Archives mensuelles : décembre 2018

« Les plus sombres jours de l’année
Ont pour devoir de devenir lumière.
Je ne trouve pas de comparaison
Pour dire la douceur de tes lèvres. »

Anna Akhmatova, Requiem, Poème sans héros & autres poèmes,
trad. J.-L. Backès, Poésie/Gallimard, 2007, p. 82.

Le nom de la montagne

Il y a bien longtemps, à une époque où les lieux n’avaient point encore de nom, se dressait au centre de la vaste plaine une très haute montagne. Sa cime majestueuse, presque toujours enneigée, se perdait fréquemment dans les nuages. Son allure était si imposante, et ses crêtes si élancées, qu’il semblait que les dieux eux-mêmes avaient voulu s’établir à son sommet. Aussi cette montagne était-elle unanimement considérée comme sacrée.

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Attendons Godot avec Beckett

En attendant Godot est sans doute l’une des pièces les plus connues de Samuel Beckett, écrivain irlandais ayant écrit une part importante de son œuvre en langue française, qui fait partie, avec, entre autres, Adamov, Ionesco et Arrabal, de ces dramaturges qui ont profondément renouvelé le théâtre français pendant les années d’après-guerre. Dès ma première lecture, j’ai immédiatement apprécié cette pièce. Aujourd’hui, je vous propose la lecture d’un extrait de la pièce (p. 23-26 dans l’édition Minuit de 1952).

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Le paysage en art

Ce mardi 4 décembre, à 19 h, le musée Chagall, à Nice, était tout illuminé, alors qu’il est d’ordinaire fermé le mardi, comme la plupart des musées français. Même s’ils ont pu apprécier la beauté des toiles d’inspiration religieuse du grand peintre, les visiteurs qui se rassemblent ne sont pas venus pour simplement admirer l’univers onirique de Chagall, mais pour écouter la conférence de Michel Collot sur « le paysage dans l’art moderne et contemporain ».

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Julia Kerninon : « un cours d’eau pur et bondissant »

Il y a quelque chose de logorrhéique dans la prose de Julia Kerninon, du moins dans celle de Une activité respectable, roman autobiographique paru en 2017 aux éditions du Rouergue. Cette caractéristique, que j’ai pris au départ pour une maladresse, se révèle une signature stylistique, une marque de la personnalité de l’écrivain. De fait, le roman se lit d’une traite.

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