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Reblogué : Un poème de Pierre Jean Jouve

Un monde plus vrai, de dix tons plus brillant Que le monde Plus tiède, chaud, confiant et nourrissant Dans l’espérance, que le sein très lourd de la vierge Et non touché par le soleil ! Ainsi mon monde Est mon chant ô cher cœur. Ainsi le nourrissant Mamelon silencieux m’aime et me contemple Et disparaissent […]

via Pierre Jean Jouve – Eléments pour nature — BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

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Reblogué : Les statues de Michaux

MES STATUES PAR HENRI MICHAUX J’ai mes statues. Les siècles me les ont léguées : les siècles de mon attente, les siècles de mes découragements, les siècles de mon indéfinie, de mon inétouffable espérance les ont faites. Et maintenant elles sont là. Comme d’antiques débris, point ne sais-je toujours le sens de leur représentation. […]

À lire ici : MES STATUES — Niala-Loisobleu

Jean-Michel Maulpoix :

« Il reste tout là-haut de vieilles neiges perchées que l’on dit éternelles. Elles font briller les sommets de la montagne comme des pâtisseries recouvertes de sucre glace. Tard, elles restent allumées le soir, quand la vallée est déjà plongée depuis longtemps dans la pénombre. Il se pourrait qu’y veille un dieu chagrin et insomniaque dont cette lueur blanche éclaire le grimoire en qui il va chercher l’oubli des laideurs d’en bas. »

Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige,
Paris, Mercure de France, 2004, p. 96.

Connaissez-vous Fabre d’Eglantine ?

C’est un fait : le dix-huitième siècle est davantage réputé pour ses philosophes et ses penseurs que pour ses poètes. Le siècle des Lumières a pourtant eu ses poètes. Aujourd’hui, je vous présente un poème de Fabre d’Églantine, surtout connu pour avoir été l’inventeur du calendrier républicain.

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« Limpide est le jour,
La terre n’est belle
Que si tu parais
Prête à t’y dissoudre
Comme une eau de source.

Oui la terre est belle
Quand tu me reviens
Et que tu escortes
Tes seins et ta voix,

Tes lèvres humides
Comme des draps frais. »

Gaston Puel, « Terre d’ombre brûlée — VII » (2010),
paru dans Nu(e), n° 46, décembre 2010,
coédition Nu(e)/L’Arrière-pays, p. 133.

Une rose (Pixabay)

« La rose est la source
Le centre du temps
Le soleil la trousse
Pour mourir dedans.

T’as des bégonias
Plein les jambes plein
Le dessous des bras
D’autres dans les seins

Le taureau dessine
Un geste précis
Et rouge assassine
Le monde et midi »

James Sacré, Le taureau, la rose, un poème,
Cadex éditions, 1990, p. 32.

La phrase qui s’éveille,
aucun horizon ne la cerne,
elle respire, elle ne parle

au nom de personne,
elle met au monde,
sa voix est prête

sans crainte à se parfaire,
ne refuser que de conclure,
se donner, dire « nous ».

Pierre Dhainaut, « La phrase qui s’éveille… »
dans Nu(e), n°45, « Pierre Dhainaut », novembre 2010, p. 217.

Il y a dans la nuit ton cri. Tu le répètes au moins trois fois. Je ne l’entends qu’en m’affolant. Tu cries avec les étoiles. Tu cries avec ton ventre qui déchire. Je dors dans la surdité de l’écrasement. Je ne t’entends pas. Mais les étoiles traversent mon rêve. Les déchirements de ton ventre m’ouvrent les yeux. Je t’entends tomber. J’entends ton cri descendre me prendre. Dans la nuit éblouissante. Je m’accroche à ta chute. […] »

Serge Martin, Ta résonance, ma retenue (extrait),
à paraître prochainement aux éditions Tarabuste.