Archives du mot-clé littérature contemporaine

D’un lyrisme oblique : Jean-Yves Masson

Écrivain, poète, professeur de littérature, éditeur, traducteur, Jean-Yves Masson, né en 1962 en Lorraine, est l’auteur d’ouvrages de poésie, notamment les Onzains de la nuit et du désir suivis des Neuvains du sommeil et de la sagesse, ainsi que de nouvelles et d’un conte, la Fée aux larmes. J’ai déjà cité plusieurs poèmes de Jean-Yves Masson, et je voudrais à présent vous présenter ses Neuvains, recueil que j’ai particulièrement apprécié.

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« Mon pays est un chemin ; je le vis en marchant : au fond, un paysage qui se prépare à m’absorber. Mon pays, c’est la volupté de se dissoudre, à la façon du souffle se laissant réaspirer par l’atmosphère. »

Gil Jouanard, C’est la vie, Verdier, 1997, p. 11.

Une réécriture volcanique de Phèdre

Parmi les « objectifs 2017 » que je m’étais fixés dans un précédent article, il y avait celui de consacrer une part plus importante au théâtre et au roman. Je voudrais donc vous parler aujourd’hui d’une pièce de théâtre que j’ai eu l’occasion de lire il y a quelques années, lorsque je préparais mon cours sur les « problématiques du théâtre et de la théâtralité ». Il s’agit de Volcan, de Philippe Minyana.

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« Aux lecteurs

Je vous écris de près
entre votre malheur et votre peau

Entre
j’essaie de mettre un tournesol

Je n’ose pas
employer de grands mots en voyage magnétique
des mots orgueilleux d’être
pour affréter les invisibles continents

Vous
moi
c’est ovation timide vers le monde. »

Marie-Claire Bancquart, « Aux lecteurs »,
dans Partition, Paris, Belfond, 1981, p. 105.

Connaissez-vous François Bon ?

Dans la ville invisible. Tel est le titre, énigmatique ou du moins mystérieux, d’un roman que j’ai lu pendant mon adolescence. C’est l’histoire d’un garçon solitaire, seul chez lui pendant que son père fait rouler des trains de nuit, qui fait d’étranges découvertes avec l’ascenseur. L’auteur de ce roman possède un nom facile à mémoriser : François Bon.

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« [La littérature française contemporaine] fait preuve d’une prodigieuse vitalité : loin de suivre un cours tranquille sur des voies balisées, elle invente des formes […]. Elle se saisit à bras le corps de questions décisives pour notre temps : l’être social, l’inscription dans l’Histoire, la confrontation au réel, la méfiance envers les discours, l’usage du quotidien, le renouvellement des formes de l’engagement… Les genres sont vivifiés : la pulsion narrative se réaffirme, la poésie se refonde dans le lyrisme, le théâtre refait l’expérience conjointe du texte et du corps. […] [N]otre littérature a connu en un quart de siècle l’un de ses plus prodigieux renouvellements, comme peu de périodes dans l’histoire littéraire en donnent exemple […]. »

Dominique Viart, Bruno Vercier, La littérature française au présent,
2e édition augmentée, Paris, Bordas, 2008, p. 525-526.

Qu’est-ce que le « lyrisme critique » ?

Le lyrisme critique, également parfois appelé nouveau lyrisme, est une tendance poétique née dans les années quatre-vingts en France, ensuite théorisée notamment par Jean-Michel Maulpoix à travers des essais tels que Du Lyrisme et Pour un lyrisme critique.

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« Et que l’eau qui ruisselle dans le pré
Te montre que la joie peut survivre au rêve
Quand la brise d’on ne sait où venue déjà disperse
Les fleurs de l’amandier, pourtant l’autre neige. »

Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige, « Le tout, le rien », III, extrait,
dans Ce qui fut sans lumière, suivi de Début et fin de la neige,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1991, p. 141.

Où commence et où s’arrête le contemporain ?

Lorsqu’on me demande sur quoi a porté ma thèse de doctorat, je réponds souvent, lorsque mon interlocuteur ne connaît pas l’auteur, qu’il s’agit de « poésie contemporaine ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Où commence et où s’arrête le contemporain ?

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