Archives pour la catégorie Littérature française

Lire l’Éducation sentimentale

Je n’ai pas réussi à dépasser les premières pages de Madame Bovary. La raison tient moins à l’œuvre de Flaubert elle-même qu’au fait que j’en avais trop entendu parler avant d’en entamer la lecture. Je n’arrivais pas à me passionner pour les malheurs du jeune Charles, simplement parce que je savais déjà, dans les grandes lignes, ce qui allait arriver. Je connaissais le nom des personnages avant qu’ils fassent leur première apparition. J’avais déjà lu la fameuse scène des comices. Bref, ma curiosité était déjà largement émoussée. En revanche, j’ai adoré L’Éducation sentimentale, et c’est de ce chef d’oeuvre flaubertien que je voudrais vous entretenir aujourd’hui.

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Victor Hugo : « Nuits de juin »

Un collègue — et qu’il en soit ici très chaleureusement remercié — m’a fait découvrir un beau poème de Victor Hugo. Impossible pour moi de ne pas vous en parler. Déjà, c’est un poème de saison, qui convient parfaitement en ce début juin. Ensuite, ce poème se trouve publié juste après le très célèbre « Oceano nox » (« Ô combien de marins, combien de capitaines ! ») : il se prête donc parfaitement à la rubrique « Le poème d’à côté ». Voici ce poème…

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Mon premier colloque

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous raconter mon premier colloque. C’était en 2011, du 3 au 10 septembre. J’avais vingt-quatre ans. Il s’agissait du colloque de Cerisy-la-Salle consacré à Marie-Claire Bancquart. J’en conserve un très fort souvenir…

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Paul Verlaine : « Il faut, voyez-vous, nous pardonner… »

Inutile de présenter longuement Paul Verlaine, tant son nom est des plus célèbres. Inutile de rappeler sa passion pour Rimbaud. Inutile de préciser que la musicalité de ses poèmes, et leur goût pour l’impair, ont profondément marqué la modernité poétique. Et cependant, Verlaine ne me semble pas si connu que cela. En tant qu’élève puis étudiant, jamais je n’eus à étudier ses poèmes, alors que Baudelaire et Rimbaud, notamment, furent au programme de mes études. Dès lors, j’ai découvert Verlaine sans trop d’a priori. Et je demeure convaincu que c’est un immense poète. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose de découvrir le poème qui suit immédiatement, dans Romances sans paroles, le célèbre « Il pleure dans mon cœur ».

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La phrase qui s’éveille,
aucun horizon ne la cerne,
elle respire, elle ne parle

au nom de personne,
elle met au monde,
sa voix est prête

sans crainte à se parfaire,
ne refuser que de conclure,
se donner, dire « nous ».

Pierre Dhainaut, « La phrase qui s’éveille… »
dans Nu(e), n°45, « Pierre Dhainaut », novembre 2010, p. 217.

Les bocaux de James Sacré

L’une des grandes tendances du lyrisme poétique contemporain en France est l’humilité et la modestie. Finies, donc, les grandes exclamations larmoyantes, les cris de détresse, les envolées théâtrales. Le lyrisme, ce n’est pas seulement cela. On ne peut pas se contenter, pour définir le lyrisme, de relever uniquement ses caractéristiques les plus extrêmes, sans quoi l’on n’aboutit qu’à une image très caricaturale. C’est ce dont on peut se rendre compte en parcourant le livre de James Sacré intitulé Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), paru aux éditions du Castor Astral en 1986.

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Complies

Vue de la colline
la mer s’établit
au-dessus des maisons :

tente de la Sagesse,
manteau bleu de la Vierge,
couvrant la ville entière.

Le soir n’a laissé
dans l’eucalyptus
qu’une seule cigale

et sur le mur clair
de la chapelle ouverte
le soleil remonte

comme un roi les degrés
que l’ombre matinale
avait descendus. »

Jean-Pierre Lemaire, L’intérieur du monde,
Le Chambon-sur-Lignon, Cheyne éditeur, 2002, p. 97.

Le poème d’à côté : Charles Baudelaire

Figure majeure de la poésie française du XIXe siècle, Charles Baudelaire est souvent considéré comme le point de départ de la poésie moderne. Selon Michel Jarrety, dans la préface du Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, « en lui se resserrent quelques-uns des signes majeurs de la modernité : l’attention du poète à son propre langage et la lucidité critique de la poésie pour elle-même, le glissement de l’expression vers la création, le sens du transitoire, l’accueil du paysage urbain, l’émergence d’un lyrisme moins personnel — et la possibilité finalement d’écrire des poèmes dans un monde devenu industriel, et justement moderne« .

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Les escargots de James Sacré

James Sacré est un poète français né en 1939 en Vendée. Il a été instituteur en France puis enseignant du supérieur aux États-Unis. J’ai eu la chance de l’entendre lire ses poèmes, lorsqu’il était invité par l’Université de Nice ou par la Bibliothèque Nucéra. Je voudrais aujourd’hui vous présenter l’un de ses ouvrages, paru aux éditions Tarabuste en 1991, intitulé Comme en disant c’est rien, c’est rien. C’est un recueil de poèmes qui parle d’escargots. Oui, oui, d’escargots

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« Prends-moi la main, ami, il n’est pas de bonheur plus clair
que de marcher sur une route avec celui qu’on aime
au jour levé, trouvant ouverte toute l’aube.

Viens, nous ferons sourire les passants, nous chercherons
la sagesse des sources, la bienheureuse
connaissance de l’eau qui garde la mémoire de l’orage

et se souvient de la nuit traversée. Viens avec moi
demander au matin le sens de ce mot : la jeunesse,
pendant qu’il en est temps, ne tarde pas, bien-aimé, viens. »

Jean-Yves Masson, Neuvains du sommeil et de la sagesse,
Le Chambon-sur-Lignon, Cheyne éditeur, 2007,
poème XIV, p. 26.