Mon jeune ami
Avez-vous l’heure ?
Qu’avez-vous dit ?
Cette heure pleure.

Il est trop tard.
Qu’en savez-vous ?
On peut avoir
La perle rare
Sans rendez-vous.

C’est le matin
Après sept heures
Où l’on atteint
Le vrai bonheur

Ma jeune amie
Souriez-moi
Il n’est pas dit
Que l’on perdra

Quand l’heure passe
La magie cesse
Le charme casse
Et le jour blesse

Je sais ceci
Je n’en ai cure
Sachez aussi
Que l’amour dure

Et puis enfin
Dans un poème
On peut bien
À la fin
Dire je t’aime.

Gabriel Grossi
Dimanche de Pâques, 16 avril 2017, minuit

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La phrase qui s’éveille,
aucun horizon ne la cerne,
elle respire, elle ne parle

au nom de personne,
elle met au monde,
sa voix est prête

sans crainte à se parfaire,
ne refuser que de conclure,
se donner, dire « nous ».

Pierre Dhainaut, « La phrase qui s’éveille… »
dans Nu(e), n°45, « Pierre Dhainaut », novembre 2010, p. 217.

Les bocaux de James Sacré

L’une des grandes tendances du lyrisme poétique contemporain en France est l’humilité et la modestie. Finies, donc, les grandes exclamations larmoyantes, les cris de détresse, les envolées théâtrales. Le lyrisme, ce n’est pas seulement cela. On ne peut pas se contenter, pour définir le lyrisme, de relever uniquement ses caractéristiques les plus extrêmes, sans quoi l’on n’aboutit qu’à une image très caricaturale. C’est ce dont on peut se rendre compte en parcourant le livre de James Sacré intitulé Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), paru aux éditions du Castor Astral en 1986.

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Tendances de la poésie contemporaine

Difficile de parler de poésie contemporaine, et pour cause, s’agissant d’une production très récente, non encore décantée par le temps, et donc par définition foisonnante. Vastes sont ses territoires, et c’est précisément ce qui peut faire son attrait : découvrir des auteurs, forger librement son propre goût, se laisser surprendre par tel ou tel poème… Cette diversité n’empêche pas de chercher, sinon à définir, du moins à analyser la poésie d’aujourd’hui. L’une des ambitions de ce blog est précisément de mieux faire connaître cet univers qui reste largement méconnu du grand public. Aujourd’hui, je vous propose quelques tendances…

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La revue Nu(e) célèbre la poésie roumaine

La revue Nu(e), fondée en 1994 par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, est consacrée à la poésie contemporaine. Dans chacun des soixante-trois numéros déjà publiés, la revue se propose de réunir poètes, écrivains, chercheurs et plasticiens, généralement autour d’un poète contemporain, plus rarement autour d’un thème commun.

Des numéros ont déjà été consacrés, notamment, à Pierre Jean Jouve, Michel Deguy, Marie-Claire Bancquart, Jean-Michel Maulpoix, Salah Stétié, James Sacré, Antoine Emaz, Yves Charnet, Benoît Conort…

Le dernier numéro en date est consacré à la poésie roumaine contemporaine.

Site de la revue Nu(e) : http://www.revue-nue.org/

Connaissez-vous « La Plume Francophone » ?

Je viens de découvrir un blog d’une très belle qualité. Il s’agit de la Plume Francophone, créé en 2006 par plusieurs étudiants qui se sont rencontrés sur les bancs de la Sorbonne, et qui partageaient une même passion pour les littératures francophones.

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Complies

Vue de la colline
la mer s’établit
au-dessus des maisons :

tente de la Sagesse,
manteau bleu de la Vierge,
couvrant la ville entière.

Le soir n’a laissé
dans l’eucalyptus
qu’une seule cigale

et sur le mur clair
de la chapelle ouverte
le soleil remonte

comme un roi les degrés
que l’ombre matinale
avait descendus. »

Jean-Pierre Lemaire, L’intérieur du monde,
Le Chambon-sur-Lignon, Cheyne éditeur, 2002, p. 97.

Le poème d’à côté : Charles Baudelaire

Figure majeure de la poésie française du XIXe siècle, Charles Baudelaire est souvent considéré comme le point de départ de la poésie moderne. Selon Michel Jarrety, dans la préface du Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, « en lui se resserrent quelques-uns des signes majeurs de la modernité : l’attention du poète à son propre langage et la lucidité critique de la poésie pour elle-même, le glissement de l’expression vers la création, le sens du transitoire, l’accueil du paysage urbain, l’émergence d’un lyrisme moins personnel — et la possibilité finalement d’écrire des poèmes dans un monde devenu industriel, et justement moderne« .

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Les escargots de James Sacré

James Sacré est un poète français né en 1939 en Vendée. Il a été instituteur en France puis enseignant du supérieur aux États-Unis. J’ai eu la chance de l’entendre lire ses poèmes, lorsqu’il était invité par l’Université de Nice ou par la Bibliothèque Nucéra. Je voudrais aujourd’hui vous présenter l’un de ses ouvrages, paru aux éditions Tarabuste en 1991, intitulé Comme en disant c’est rien, c’est rien. C’est un recueil de poèmes qui parle d’escargots. Oui, oui, d’escargots

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Métiers d’antan

C’est en visitant, hier après-midi, le musée des métiers traditionnels de Tourrette-Levens, que j’ai eu l’idée de cet article sur les métiers d’antan. Ceux-ci sont en effet un prodigieux réservoir de mots, sinon disparus, du moins peu usités. Petit parcours dans le vocabulaire des artisans…

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« Prends-moi la main, ami, il n’est pas de bonheur plus clair
que de marcher sur une route avec celui qu’on aime
au jour levé, trouvant ouverte toute l’aube.

Viens, nous ferons sourire les passants, nous chercherons
la sagesse des sources, la bienheureuse
connaissance de l’eau qui garde la mémoire de l’orage

et se souvient de la nuit traversée. Viens avec moi
demander au matin le sens de ce mot : la jeunesse,
pendant qu’il en est temps, ne tarde pas, bien-aimé, viens. »

Jean-Yves Masson, Neuvains du sommeil et de la sagesse,
Le Chambon-sur-Lignon, Cheyne éditeur, 2007,
poème XIV, p. 26.

Faire écrire de la poésie à des enfants

L’Observatoire National de la Lecture (ONL) affirme que l’enseignement de la poésie « pose problème » aux enseignants : ceux-ci ressentiraient un « malaise » qui expliquerait le fait que la poésie soit souvent reléguée à l’école « à l’heure de la récitation ». Jean Verrier ne dit pas autre chose lorsqu’il constate que « le syntagme “enseigner la poésie” est presque toujours présenté à la forme interrogative et diversement modalisé : “peut-on”, “doit-on”, etc. ». Pourquoi et comment faire écrire de la poésie à des enfants ?

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