Archives pour la catégorie Poésie

Connaissez-vous André Chénier ?

On entend parfois que le dix-huitième siècle était celui des philosophes et des penseurs, non celui des poètes. Certes, les poètes du Siècle des Lumières sont moins enseignés que les grandes voix modernes du siècle suivant. Il y a pourtant eu des poètes au dix-huitième siècle : Wikipédia en recense 189, ce qui est certes beaucoup moins que les 630 poètes du XIXe ou les 1350 poètes du XXe siècle. Qui connaît Jean-François Ducis, Nicolas Gilbert, ou encore Jean-Pierre Claris de Florian ? Deux noms surnagent cependant : celui de Fabre d’Églantine, surtout connu pour avoir trouvé des noms poétiques aux jours et aux mois du calendrier révolutionnaire, et celui d’André Chénier. C’est de ce dernier dont je voudrais vous parler aujourd’hui.

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Dix bonnes raisons de lire Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix est l’auteur de ce blog auquel j’ai consacré le plus grand nombre d’articles. Il n’y a rien d’étonnant à cela, vu que c’est un très grand poète contemporain, que j’admire au point de lui avoir consacré ma thèse de doctorat. Je voudrais à mon tour vous faire aimer ce poète. J’ai donc sélectionné dix bonnes raisons de lire ses ouvrages.

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Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Je contemple dans le langage le bleu du ciel.

Les mots ne me seraient d’aucun prix s’ils se résignaient à nommer ou décrire ce qui est, au lieu de se précipiter vers ce qui n’est pas. Leur aveuglement convient à l’irréductible rêveur que je suis. Ils ont leur manière propre de dissiper le mystère en l’aggravant et de ne rien me donner à voir dont ils n’aient tout d’abord déformé les traits. Je sais leurs tromperies et m’y suis résigné. Je ne compte plus m’approprier ce que je nomme : il me suffit d’esquisser le geste de le toucher des mains. Ne fût-ce que pour en aviver la douleur, je concède au langage le soin de courtiser l’impossible. Jamais l’écriture n’est trop riche de désirs ni de mensonges pour fait de ses masques un usage tragique. Sachant sa vanité, il n’y renonce point mais la cultive comme un poison. Dès lors, rien ne l’obsède davantage que cette duplicité à quoi il reconnaît qu’il est en passe de devenir un homme. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 107.

Brève présentation d’Yves Bonnefoy

Je viens de recevoir un message me demandant des précisions sur le poète contemporain Yves Bonnefoy, cet auteur étant actuellement au programme de l’agrégation de Lettres au Maroc. Afin d’aider nos amis marocains dans la préparation de ce concours, et plus largement à l’intention de tous ceux qui s’intéressent à la poésie, voici quelques mots de présentation.

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La poésie à l’école

Il y a quelque temps, je publiais un article intitulé « Comment faire écrire de la poésie à des enfants ? », qui a rencontré un certain succès. Je voudrais aujourd’hui élargir le propos en m’intéressant cette fois-ci à l’enseignement de la poésie de façon générale. Un domaine avec lequel les enseignants ne sont pas toujours à l’aise, si l’on en croit l’Office National de la Lecture [1]. Voici donc quelques modestes pistes.

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Il a slamé sous la lune

Il a slamé entre des oliviers millénaires sous le regard bienveillant d’un mince croissant de lune et de milliers d’étoiles. C’était hier, jeudi 27 juillet 2017, dans les jardins du domaine Renoir. C’était à Cagnes-sur-Mer comme ç’aurait pu être à Douala ou Port-au-Prince. Il a slamé sous la lune et devant un public conquis. Alors, avant tout, merci au poète slammeur Marc Alexandre Oho Bambe.

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Poésie et musique au musée Renoir

C’est à Cagnes-sur-Mer, dans le domaine des Collettes, où vécut le peintre Auguste Renoir, que se tiendront les prochaines « Histoire de dire ». Au programme, notamment, la venue du poète-slammeur Marc Alexandre Oho Bambe. Voici quelques précisions qui devraient vous allécher…

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Connaissez-vous Fabre d’Eglantine ?

C’est un fait : le dix-huitième siècle est davantage réputé pour ses philosophes et ses penseurs que pour ses poètes. Le siècle des Lumières a pourtant eu ses poètes. Aujourd’hui, je vous présente un poème de Fabre d’Églantine, surtout connu pour avoir été l’inventeur du calendrier républicain.

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« Limpide est le jour,
La terre n’est belle
Que si tu parais
Prête à t’y dissoudre
Comme une eau de source.

Oui la terre est belle
Quand tu me reviens
Et que tu escortes
Tes seins et ta voix,

Tes lèvres humides
Comme des draps frais. »

Gaston Puel, « Terre d’ombre brûlée — VII » (2010),
paru dans Nu(e), n° 46, décembre 2010,
coédition Nu(e)/L’Arrière-pays, p. 133.

Jean-Pierre Lemaire : « L’intérieur du monde »

Né en 1948, Jean-Pierre Lemaire publie son premier recueil, Les Marges du jour, en 1981, à l’âge de trente-trois ans. En 1985, son recueil Visitation reçoit le prix Max Jacob, puis en 1999, le Grand prix de poésie de l’Académie française couronne l’ensemble de son œuvre. Sa poésie, proche du nouveau lyrisme des années quatre-vingts, est empreinte de spiritualité. Marie-Claire Bancquart le présente comme un poète « qui croi[t] au ciel et tien[t] de près à la terre » [1]. Aujourd’hui, je parcours avec vous le recueil intitulé L’intérieur du monde, paru chez Cheyne en 2002.

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Un poète contemporain : Benoît Conort

Auteur de cinq recueils dont plusieurs ont été couronnés par des prix, Benoît Conort est l’une des voix majeures de la poésie française contemporaine. Son ami Jean-Michel Maulpoix le classe parmi les nouveaux lyriques, aux côtés de Jean-Pierre Lemaire, Guy Goffette, James Sacré ou encore Yves Leclair. Sa poésie est fortement marquée par les thèmes du deuil et de la mort.

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La « madone » de Baudelaire

Dans les Fleurs du Mal, Baudelaire développe une poésie éprise d’idéal mais traversée par l’expérience du spleen, mélancolie des temps modernes. Dans ce contexte, la femme a un statut ambigu : si elle est un moyen d’accéder à l’idéal, dans des poèmes comme À une passante ou La Chevelure, elle se présente parfois aussi comme un être inquiétant : ainsi les « femmes damnées » sont-elles des « démons », des « monstres », des « martyres ». Dans « A une Madone », cinquante-septième poème des Fleurs du Mal, la femme est aussi une « Madone », qui possède un « rôle de Marie » : la femme à laquelle s’adresse le poète est tout autant une figure d’amante qu’une figure sacrée. Si le poème se voue à la glorification de l’être aimé, la fin du poème, séparée par un saut de vers, se révèle surprenante…

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« Chacun n’est après tout que la forme nouvelle d’une question toujours posée, et manière singulière de tenter d’y répondre aussi bien que de l’oublier, avec des jeux, des cris, des tâches, des en allées et des retours, des bains et des éclaboussures, sur la plage, en été, près du bleu qui gonfle et qui remue. »

(Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu, suivi de L’instinct de ciel,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 148-149)