Archives du mot-clé poésie

« À une passante » de Charles Baudelaire

C’est aujourd’hui d’un poème extrêmement connu que je voudrais vous parler. Je n’entends pas en proposer un énième commentaire, puisque vous en trouverez déjà une multitude sur Internet. Je voudrais simplement montrer en quoi ce poème mérite pleinement d’être versé au dossier de « L’éphémère », thème du Printemps des Poètes 2022.

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Le sapin de Noël de Jean-Michel Maulpoix

En ces temps de fêtes, je vous invite à découvrir un poème de Jean-Michel Maulpoix qui est bien singulier, puisqu’il arbore la forme générale d’un sapin de Noël. Ce poème, que vous trouverez dans Domaine public, est précisément daté du 25 décembre.

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Qu’est-ce qu’un poème en prose ?

L’appellation même de « poème en prose » repose sur une apparente contradiction. Pour le maître de philosophie du Bourgeois gentilhomme, les deux catégories de prose et de poésie s’excluent mutuellement. Cependant, depuis Molière, maints artistes se sont fait fort de bousculer les catégories traditionnelles. Si bien qu’en effet, il s’écrit aujourd’hui beaucoup de « poésie en prose ». Qu’est-ce donc que cela  ?

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J’ai reçu le « Florilège » de Décembre

C’est sous le signe de Ronsard qu’est placé le dernier numéro de la revue Florilège, paru en ce mois de décembre. De fait, c’est avec deux de ses sonnets, issus des Amours de 1560 et des Sonnets pour Hélène, que s’ouvre la revue.

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Connaissez-vous Marie Étienne ?

Comme je le disais dans mon précédent billet, je suis vraiment très heureux d’avoir participé, samedi dernier, à un colloque inter-universitaire consacré aux poètes-femmes d’aujourd’hui. Cinq universités au total se relaient pour leur donner voix, et pour éclairer leur œuvre par des études critiques. La journée de samedi dernier s’ouvrait avec la présentation de la poète Marie Étienne, à travers un film documentaire de Bérénice Bonhomme et une lecture critique de Marie Jocqueviel-Bourjea.

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L’Éphémère

Des nuages qui passent, des feuilles qui tombent, le bruit du vent ou de la pluie, une fleur qui fane, le soleil qui se lève ou se couche, un sourire qui s’esquisse, un enfant en équilibre sur un muret, le regard d’une passante, l’eau qui s’écoule d’un pont… Toutes ces réalités se prêtent volontiers à l’écriture d’un poème. Ce qu’elles ont en commun ? Elles manifestent l’éphémère.

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« Vie du poème » de Pierre Vinclair

C’est un ouvrage singulier que Vie du poème, et la façon la plus simple dont on puisse le définir, c’est de dire qu’il s’agit d’un écrit réflexif sur la poésie. Pourquoi cette périphrase? Parce que ce livre n’a pas vraiment le ton d’un traité, qu’il ne se présente pas non plus comme un manuel à l’usage des jeunes poètes, qu’il n’est pas davantage une autobiographie, tout en tenant un peu de ces trois genres. Il ne prétend sans doute pas détenir la vérité absolue, et pourtant il livre bien un message, et porte une représentation de ce que sont un poème, et la poésie.

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Questions à Marilyne Bertoncini

Par ses livres de poésie, par ses traductions mais aussi par son rôle actif pour faire vivre la poésie contemporaine, notamment sur la Toile, Marilyne Bertoncini, née en 1952, est une voix importante de la poésie d’aujourd’hui. J’ai récemment parlé de son beau livre qu’est La Noyée d’Onagawa. Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions.

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Prêts pour l’automne du Printemps des Poètes ?

Habituellement, le Printemps des Poètes a lieu au mois de mars. Et cette année 2021 n’a pas dérogé à la règle, avec des manifestations un peu partout en France. Comme chaque année, sur la Côte d’Azur, la compagnie « Une petite voix m’a dit » avait programmé plusieurs événements printaniers. Mais, contexte sanitaire oblige, la voilure avait été considérablement réduite par rapport au festival « Poët Poët » tel qu’il est organisé depuis quinze ans. D’où cette volonté de prolonger les choses par un septembre poétique

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J’ai reçu : Florilège n°184

C’est une belle illustration de Rémy Demestre et inspirée de Kandinsky qui occupe la couverture du cent-quatre-vingt-quatrième numéro de la revue Florilège, paru en ce mois de septembre 2021. Feuilletons ensemble ce numéro.

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« L’amoureuse » d’Éluard

L’un des plus célèbres poèmes d’Éluard, l’un des plus beaux aussi à mon sens, est « L’amoureuse », paru dans Capitale de la douleur (1926), plus précisément dans la section « Mourir de ne pas mourir ». Je voudrais donc commenter aujourd’hui ce poème.

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« Le sage est parti avec la patience de ceux
Qui ont appris la vie
De ceux qui ont appris la mort
Sans rien exprimer qu’un murmure
Un sourire devant la dureté d’un destin. »

Béatrice Bonhomme, « Stèles pour un scribe »,
dans Les Boxeurs de l’absurde, Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 141.

Nuit des étoiles

S’allonger, un soir d’été, dans la fraîcheur du jardin. Plonger le regard dans l’immensité. Se tourner vers l’ouest, où le ciel rougeoie encore un peu. Regarder apparaître les premières étoiles. Reconnaître les deux Ourses et le W de Cassiopée. Identifier les trois étoiles du triangle d’été : Altaïr de l’Aigle, Deneb du Cygne et Vega de la Lyre. S’exercer, à mesure que le ciel s’assombrit, à percevoir des détails plus subtils. Distinguer les draperies laiteuses de la voie lactée. Repérer les satellites artificiels qui traversent le ciel, trahis par leur vitesse. Contempler l’univers, son apparente sérénité, en prenant part à l’infini. Écouter les criquets et le hululement lointain du moyen duc. Attendre qu’enfin le spectacle commence : car voici que pleuvent les étoiles filantes, minuscules poussières à la longue traîne embrasée.

Gabriel Grossi, 13/08/2021.

Une définition de la poésie par Jean-Yves Masson

« Je donnerais volontiers de l’acte poétique de langage une autre définition : est poétique une attitude envers le langage qui, alors que les autres discours font un choix entre la fidélité au réel (à son degré maximal dans toutes les formes utilitaires du discours) et le fonctionnement autonome de la langue, refuse le choix et tient ensemble les deux. C’est ainsi seulement que la langue, comme le voulait Hugo,  » travaille  » , modifiant notre compréhension du réel et notre maîtrise du langage lui-même. Nouer ces deux désirs dans un emploi des mots qui ne soit pas réductible à une explication extérieure au poème est une ascèse à laquelle, peut-être, tout véritable poète, quelles que soient ses positions théoriques, est obligé de se plier dans le moment secret de l’écriture. »

Jean-Yves Masson, « L’espace de la tradition », remue.net.

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« Le condamné à mort » de Jean Genet

De Jean Genet, je connaissais les célèbres pièces de théâtre que sont Les Bonnes et Le Balcon. J’ai également eu l’occasion de découvrir Notre-Dame-des-Fleurs à travers une adaptation théâtrale de ce roman. Ayant appris qu’il avait aussi écrit de la poésie, j’ai voulu découvrir les vers du poète. Je me suis donc procuré Le condamné à mort et autres poèmes, suivi de Le Funambule, paru en 1999 en Poésie/Gallimard.

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Les quatrains de François Cheng

De François Cheng, je ne sais à vrai dire pas grand-chose, du moins pas grand-chose de plus que ce que l’on peut trouver sur Wikipédia : ce poète français d’origine chinoise est né à Nanchang en 1929, il est arrivé en France en 1948, sans encore parler un mot de français.

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Le « rêve familier » de Paul Verlaine

On ne présente plus Paul Verlaine, l’une des plus grandes voix poétiques du XIXe siècle (1844-1896). Victor Hugo lui-même le félicita pour ses vers : cela vaut tous les prix. Le poème que je m’apprête à vous présenter est l’un de ses plus célèbres, ce qui est tout à fait légitime puisqu’il est parmi les plus beaux. Il est extrait des Poèmes saturniens, et il s’agit d’un sonnet d’alexandrins de rimes embrassées.

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« Ouvre les mains, ouvre les mains,
toi qui es patience, toi qui es
lumière, toi qui es pauvreté, ouvre
tes mains d’où roule la lumière.

Archange bien-aimé, cette nuit
où le chant d’un oiseau se brise sur la mer,
tiens-toi debout sur le navire,
à la proue, au-dessus des vagues.

Protège le navire Amour, la barque d’aube
qui se faufile entre deux ciels,
et pauvrement, dans le silence manifeste,
laisse la vie s’écouler de tes mains. »

Jean-Yves Masson, « Poèmes du festin céleste »,
Bordeaux, L’Escampette, 2002,
poème LXXXIII, p. 113.