Archives mensuelles : mai 2016

« Donc » est… un adverbe.

En ces temps de réformite aiguë, il en est une qui m’est passée inaperçue : figurez-vous que « donc » est devenu adverbe. Du moins, si j’en crois le blog d’Anne de Louvain-la-Neuve, correctrice et auteur de manuels. Moi qui récitais « Mais ou et donc or ni car » et qui croyais donc que « donc » était conjonction de coordination ! Alors, je file voir la Grammaire méthodique du français, qui est la bible des grammairiens en herbe. Et c’est bien vrai !

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« Le Flotoir » : l’autre site de Florence Trocmé

Le site Poezibao, créé par Florence Trocmé, est une référence pour qui s’intéresse à l’actualité de la poésie : on y trouve les titres des publications reçues, des notes de lecture, des notices biographiques, des annonces de manifestations… La qualité du site est évidente, et les lecteurs ne s’y trompent pas puisque, à l’heure où j’écris, on compte 2350 abonnés à la lettre d’information du site.

Or, je viens de découvrir l’existence d’un autre site du même auteur, également consacré à la poésie, mais avec cette fois-ci une dimension personnelle. On y trouve notamment des notes personnelles autour des lectures poétiques de Florence Trocmé. J’ai trouvé ce site fort intéressant.

Ce site s’appelle « Le Flotoir », et vous le trouverez à l’adresse suivante : http://poezibao.typepad.com/flotoir/.

La courbe de popularité des poètes du XIXe siècle

Le poète contemporain Jean-Michel Maulpoix les appelle les « quatre pieds de la table ». Ils s’appellent Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine. Ce sont sans doute les quatre plus grands noms de la poésie française de la deuxième moitié du vingtième siècle. Grâce à Google Ngram, on peut suivre en direct leur courbe de popularité pendant deux siècles…

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Aimé Césaire : « Et elle est debout la négraille ! »

Il y aurait tant et tant d’extraits d’Aimé Césaire à citer, tellement sa poésie est vivante, puissante et vraie. Impossible, bien entendu, d’évoquer ici l’ensemble de son œuvre poétique, rassemblée dans un épais volume à couverture violette aux éditions du Seuil. J’ai donc choisi un extrait du Cahier d’un retour au pays natal (son ouvrage le plus connu) auquel j’ai pensé il y a quelque temps en entendant parler de la « Nuit debout », cette manifestation contestataire abondamment évoquée par la presse.

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« J’ai vu une vieille dame pleurer, ma mère. Elle pleurait sur sa solitude totale, physique et morale, elle appelait son père et sa mère morts depuis cinquante ans, elle exigeait tous ses enfants auprès d’elle, elle leur demandait à tous, aux vivants et aux morts, pourquoi ils l’avaient abandonnée. Elle pleurait sur ce lieu hostile dans lequel elle avait échoué et que l’on appelle « maison de retraite ». Elle pleurait enfin sur les larmes du monsieur d’à côté, privé depuis longtemps de l’usage de la parole, mais qui était accouru à ses cris et pleurait lui aussi, en la regardant pleurer, et lui prenait la main. Il avait, avec ses longues mains veinées de mauve, son beau visage buriné, et son port de prince, la noblesse des hommes bleus du désert. Il avait sûrement beaucoup été aimé dans la vie. »

Colette Guedj, L’heure exquise, JC Lattès.

Un tilleul (Véronique Pagnier, Wikimedia Commons, libre de réutilisation).
Un tilleul (Véronique Pagnier, Wikimedia Commons, libre de réutilisation).

« C’est encore une averse, comme au milieu du mois de mai quand le tilleul explose et reverdit. De tous côtés des feuilles, des mains qui pianotent, des oiseaux aiguisant leur bec, et le crissement des plumes qui ne s’apaise pas. »

Jean-Michel Maulpoix, Ne cherchez plus mon coeur,
Paris, P.O.L., 1986, IV-6, p. 66.

Le schéma de Greimas avec Star Wars

Quand on s’intéresse à la littérature narrative (roman, conte, …), il est intéressant de connaître le schéma de Greimas, du nom du chercheur franco-lituanien qui l’a inventé, parfois également appelé schéma actanciel. Il permet de représenter de façon schématique pas mal d’intrigues. C’est aussi une façon de se rendre compte que, derrière la diversité foisonnante des histoires qui sont racontées dans les livres de fiction, on retrouve des invariants. Comme tout ceci est un peu technique, je vous propose d’illustrer tout cela en choisissant une fiction très connue et très appréciée : la saga Star Wars…

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Le poème d’à côté : Du Bellay

S’il est un poème très connu de Du Bellay, c’est sans doute, dans les Regrets, celui qui commence par « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ». Sachant, bien entendu, que le poète de la Renaissance fait référence ici au périple de l’Odyssée. Ce poème a été plusieurs fois mis en musique, notamment par Brassens lui-même, mais aussi, plus récemment, par Ridan…

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« L’attachement à soi augmente l’opacité de la vie. Un moment de vrai oubli, et tous les écrans les uns derrière les autres deviennent transparents, de sorte qu’on voit la clarté jusqu’au fond, aussi loin que la vue porte ; et du même coup plus rien ne pèse. Ainsi l’âme est vraiment changée en oiseau. »

Philippe Jaccottet, La Semaison, Paris, Gallimard.

ESPE en poésie

L’ESPE de Nice (centre Stephen Liegeard) s’est investi à l’occasion du « Printemps des Poètes », grâce à Sandra Plantier et Marianne Thauvin. Découvrez sur le site « Des Moulins à Paroles » l’ensemble de leurs actions.

Moulins à paroles (M@P)

Argument fourni par Sandra Plantier et Marianne Thauvin, en annonce de leur intervention dans le programme de la Journée d’étude pluridisciplinaire « L’école et la poésie », du 13 mai 2016.

Le projet, lancé au mois de février 2016, a été réalisé par des étudiants volontaires et des membres du personnel enseignant et non-enseignant. Il consistait en :

  • Une mise en poésie du site Liégeard avec
    • une suspension de poèmes à l’entrée du bâtiment
    • des salles renommées avec des noms de poètes et dont les portes permettaient de découvrir des extraits des œuvres.
    • Un parcours géopoétique dans le parc du centre (voir le descriptif en pièce jointe)
  • Des interventions poétiques ou des « irruptions poétiques » avec
    • Les interventions dans les salles de cours des BIP (Brigades d’Intervention Poétique) auxquelles ont participé des classes du primaire
    • Des contraventions poétiques apposées sur les véhicules du parking.

L’ensemble de ces interventions et réalisations s’inscrivent dans…

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A propos de Ghérasim Luca

Ghérasim Luca (1913-1994) est l’une des grandes voix de la poésie de langue française au XXe siècle. La revue Europe vient de lui consacrer un numéro, préfacé par Serge Martin. Cette préface est accessible gratuitement en ligne à l’adresse http://www.europe-revue.net/page-accueil/page-accueil/G-Luca-PrefaceR.pdf. En guise d’accroche, voici la citation épigraphe retenue par Serge Martin pour présenter le poète :

« Comme le funambule
pendu à son ombrelle

je m’accroche
à mon propre déséquilibre. »

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Femme de dos avec sac à main (Pixabay)

« Il préfère à ces valises funèbres le sac à main des femmes, où il y a des mouchoirs blancs parfumés, des tubes de rouge à lèvres, de la poudre rose, une palette de bleus, un portefeuille avec des photos d’enfants qui se baignent au bord de la mer, un petit miroir et des lettres chiffonnées. Il voudrait se glisser dans cette féerie et se laisser aller au roulis de leurs hanches. Curieux de leur parfum et de leurs amours, il voudrait prendre la température exacte de leur cœur. »

Jean-Michel Maulpoix, Portraits d’un éphémère,
Paris, Mercure de France, 1990, VIII-4, p. 90.

 

Reblogué : Woody Allen et l’écriture — La tentation d’écrire

Je me permets de « rebloguer » cette réflexion sur l’écriture, issue du blog La tentation d’écrire, en espérant qu’elle vous intéressera…

Originally posted on L’atelier d’Elodie Loch-Béatrix: J’ai lu ce week-end l’article que M, le magazine du Monde, a consacré à Woody Allen et son film Café Society. Dans ce portrait, il revient assez longuement sur son processus d’écriture et sa manière de travailler. Une vision très intéressante ! “Très tôt, il m’est apparu…

via Woody Allen et l’écriture — La tentation d’écrire