Archives pour la catégorie XXe siècle (1e moitié)


« Le mani de le donne che incontrammo
una volta, e nel sogno, e ne la vita:
oh quelle mani, Anima, quelle dita
che stringemmo una volta, che sfiorammo
con le labbra, e nel sogno, e ne la vita ! »

Gabriele D’Annunzio, « Le mani », tratto da Poesie d’Amore del ‘900, a cura di Paola Decina Lombardi, Mondadori, 1992.

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« Un oiseau chante sur un fil
Cette vie simple, à fleur de terre.
Notre enfer s’en réjouit.

Puis le vent commence à souffrir
Et les étoiles s’en avisent.

Ô folles, de parcourir
Tant de fatalité profonde ! »

René Char, « Un oiseau », Fureur et Mystère,
dans Œuvres complètes, Pléiade, p. 238.

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« L’amoureuse » d’Éluard

L’un des plus célèbres poèmes d’Éluard, l’un des plus beaux aussi à mon sens, est « L’amoureuse », paru dans Capitale de la douleur (1926), plus précisément dans la section « Mourir de ne pas mourir ». Je voudrais donc commenter aujourd’hui ce poème.

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L’aube d’Umberto Saba

J’ai découvert le poète triestin, né en 1883 et mort en 1957, grâce à mon professeur d’italien en khâgne. Je voudrais citer aujourd’hui un poème qui m’a séduit, extrait du recueil Comme on cherche un trésor (titre original : Il Canzoniere), paru aux éditions La Dogana à Genève en 2005, dans une version bilingue traduite par Franc Ducros. Le poème parle de l’aube.

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« Le condamné à mort » de Jean Genet

De Jean Genet, je connaissais les célèbres pièces de théâtre que sont Les Bonnes et Le Balcon. J’ai également eu l’occasion de découvrir Notre-Dame-des-Fleurs à travers une adaptation théâtrale de ce roman. Ayant appris qu’il avait aussi écrit de la poésie, j’ai voulu découvrir les vers du poète. Je me suis donc procuré Le condamné à mort et autres poèmes, suivi de Le Funambule, paru en 1999 en Poésie/Gallimard.

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« Je te méprise enfin, souffrance passagère !
J’ai relevé le front. J’ai fini de pleurer.
Mon âme est affranchie, et ta forme légère
Dans les nuits sans repos ne vient plus l’effleurer.

Aujourd’hui je souris à l’Amour qui me blesse.
Ô vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,
D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,
Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte les douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,
Afin que le bonheur éclate, triomphal,
Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,
Tournés vers le soleil, les chants et l’idéal ! »

Renée Vivien, « Aurore sur la mer », Études et préludes, 1901.

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La place des femmes en poésie aux XIXe et XXe siècles

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu l’article d’Évelyne Lloze sur la place et le rôle des femmes en poésie aux XIXe et XXe siècles. Cet article est publié dans le dernier numéro de la revue Nu(e), qui mettait à l’honneur sept femmes poètes d’aujourd’hui.

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L’été de Paul Valéry

Né en 1871 et mort en 1945, Paul Valéry fait partie des poètes de la première moitié du vingtième siècle. Poète pour qui le lyrisme était une « fête de l’intellect », il est surtout connu pour les splendides vers de La Jeune Parque ou ceux de Charmes. À l’occasion des vacances d’été qui commencent, j’ai déniché pour vous, dans les entrailles de Wikisource, un poème de Valéry précisément intitulé « Eté », que je voudrais commenter aujourd’hui.

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Tour d’Europe poétique

Comme des millions d’autres personnes, j’ai regardé dernièrement la finale du concours de l’Eurovision. Cela m’a donné une idée : pourquoi ne pas proposer, à l’instar de ce tour d’Europe de la musique populaire contemporaine, un petit panorama des grands poètes européens ? Partons à la découverte des grandes voix poétiques de notre continent…

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Pessoa au pluriel

Avoir un ami imaginaire, ce n’est pas si rare chez les enfants, et cela peut être un moyen de se préserver. Prolonger cette expérience à l’âge adulte jusqu’à l’ériger en principe d’écriture, c’est en revanche beaucoup moins banal, et c’est ce qui fait toute l’originalité de la poésie de Fernando Pessoa.

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Des poèmes sur la ville

La « fréquentation des villes énormes » est, depuis Baudelaire, une source d’inspiration féconde pour les poètes. C’est bien en elle, en effet, que réside la modernité, avec tout ce qu’elle suppose de mouvement, de vitesse, d’innovations en tous genres… Les villes d’aujourd’hui sont grouillantes, trépidantes, tentaculaires. Elles prennent toujours plus de place, dans nos vies concrètes comme dans notre imaginaire. Je me souviens avoir lu dans un article, il y a de ça quelques années, que l’univers urbain avait tendance à monopoliser le paysage télévisuel, et que l’on trouvait de moins en moins de films et de séries dont l’action se situe dans la nature. On s’en doute, la ville apparaît chez les poètes autant comme un idéal que comme un repoussoir. Et cela, dès La Fontaine…

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Le surréalisme après le surréalisme

On me demande aujourd’hui quelle est l’influence du surréalisme dans la poésie d’aujourd’hui, et plus précisément s’il se trouve encore des poètes pour revendiquer l’écriture automatique. C’est une question intéressante, bien trop vaste pour faire l’objet d’une réponse complète dans le cadre d’un simple article de blog, mais à laquelle je vais tâcher de répondre de mon mieux, sachant que je ne suis pas spécialiste du surréalisme.

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La Cigale dans tous ses états

Lorsqu’on est un poète aussi renommé, aussi reconnu, aussi célébré que La Fontaine, il ne faut pas s’étonner que maints auteurs aient voulu détourner ses vers dans le sens de la parodie et de la caricature. Je vous présente aujourd’hui quelques réécritures savoureuses de l’un des poèmes les plus connus, que chacun ou presque a en tête : « La Cigale et la Fourmi ».

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