"Le réseau secret de la nature"

Sans doute le terme d’écosystème est-il aujourd’hui connu d’à peu près tout le monde. Loin d’être utilisé par les seuls scientifiques, il est repris par la presse, avec d’autres notions scientifiques telles que biodiversité, si bien que nous pouvons croire en connaître le sens. Il est aujourd’hui bien établi que les êtres vivants ne sont pas isolés les uns des autres, mais vivent en interrelation. Or, nous ignorons généralement jusqu’à quel point.

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« O voyageur, la terre, hélas ! est découverte.
Plus d’île vierge encor d’ombre et de pas humains.
Mais prends le grain d’avoine ou bien la feuille verte
Et tu verras s’ouvrir l’inconnu des chemins. »

Alexandre ARNOUX, CVII quatrains, éd. Jacques Haumont,
cité par G. Rouger & R. France, Nouvelle anthologie poétique, Paris, Nathan, 1953, p. 226.

Y a-t-il vraiment une "désinstruction nationale"?

Je souhaiterais aujourd’hui réagir à un article récemment paru dans les colonnes de Figaro Vox. Il s’agit d’un entretien entre la journaliste Marguerite Richelme et le professeur de philosophie René Chiche, auteur d’un livre intitulé La Désinstruction nationale.

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La correspondance amoureuse de Marc et Nohad

Béatrice Bonhomme, poète et professeur de Littérature française du XXe siècle à l’Université Côte d’Azur, m’adresse cette note de lecture que je m’empresse de partager avec vous, tant elle donne envie de lire l’ouvrage chroniqué. Il s’agit d’un ouvrage intitulé Ma menthe à l’aube mon amante, Correspondance amoureuse entre Marc Alyn et Nohad Salameh, aux éditions Pierre Guillaume de Roux.

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« Il n’y en a pas assez »

Les phrases en apparence les plus simples ne sont pas toujours les plus faciles à analyser. Sans nous en rendre compte, nous sommes, dès le plus jeune âge, dotés d’une intuition grammaticale qui nous permet de produire des phrases que nous aurions parfois du mal à analyser correctement. Je vais aujourd’hui faire toutes les remarques nécessaires pour analyser cette phrase très banale : « Il n’y en a pas assez ».

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Projet Ulysse

Depuis plusieurs années, j’aime enseigner les aventures d’Ulysse à mes élèves. J’ai déjà écrit un article à ce sujet, qui présente de façon générale la façon dont je m’y suis pris. Aujourd’hui, je voudrais revenir sur le détail de ce projet, dans le déroulement de chaque séance. J’espère que cela pourra aider des enseignants, mais aussi intéresser un public plus large à la façon dont on peut « faire passer » les grands textes homériques à des enfants.

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« NOËL ! paix dans les cieux ! paix à l’enfer dompté !
Paix sur la terre, aux cœurs de bonne volonté !
Premier chaînon d’amour de l’insoluble chaîne
Qui joint la terre au ciel, l’ange à la race humaine !
Mystère, enivrement, pardon, trêve à nos maux,
Pitié pour les enfants, respect des animaux !! »

Alfred Busquet, La Nuit de Noël (poèmes), Christmas Carol, Librairie nouvelle, 1861,
via Wikisource.

"Une jeune fillette de noble cœur"

Cela fait un certain temps que je n’ai pas parlé de langue française. Je voudrais aujourd’hui commenter les paroles d’une chanson que j’ai apprise dans le cadre de la chorale dont je fais partie : en effet, cette chanson du XVIe siècle, intitulée Une jeune fillette, témoigne d’un état passé de la langue.

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L'autre histoire de Cendrillon

Il y avait une fois une petite fille, pas toujours très sage, dont on ne sait plus si elle s’appelait Mathilde ou Lucette. Elle aimait, comme tous les enfants, à s’amuser, et par-dessus tout, à sauter dans les flaques et à jouer avec la boue. Un soir, la famille s’apprêtait à partir à une importante réception. Ses deux grandes sœurs étaient déjà prêtes, sur le pas de la porte, à monter dans la grande limousine noire. Elles avaient mis leurs plus belles robes et je ne sais combien de rubans dans leurs cheveux, et attendaient leur petite sœur en jouant avec leur smartphone. Mais la cadette demeurait introuvable.

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Poème du bord de mer

TEXTE PERSONNEL

Toujours, il s’en revient près de la mer.

C’est là, où que ses pas l’aient d’abord porté, qu’il finit par se rendre. Dans le dédale de la grande ville, elle lui est un repère. S’il aime à se perdre dans les méandres des rues, c’est qu’il la sait présente par-delà le béton et la grisaille. Elle n’est jamais très loin de ses pas. Elle lui rend supportables la ville et ses rumeurs, ses foules pressées et irascibles, ses cris et ses sirènes. Dans les moments d’incertitude, il s’en vient près d’elle chercher du réconfort. Jamais elle ne se refuse à lui ; jamais elle ne trahit sa confiance. Elle répète pour lui une mélodie douce et rassurante, dans le bercement continu du ressac où se perdent ses pensées. Il se laisse fasciner par ses teintes changeantes, par son bleu plus profond que la nuit, par ses irisations perlées d’écume dans la clarté rayonnante du jour. Il cherche à comprendre comment ses ondulations parviennent à se résoudre en une si parfaite ligne. Il a besoin de ces instants où le regard porte au loin et où il n’y a rien d’autre à faire que de contempler le vide, comme pour s’y perdre, sans vouloir y chercher quelque chose, accueillant simplement ce qui s’y trouve, heureux d’être là, suspendu entre ciel et mer, oublieux de tout, laissant derrière lui l’agitation de la ville, un peu stupide peut-être de se savoir figé devant rien, mais indifférent finalement au regard des autres, puisque seul importe désormais l’infini de la mer, pour quelques secondes encore avant de retourner à l’existence ordinaire, et la sensation d’être parfaitement à sa place, si petit pourtant, mais en accord avec celle qui se déroule et continue de se dérouler devant lui.

Gabriel GROSSI, 5 décembre 2019.

La baie des Anges depuis Antibes (photo personnelle)