« Je ne pourrai jamais envoyer l’Amour par la fenêtre. »

Arthur Rimbaud, Illuminations, « Phrases » (Wikisource).

Parler de ce qui n'existe pas

Les langues ont ceci de merveilleux qu’elles permettent de parler de la diversité du monde réel, dans toutes ses formes et ses nuances, mais aussi d’instaurer un monde virtuel, qui n’a d’autre existence que verbale. Le langage, volontiers, se prête à la fiction, aux hypothèses, aux jeux d’imagination, aux doutes… Je voudrais aujourd’hui explorer avec vous les moyens dont dispose la langue française pour évoquer ce qui n’existe pas, en centrant mon exposé sur la capacité des verbes à désigner des actions qui n’ont jamais eu lieu (et n’auront jamais lieu). Ce sera une occasion de parler de conditionnel, de subjonctif, d’infinitif, notamment, d’une manière sans doute un peu différente des présentations plus scolaires. Le but de cet article est de montrer en quoi la langue française ne saurait se contenter du seul mode indicatif.

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Le soleil baudelairien

Charles Baudelaire est surtout connu pour être le poète de la ville moderne. Ce qui l’intéresse, c’est avant tout le monde grouillant des villes, avec ses masses de pauvres et de petites vieilles, ses foules bruyantes où l’on distingue le cri du vitrier. Mais cela n’empêche pas le poète d’écrire aussi sur la nature, quoique beaucoup plus rarement, et c’est ainsi que le deuxième poème des Fleurs du mal s’intitule très sobrement « Le soleil ». Sans doute s’agit-il là d’un thème beaucoup plus traditionnel que l’agitation du monde moderne. Aussi pourrons-nous nous demander ce qui a motivé Baudelaire à écrire un poème sur le soleil.

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« Les mots me viennent par vagues. Ils voudraient dire des choses que je ne maîtrise pas. Ils tâtonnent, ils palpent le vide et tout à coup s’enfièvrent pour une image qu’ils ont prise pour la vérité. Je m’y abandonne aux courants de lumière et de vent. À vrai dire, j’y cherche tes lèvres. »

Jean-Michel Maulpoix, L’instinct de ciel, Paris, Mercure de France,
rééd. 2005, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-5.

Le théâtre d’aujourd’hui

La plupart d’entre nous connaît mieux le théâtre d’il y a quatre siècles que celui d’aujourd’hui. Nous avons tous déjà lu, de gré ou de force, une pièce de Molière, de Racine ou de Hugo, mais nous sommes souvent peu au fait du théâtre d’aujourd’hui. Nos connaissances s’arrêtent souvent aux années cinquante, marquées d’une part par Sartre et Camus, d’autre part par les Beckett, Ionesco et consorts. Ce qui laisse à peu près 70 ans de création théâtrale à explorer…

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Poésie et courage: Jean-Michel Maulpoix

Il ne vous aura pas échappé que le thème du prochain printemps des poètes allait être le courage. C’est pourquoi je publie depuis ces derniers mois toute une série d’articles sur ce thème. Car, en dépit peut-être de ce que les stéréotypes veulent faire croire, les poètes sont des êtres courageux. Aujourd’hui, je voudrais vous parler de Jean-Michel Maulpoix, dont l’œuvre permet d’aborder le thème du courage.

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À quoi sert-il de lire et d'écrire de la poésie ?

Je vais tâcher aujourd’hui de répondre à cette question que l’on me pose : à quoi sert-il d’écrire et de lire de la poésie selon vous ? La question peut paraître banale. Pour autant, il s’agit d’une véritable question que les poètes eux-mêmes se posent. De fait, y répondre n’est pas si facile qu’il ne paraît.

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Poésie et courage : Nâzim Hikmet

Écrire de la poésie demande parfois beaucoup plus de courage que l’on ne s’imagine. Aussi, puisque le Printemps des Poètes qui va se dérouler en mars prochain aura le courage pour thème annuel, est-il intéressant de s’intéresser à la thématique du courage en poésie. Après le Chilien Pablo Neruda et la Russe Anna Akhmatova, je voudrais vous faire découvrir aujourd’hui l’un des plus grands poètes turcs du XXe siècle, à savoir Nâzim Hikmet.

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Un cantique de Jean Racine

Jean Racine est surtout célèbre pour ses tragédies. Il est moins connu qu’il a aussi écrit une comédie, intitulée Les plaideurs, ainsi que… des poèmes ! Parmi ceux-ci, il en est un que je connais bien, car il a été mis en musique pour chœur par Gabriel Fauré. Je vous propose aujourd’hui de le découvrir.

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« Oui, oui, c’est vrai, j’ai vu la mort au travail
[…] tout près de moi, sur moi, j’en donne acte à mes deux yeux, adjugé ! Sur la douleur, on en aurait trop long à dire. Mais quelque chose n’est pas entamé par ce couteau ou se referme après son coup comme l’eau derrière la barque. »

Philippe Jaccottet, À la lumière d’hiver,
dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Pléiade », p. 574.

Apercevoir et s’apercevoir

L’accord du participe passé est une question qui peut devenir épineuse. Si la règle générale est assez simple et permet de s’en tirer dans la plupart des cas, il est aussi des subtilités assez délicates. Dans un précédent article, j’avais détaillé les principales difficultés. On m’a récemment posé la question pour « s’apercevoir », et, de but en blanc, j’ai fourni une explication qui n’était pas la bonne. Mea culpa. J’ai donc voulu en avoir le coeur net. D’où cet article.

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