Archives du mot-clé poésie contemporaine

« Tout ce qui m’entoure est tout ce qui s’en va. J’en deviens l’ombre. Contre l’argile du chemin, cette tache. Ce peu de sombre. »

Alain Freixe, Comme des pas qui s’éloignent,
L’Amourier, Coaraze, 1999.

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La poésie : réactionnaire ou révolutionnaire ?

« Réactionnaire, la poésie ? » C’est la question, un rien impertinente, que se pose Jean-Claude Pinson, poète, essayiste et philosophe, dans une « carte blanche » publiée dans la revue Secousse. Ce grand penseur de la poésie contemporaine livre une réflexion très stimulante, où il revient notamment sur la notion, fondamentale pour lui, de « pastorale ». Plus modestement, je voudrais ici simplement montrer en quoi cette question permet de mieux comprendre la poésie d’aujourd’hui.

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Pourquoi les poètes contemporains sont-ils difficiles ?

Un internaute a récemment atterri sur ce blog en posant à son moteur de recherche une question fort intéressante : « Pourquoi les poètes contemporains sont-ils difficiles ? » Merci beaucoup, donc, à cet inconnu, car il me fournit le sujet de cet article. Je crois que c’est en effet une question qui mérite d’être posée, et qui mérite surtout des réponses.

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Poésie et contemplation : Philippe Jaccottet

S’il est une œuvre poétique que l’on peut dire méditative, c’est bien celle de Philippe Jaccottet. Celui-ci nous parle de « promenades sous les arbres », de « pensées sous les nuages », il nous rapporte des « éléments d’un songe », il décrit des « paysages avec figures absentes »… Pendant des années, il a noté ses pensées dans des carnets publiés sous le titre de Semaison. On a l’impression, en lisant Jaccottet, qu’il n’y a nulle frontière entre le travail d’écriture et la tentative d’y voir plus clair dans l’existence, ou, pour le dire autrement, entre l’homme et l’écrivain. C’est ainsi que certains poèmes de Pensées sous les nuages font référence à la méditation bouddhiste.

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« La contradiction entre la neige et la neige
atteint
son apogée dans ce qui sépare l’être
de l’être.
C’est en s’inspirant de la pénurie
d’affirmations
que toute chose évite de donner dans le faux.
Ce que le poète commente
est essentiellement
la négation qui le révèle à soi-même. »

François Jacqmin, Le Livre de la neige,
éditions de la Différence, p. 82.

« Entre unité et nullité
pourtant je vis
équilibriste.

C’est notre habitation commune.

Pas bien logeable ?

Mais la seule assignée. »

Marie-Claire Bancquart,
Avec la mort, quartier d’orange entre les dents,
Obsidiane, 2005, p. 22.

Connaissez-vous Christophe Tarkos ?

Christophe Tarkos est un poète français contemporain, né à Marseille en 1963 et mort à Paris en 2004, à l’âge de 41 ans. Il fait partie des poètes qui « font des trous dans la langue », pour reprendre l’expression d’Eric Loret dans le journal Libération. On le rangera en effet volontiers du côté des « littéralistes », plutôt que du côté des « lyriques ». Présenté comme un « performeur » et un « improvisateur » par Médiapart, il est notamment l’auteur d’intéressants « poèmes carrés » qui peuvent être matière à un travail en classe…

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« Pour toi je réinventerai les gestes
de la neige
les gestes des premières éclaboussures
d’étoiles aux taches de neige
je réinventerai les premiers mots
de neige
et notre enfance sous le givre des cloîtres »

Béatrice Bonhomme, Les Gestes de la neige,
L’Amourier, Coaraze, 1998, p. 49.

Pourquoi j’aime la poésie de Jaccottet

Certains poètes nous touchent plus que d’autres. Cette sensation, dans un premier temps, ne s’explique pas : elle s’impose à nous. Parmi les poètes contemporains, Philippe Jaccottet est l’un de ceux que j’ai eu le plus de plaisir à lire, à étudier, à enseigner. Voici pourquoi.

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Dix poètes d’aujourd’hui à connaître

Si la poésie contemporaine est bien vivante, elle s’épanouit loin des projecteurs médiatiques. En dehors des passionnés et des spécialistes, bien peu de personnes seraient capables de mentionner les noms de poètes d’aujourd’hui. La poésie contemporaine est pourtant riche d’une belle diversité. Florilège.

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« La poésie est-elle un baume, un viatique, une offrande ? A-t-elle pouvoir d’apaiser les plaies du monde, d’exalter les jours, d’éveiller la joie? La poésie est-elle reflet de la grâce, parole en résonance avec les harmonies passées ? Est-elle ce qui renaît d’écho en écho, effaçant les âges, passant de voix en voix, de souffle en souffle, comme le chant d’une âme universelle affranchie de toute fin ? »

André Velter, Orphée Studio : Poésie d’aujourd’hui à voix haute,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1999, rééd. 2002, p. 172.

Dix bonnes raisons de lire Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix est l’auteur de ce blog auquel j’ai consacré le plus grand nombre d’articles. Il n’y a rien d’étonnant à cela, vu que c’est un très grand poète contemporain, que j’admire au point de lui avoir consacré ma thèse de doctorat. Je voudrais à mon tour vous faire aimer ce poète. J’ai donc sélectionné dix bonnes raisons de lire ses ouvrages.

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Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Je contemple dans le langage le bleu du ciel.

Les mots ne me seraient d’aucun prix s’ils se résignaient à nommer ou décrire ce qui est, au lieu de se précipiter vers ce qui n’est pas. Leur aveuglement convient à l’irréductible rêveur que je suis. Ils ont leur manière propre de dissiper le mystère en l’aggravant et de ne rien me donner à voir dont ils n’aient tout d’abord déformé les traits. Je sais leurs tromperies et m’y suis résigné. Je ne compte plus m’approprier ce que je nomme : il me suffit d’esquisser le geste de le toucher des mains. Ne fût-ce que pour en aviver la douleur, je concède au langage le soin de courtiser l’impossible. Jamais l’écriture n’est trop riche de désirs ni de mensonges pour fait de ses masques un usage tragique. Sachant sa vanité, il n’y renonce point mais la cultive comme un poison. Dès lors, rien ne l’obsède davantage que cette duplicité à quoi il reconnaît qu’il est en passe de devenir un homme. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 107.