Un million de visiteurs !

Cela faisait quelques jours que je regardais les statistiques du blog avec un peu plus de régularité que d’habitude, à mesure que l’on approchait du seuil symbolique du million de visiteurs uniques. La barre est désormais franchie ! C’est l’occasion de revenir sur cette folle aventure…

Un tel nombre a de quoi donner le tournis. Il est difficile de se représenter le fait qu’un million de personnes différentes a déjà lu au moins un article de ce blog. C’est évidemment très au-delà de mes espérances, s’agissant d’un site qui traite essentiellement de poésie, de littérature, de grammaire et de pédagogie. D’emblée, le choix a été fait de ne pas suivre directement l’actualité éditoriale. Ma volonté était avant tout de faire connaître la poésie contemporaine. Je constatais, à l’issue de ma thèse de doctorat, que les colloques universitaires se tenaient parfois devant des salles presque vides, alors qu’ils étaient gratuits et ouverts à tous. D’où l’idée d’une sorte de passerelle entre le savoir universitaire et le grand public. Six ans plus tard, ce sont plus de mille articles qui ont été rédigés, et ont été consultés par un million de personnes différentes.

Un blog sur la poésie contemporaine

Au fil des années, ce sont plus de quarante poètes contemporains différents qui ont été présentés à travers ce blog. (Il y en avait trente-sept en été 2019, mais bien d’autres se sont ajoutés depuis…) J’espère ainsi donner une idée de la diversité et de la vitalité de la poésie d’aujourd’hui, qui prospère dans la plus grande indifférence, alors qu’elle a beaucoup à dire ! Elle nous parle du monde comme il ne va pas toujours très bien, de la situation précaire de l’homme contemporain, pétri de doutes et d’inquiétudes, qui tâtonne dans l’obscur, et tente d’y voir plus clair dans l’énigme du monde. Les poètes perçoivent nos questionnements, nos troubles, nos errances, nos incertitudes, et les traduisent en mots : c’est en cela qu’ils sont indispensables à toute société normalement constituée. Depuis les origines, ils sont bardes, aèdes, griots. Leur voix est notre voix. Ils portent une parole qui, puisant au plus intime et au plus personnel, atteint à l’universel.

Philippe Jaccottet photographié par Erling Mandelmann (Wikipédia) (Erling Mandelmann / photo©ErlingMandelmann.ch / CC BY-SA 3.0)

Parmi les poètes contemporains évoqués, vous trouverez bien entendu Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy, Salah Stétié ou encore François Jacqmin… Ces poètes, nés dans les années 1920, apparaissent sur la scène poétique dans les années cinquante : ils sont, dans le vaste champ contemporain, ceux dont l’œuvre est entrée dans l’Histoire, et qui sont des modèles pour les générations suivantes. Ce sont eux qui, ayant vécu l’horreur de la guerre mondiale, ont cherché ensuite à donner à la poésie un souffle nouveau, plus humble, plus précaire, plus errant, mais puissamment désireux de maintenir une forme d’espoir, en l’homme et en la beauté.

Nombreux sont aussi les articles consacrés aux poètes qui, à partir des années quatre-vingts jusqu’à aujourd’hui, renouvellent la tradition du lyrisme en soulignant que son essence même ne réside pas dans l’effusion nombriliste de sentiments personnels, ce que Christian Prigent nomme la « béance baveuse du moi », mais bien dans l’ouverture à l’autre et au monde, dans le partage des sensibilités, dans ce que l’intime peut avoir d’universel. Parmi ceux-ci, on peut citer Jean-Michel Maulpoix, James Sacré, Marie-Claire Bancquart, Béatrice Bonhomme, Jean-Yves Masson… et beaucoup d’autres, que vous retrouverez dans le « Sommaire général » du blog. Je songe à créer un « Index des poètes contemporains » qui permette de les retrouver beaucoup plus rapidement.

À côté des articles monographiques, consacrés à un seul poète, et parfois même à un seul recueil, voire un seul poème, j’ai aussi rédigé des articles plus transversaux, des sortes de petites synthèses sur un aspect ou une notion. J’ai ainsi tenté de répondre à l’impossible question « Qu’est-ce que la poésie ? ». J’ai ensuite parlé de poéthique, de « lyrisme critique », de « contemporain », de traductologie, de style, de poésie épique, de slam

Les voix poétiques du passé

Très vite, il m’a paru intéressant de ne pas me limiter au champ contemporain. La rubrique « Le poème d’à côté » m’a permis d’évoquer les grands noms de la poésie française, sans pour autant répéter ce que l’on pouvait trouver ailleurs. J’ai ainsi proposé des lectures de poèmes initialement publiés juste avant ou juste après tel poème très célèbre. Cela permet de renouveler un peu les anthologies. J’ai essayé de proposer des analyses qui, tout en étant précises, ne soient pas trop scolaires, et demeurent tout à la fois accessibles et agréables. Le premier article de cette rubrique concernait « Les aveugles » de Baudelaire. Ont suivi des articles sur Verlaine, sur Mallarmé, sur Marceline Desbordes-Valmore, sur Victor Hugo bien sûr, sans oublier Rimbaud. Des poètes plus anciens comme Ronsard, Du Bellay ou La Fontaine ont également été évoqués.

Théâtre, roman, essai

Si « Littérature Portes Ouvertes » fait la part belle à la poésie, je n’oublie pas non plus les autres genres, certes moins souvent traités. J’aime en particulier les arts dramatiques, et je vous ai parlé de mes pièces préférées, anciennes comme modernes. Mes études puis mes goûts m’ont amené à lire les grandes pièces de Molière, de Racine, de Musset, de Hugo, mais aussi des auteurs moins connus, comme Rotrou, Mairet, Mérimée… J’aime beaucoup les grandes pièces de Beckett, le théâtre de l’absurde en général. Lorsque j’enseignais à la fac, j’ai pris plaisir à intégrer à mes cours quelques auteurs très contemporains, comme Koltès, Cixous, Minyana

J’avoue que le genre romanesque est peu souvent traité. Il me faudrait davantage de temps libre. Je vous ai parlé avec plaisir, entre autres articles, de Perdre la tête de Bertrand Leclair, de Neige de Maxence Fermine, de Massimila Doni de Balzac… Mais la diégèse ne s’arrête pas au roman ! Récemment, je présentais le livre autobiographique d’Alain Bancquart. Vous retrouverez la plupart de ces articles dans la rubrique « Genres narratifs et dramatiques ».

La langue française sans complexes

Syntaxe, morphologie, étymologie, lexicologie… Je trouve la langue française passionnante. Il y a quelque chose de stimulant, comparable à une énigme ou un défi à relever, dans l’analyse d’une phrase retorse. Aussi est-ce assez régulièrement que je publie des articles destinés à la rubrique « Linguistique », qui compte aujourd’hui 138 articles. Ces articles ne sont pas moins lus que les autres, tant s’en faut, ce qui montre bien que c’est là un sujet qui intéresse. Et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin !

Un zeste de pédagogie

Enfin, certains articles reflètent mon métier d’enseignant. S’ils sont avant tout adressés à d’autres enseignants, ils espèrent aussi intéresser le grand public aux coulisses du métier, aux réflexions qui se font en amont des séances, aux raisons qui motivent certains choix pédagogiques…

Des abonnés toujours fidèles

Je souhaiterais terminer en vous remerciant, tous et toutes, pour votre fidélité et votre soutien. Je n’arrive toujours pas à réaliser qu’un million de personnes différentes ont déjà fréquenté ce blog : ce nombre paraît inconcevable. Je suis aussi très heureux que de nombreuses personnes deviennent, petit à petit, des lecteurs habitués. Vous êtes, à l’heure où j’écris, 1 382 abonnés. Sans compter les personnes qui reçoivent mes articles via le groupe Facebook des « Amis de Littérature Portes Ouvertes » (1285 membres) ou à partir de mon compte personnel. Je voudrais donc vous dire, à vous et à tous, un grand, un sincère, un chaleureux merci.

9 commentaires sur « Un million de visiteurs ! »

  1. Je suis très impressionné. J’étais satisfait avec mes 10000 visiteurs de 2020 mais je viens de calculer que j’atteindrais – en théorie – cette audience dans 1 siècle. On peut rire un peu, ça fait du bien… Bravo à vous et bonne continuation !

    Aimé par 2 personnes

  2. Bonjour, très belle performance, mon « Soulier voyageur », malgré un sujet assez porteur (Montagne, randonnée, tourisme, cactus…) a fait péniblement ses 250.000 en une dizaine d’années, et je ne parle pas de ma « Chanson Grise » avec ses 40.000 en 7 ans.

    Vu le sujet, j’ose dire « étriqué » (pardon pour le mot !) réjouissante nouvelle, la poésie n’est pas prête à disparaître comme ceux qui sont incapables de la ressentir et qu’elle dérange le voudraient.

    Bravo, et merci d’œuvrer ainsi à la sauvegarde de cet art majeur – indispensable selon le mot de Baudelaire.

    Aimé par 1 personne

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