« Limpide est le jour,
La terre n’est belle
Que si tu parais
Prête à t’y dissoudre
Comme une eau de source.

Oui la terre est belle
Quand tu me reviens
Et que tu escortes
Tes seins et ta voix,

Tes lèvres humides
Comme des draps frais. »

Gaston Puel, « Terre d’ombre brûlée — VII » (2010),
paru dans Nu(e), n° 46, décembre 2010,
coédition Nu(e)/L’Arrière-pays, p. 133.

Le mot « de »

On m’a posé un problème de grammaire : « Quand on dit : C’est de ma faute, à quoi sert le « de », puisqu’on peut tout aussi bien s’en passer et dire : C’est ma faute ? Quelle est sa fonction ? » Il est vrai que, dans certaines phrases, on ne sent pas très bien quel est le rôle de ce petit mot. Pensons à des exemples comme : « C’était pour de rire. » ; « C’est de notre responsabilité. » ; « Comme on dit de par chez nous » ; « Donner de son temps ». Dans tous ces exemples, l’omission du mot « de » n’entraîne pas d’énorme bouleversement du sens. Cependant, « de » a bien une fonction. Quelques précisions.

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Jean-Pierre Lemaire : « L’intérieur du monde »

Né en 1948, Jean-Pierre Lemaire publie son premier recueil, Les Marges du jour, en 1981, à l’âge de trente-trois ans. En 1985, son recueil Visitation reçoit le prix Max Jacob, puis en 1999, le Grand prix de poésie de l’Académie française couronne l’ensemble de son œuvre. Sa poésie, proche du nouveau lyrisme des années quatre-vingts, est empreinte de spiritualité. Marie-Claire Bancquart le présente comme un poète « qui croi[t] au ciel et tien[t] de près à la terre » [1]. Aujourd’hui, je parcours avec vous le recueil intitulé L’intérieur du monde, paru chez Cheyne en 2002.

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Benoît Conort : « Sortir »

Le sixième recueil de Benoît Conort, intitulé Sortir, vient de paraître aux éditions Champ Vallon, onze ans après Écrire dans le noir (2006) et vingt-neuf ans après Pour une île à venir (1988). Dès que j’ai appris la nouvelle, je me suis empressé de lire l’ouvrage (hélas, en version numérique, manque de place oblige). S’y livre une parole dense, aux vers brefs, qui tente, donc, de « sortir »…

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Enseigner la grammaire avec des étiquettes

Ceux qui ont l’habitude de me lire savent que j’aime bien la grammaire. Une discipline tout aussi intéressante à étudier qu’à enseigner. Aujourd’hui, je vous montre comment j’ai enseigné la grammaire avec des étiquettes.

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Un poète contemporain : Benoît Conort

Auteur de cinq recueils dont plusieurs ont été couronnés par des prix, Benoît Conort est l’une des voix majeures de la poésie française contemporaine. Son ami Jean-Michel Maulpoix le classe parmi les nouveaux lyriques, aux côtés de Jean-Pierre Lemaire, Guy Goffette, James Sacré ou encore Yves Leclair. Sa poésie est fortement marquée par les thèmes du deuil et de la mort.

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Comment faire que les élèves comprennent ce qu’ils lisent ?

C’est l’une des préoccupations majeures de tout enseignant en littérature : faire en sorte que les élèves comprennent les textes et les œuvres qu’il se propose de leur faire découvrir. Évidemment, il existe des rayonnages entiers d’ouvrages sur le sujet, mais pas, en revanche, de solution miracle. On peut malgré tout fournir quelques repères…

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La « madone » de Baudelaire

Dans les Fleurs du Mal, Baudelaire développe une poésie éprise d’idéal mais traversée par l’expérience du spleen, mélancolie des temps modernes. Dans ce contexte, la femme a un statut ambigu : si elle est un moyen d’accéder à l’idéal, dans des poèmes comme À une passante ou La Chevelure, elle se présente parfois aussi comme un être inquiétant : ainsi les « femmes damnées » sont-elles des « démons », des « monstres », des « martyres ». Dans « A une Madone », cinquante-septième poème des Fleurs du Mal, la femme est aussi une « Madone », qui possède un « rôle de Marie » : la femme à laquelle s’adresse le poète est tout autant une figure d’amante qu’une figure sacrée. Si le poème se voue à la glorification de l’être aimé, la fin du poème, séparée par un saut de vers, se révèle surprenante…

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La littérature en sursis

Je viens d’apprendre par l’intermédiaire des réseaux sociaux que les éditions de la Différence venaient d’être placées en liquidation judiciaire. L’information est confirmée par le journal L’Humanité ainsi que par la revue en ligne Actualitté. J’apprends également que la revue Europe, privée de subventions, est également en péril. De nos jours, comme depuis longtemps, concilier exigence littéraire et rentabilité reste une équation difficile à résoudre. En guise de soutien, je tiens donc à présenter leur travail.

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« Chacun n’est après tout que la forme nouvelle d’une question toujours posée, et manière singulière de tenter d’y répondre aussi bien que de l’oublier, avec des jeux, des cris, des tâches, des en allées et des retours, des bains et des éclaboussures, sur la plage, en été, près du bleu qui gonfle et qui remue. »

(Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu, suivi de L’instinct de ciel,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 148-149)

Le chant du bouc

Athènes, bien longtemps avant Jésus-Christ. Une foule compacte se presse sur d’imposants gradins. C’est une curieuse scène que contemple le public, quoique ce dernier ne paraisse pas étonné outre mesure : la voici en effet peuplée de bien étranges créatures. Jugez plutôt : en dessous de leur visage et de leur buste d’apparence humaine, apparaissent des pattes de bouc velues ! Les acteurs, ainsi déguisés, représentent des satyres. Ce chœur interprète un dithyrambe, en l’honneur de Dionysos.

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Le théâtre, avant, c’était comment ?

Projecteurs surpuissants, rideaux électriques, microphones, haut-parleurs, décors… Le théâtre d’aujourd’hui bénéficie de moyens techniques importants. Aussi importe-t-il, lorsqu’on songe à des pièces plus anciennes comme celles de Molière ou de Racine, de se souvenir que, lorsqu’elles ont été jouées pour la première fois, au XVIIe siècle, ce n’était pas vraiment dans les conditions d’aujourd’hui. Alors, le théâtre, avant, c’était comment ?

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Le tableau d’à côté : Les Noces de Cana (Véronèse)

La Joconde (Wikipédia)

Vous ne pouvez pas n’être jamais tombé sur une reproduction de la Joconde de Léonard de Vinci. Ce serait, dit-on, le plus célèbre tableau du monde. Il est vrai que le sourire énigmatique de Mona Lisa a fait couler beaucoup d’encre. Et puis, le vol du tableau, retrouvé par la suite, ajoute quelque chose de rocambolesque à la toile. Eh bien, je vous propose de regarder le tableau d’à côté

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