Archives du mot-clé poésie

Prêts pour l’automne du Printemps des Poètes ?

Habituellement, le Printemps des Poètes a lieu au mois de mars. Et cette année 2021 n’a pas dérogé à la règle, avec des manifestations un peu partout en France. Comme chaque année, sur la Côte d’Azur, la compagnie « Une petite voix m’a dit » avait programmé plusieurs événements printaniers. Mais, contexte sanitaire oblige, la voilure avait été considérablement réduite par rapport au festival « Poët Poët » tel qu’il est organisé depuis quinze ans. D’où cette volonté de prolonger les choses par un septembre poétique

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J’ai reçu : Florilège n°184

C’est une belle illustration de Rémy Demestre et inspirée de Kandinsky qui occupe la couverture du cent-quatre-vingt-quatrième numéro de la revue Florilège, paru en ce mois de septembre 2021. Feuilletons ensemble ce numéro.

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« L’amoureuse » d’Éluard

L’un des plus célèbres poèmes d’Éluard, l’un des plus beaux aussi à mon sens, est « L’amoureuse », paru dans Capitale de la douleur (1926), plus précisément dans la section « Mourir de ne pas mourir ». Je voudrais donc commenter aujourd’hui ce poème.

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« Le sage est parti avec la patience de ceux
Qui ont appris la vie
De ceux qui ont appris la mort
Sans rien exprimer qu’un murmure
Un sourire devant la dureté d’un destin. »

Béatrice Bonhomme, « Stèles pour un scribe »,
dans Les Boxeurs de l’absurde, Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 141.

Nuit des étoiles

S’allonger, un soir d’été, dans la fraîcheur du jardin. Plonger le regard dans l’immensité. Se tourner vers l’ouest, où le ciel rougeoie encore un peu. Regarder apparaître les premières étoiles. Reconnaître les deux Ourses et le W de Cassiopée. Identifier les trois étoiles du triangle d’été : Altaïr de l’Aigle, Deneb du Cygne et Vega de la Lyre. S’exercer, à mesure que le ciel s’assombrit, à percevoir des détails plus subtils. Distinguer les draperies laiteuses de la voie lactée. Repérer les satellites artificiels qui traversent le ciel, trahis par leur vitesse. Contempler l’univers, son apparente sérénité, en prenant part à l’infini. Écouter les criquets et le hululement lointain du moyen duc. Attendre qu’enfin le spectacle commence : car voici que pleuvent les étoiles filantes, minuscules poussières à la longue traîne embrasée.

Gabriel Grossi, 13/08/2021.

Une définition de la poésie par Jean-Yves Masson

« Je donnerais volontiers de l’acte poétique de langage une autre définition : est poétique une attitude envers le langage qui, alors que les autres discours font un choix entre la fidélité au réel (à son degré maximal dans toutes les formes utilitaires du discours) et le fonctionnement autonome de la langue, refuse le choix et tient ensemble les deux. C’est ainsi seulement que la langue, comme le voulait Hugo,  » travaille  » , modifiant notre compréhension du réel et notre maîtrise du langage lui-même. Nouer ces deux désirs dans un emploi des mots qui ne soit pas réductible à une explication extérieure au poème est une ascèse à laquelle, peut-être, tout véritable poète, quelles que soient ses positions théoriques, est obligé de se plier dans le moment secret de l’écriture. »

Jean-Yves Masson, « L’espace de la tradition », remue.net.

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« Le condamné à mort » de Jean Genet

De Jean Genet, je connaissais les célèbres pièces de théâtre que sont Les Bonnes et Le Balcon. J’ai également eu l’occasion de découvrir Notre-Dame-des-Fleurs à travers une adaptation théâtrale de ce roman. Ayant appris qu’il avait aussi écrit de la poésie, j’ai voulu découvrir les vers du poète. Je me suis donc procuré Le condamné à mort et autres poèmes, suivi de Le Funambule, paru en 1999 en Poésie/Gallimard.

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Les quatrains de François Cheng

De François Cheng, je ne sais à vrai dire pas grand-chose, du moins pas grand-chose de plus que ce que l’on peut trouver sur Wikipédia : ce poète français d’origine chinoise est né à Nanchang en 1929, il est arrivé en France en 1948, sans encore parler un mot de français.

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Le « rêve familier » de Paul Verlaine

On ne présente plus Paul Verlaine, l’une des plus grandes voix poétiques du XIXe siècle (1844-1896). Victor Hugo lui-même le félicita pour ses vers : cela vaut tous les prix. Le poème que je m’apprête à vous présenter est l’un de ses plus célèbres, ce qui est tout à fait légitime puisqu’il est parmi les plus beaux. Il est extrait des Poèmes saturniens, et il s’agit d’un sonnet d’alexandrins de rimes embrassées.

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« Ouvre les mains, ouvre les mains,
toi qui es patience, toi qui es
lumière, toi qui es pauvreté, ouvre
tes mains d’où roule la lumière.

Archange bien-aimé, cette nuit
où le chant d’un oiseau se brise sur la mer,
tiens-toi debout sur le navire,
à la proue, au-dessus des vagues.

Protège le navire Amour, la barque d’aube
qui se faufile entre deux ciels,
et pauvrement, dans le silence manifeste,
laisse la vie s’écouler de tes mains. »

Jean-Yves Masson, « Poèmes du festin céleste »,
Bordeaux, L’Escampette, 2002,
poème LXXXIII, p. 113.

Humour : l’actu « people » des poètes

Profitons de l’été pour considérer la poésie et la littérature avec un peu moins de sérieux. Pour rire un peu, je vous propose aujourd’hui la couverture de « Poët People », un (faux) mag sur la vie secrète des grands poètes. La couverture est de ma conception, à partir d’images libres trouvées sur Wikipédia.

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« Je m’allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t’endormir, je lancerai de l’or dans ton sommeil. De l’or et des songes pareils à des nuages. »

Christian Bobin, « Le baiser de marbre noir », La Présence pure et autres textes,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2008-2020, p. 68.

Connaissez-vous Pernette du Guillet ?

Cela faisait longtemps que je n’avais pas consacré d’article au seizième siècle. C’est pourquoi je vous propose de découvrir aujourd’hui une poétesse méconnue. De la vie de Pernette du Guillet, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle mourut fort jeune, et qu’elle fut le grand amour, sans doute platonique, de Maurice Scève, malgré son mariage avec le sieur du Guillet.

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Desbordes-Valmore : « La jeune fille et le ramier »

Née en 1786 et morte en 1859 à l’âge de 73 ans, Marceline Desbordes-Valmore est l’une des figures féminines de la poésie les plus connues. Son poème le plus célèbre s’intitule Les roses de Saadi : le dessinateur de bande dessinée Gotlib a d’ailleurs proposé, dans une de ses planches, une parodie d’analyse critique de ce poème, dans laquelle il se moque non pas de la poète, mais de ceux qui se laissent aller trop facilement à une lecture misogyne. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose aujourd’hui la lecture du poème qui suit immédiatement celui-ci dans le recueil des Poésies de Marceline Desbordes-Valmore, paru en 1860, un an après la mort de la poète.

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