Archives mensuelles : septembre 2022

« C’est le propre des grands écrivains que de proposer des figures qui n’entrent pas dans les cases proprettes des manuels de rhétorique. Les figures de style sont combinées entre elles, insérées dans le tissu textuel, renouvelées sans cesse. C’est bien pourquoi il est moins intéressant de nommer une figure que de montrer comment elle fonctionne dans un cas particulier. »

J’ai reçu le nouveau numéro de la revue Florilège (n°188)

C’est une femme-oiseau composée par Catrin Welz-Stein, dans un style qui peut faire penser à Moreau ou Mossa, qui orne la couverture de ce nouveau numéro de la revue Florilège. L’intérieur est tout aussi séduisant que la couverture, avec notamment un hommage de France Brel à son père, une présentation d’une anthologie ukrainienne… Et, comme toujours, un beau cahier de notes de lecture, et rien moins que quatre-vingt-six poètes publiés. Merci beaucoup à Stephen Blanchard et à son association des « poètes de l’amitié » pour cette publication qui existe depuis 1974 !

Comment découvrir de nouveaux poètes ?

Je l’ai maintes fois répété dans les colonnes de ce blog : la poésie contemporaine est tout aussi active que discrète. Si elle demeure hors des projecteurs médiatiques, elle prolifère cependant dans l’ombre. Ce sont des centaines de recueils qu’on publie chaque année. Dès lors, impossible de tout lire. Comment faire alors son choix ?

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Billet d’humeur

Essayer de l’écrire. Pour comprendre pourquoi. La raison de ces larmes qui me sont venues, à l’annonce de la mort de la reine Élisabeth II d’Angleterre. Alors que je suis citoyen français, que je n’ai aucune famille ni ancêtre de l’autre côté de la Manche, et que je n’ai jamais vécu au Royaume-Uni. Alors même que mes convictions politiques, pour ce qui concerne la France, sont résolument républicaines.

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Sylvestre Clancier à l’honneur dans Nu(e)

Un nouveau numéro de la revue Nu(e) est paru lundi dernier. Cette revue de poésie, créée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio en 1994, est passée au format numérique depuis quelque temps. Désormais hébergée par Poezibao, elle propose des poèmes, des entretiens, des études critiques et des contrepoints plastiques. Chaque numéro est consacré à un poète. Sylvestre Clancier est à l’honneur de ce tout récent numéro.

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FAQ sur la rentrée

Ça y est, le grand jour est arrivé. Les enfants ont pris leur cartable rempli de cahiers vierges et de stylos neufs. C’est une nouvelle page qui commence, pour des millions d’élèves, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants… Bonne rentrée à tous, et bonne année scolaire ! Profitons-en pour répondre en une seule fois aux questions que je vois pulluler sur les groupes d’entraide.

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Sérénité de la mer

C’est une aube encore grise par-delà la digue de rochers. Sous nos fenêtres, la mer, parfaitement lisse, s’étend au-delà du bruyant ballet des voitures. Elle étale son rideau argenté, que seul vient perturber le vol lointain d’une mouette. Elle n’a cure de nos soucis, de nos retards, de nos pas pressés, de nos bousculades et de nos cris. Elle n’entend pas le vrombissement de nos motos et nos coups de klaxon. Elle ignore nos petites inquiétudes et nos tracas, nos désespoirs et nos jérémiades, nos colères et nos jalousies. Face à la ville qui déjà s’agite, elle demeure impassible, nous offrant gratuitement sa leçon de sérénité. Tout au plus consent-elle parfois à refléter nos phares, nos réverbères et nos feux : cela ne l’affecte guère. Elle qui dialogue avec l’infini fait peu de cas de nos minuscules lumières. Malgré ce que peuvent laisser croire son écume, ses vagues et ses tempêtes, elle n’est pas d’humeur à s’emporter, si ce n’est en surface. Son pardon est aussi prompt que sa fureur. Ses ondulations ne sont pour elle que des rides superficielles. Elle peut paraître impassible, et pourtant elle est prête à accueillir, comme en son sein, le corps et l’âme du baigneur.

« L’arbre » de Jacques Charpentreau

En ces temps de rentrée, j’ai repensé à ce poème que ma maîtresse de CE2 m’avait donné à apprendre, il y a à peu près trente ans. Je me souviens surtout du moment où je l’ai appris : c’était sur la plage, et ma mère cherchait des moyens mnémotechniques pour me faire mémoriser le poème entre deux baignades. Nous regardions côté rue, avec ses voitures, ses camions, et ses murs chargés de publicités. Voici le texte de ce poème, glané sur le site d’une classe de l’académie de Grenoble.

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« L’homme qui entendait des voix » d’Éric Dubois

Éric Dubois, 56 ans, allure débonnaire, visage souriant, paraît plus jeune que son âge. Je l’ai rencontré à Aiglun, où il m’a raconté son parcours. Poète, il est l’auteur de nombreux recueils parus chez différents éditeurs. Il est aussi très actif sur Internet, où il a notamment fondé la revue « Le Capital des Mots » ainsi qu’un blog personnel. Très présent sur les scènes slam, il accorde autant d’importance à l’oralité qu’à la lecture silencieuse. Dans son dernier ouvrage, L’homme qui entendait des voix, il raconte un épisode difficile de sa propre vie. Éric Dubois emploie lui-même, dans son livre, le terme de « schizophrénie ».

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