Archives du mot-clé Texte personnel

L’homme au visage de chanvre et de cuir

Imaginez un être de paille planté dans un champ. Il ne rêve que d’une chose : s’animer et prendre vie. Ce poème, à mi-chemin entre Pinocchio et le Magicien d’Oz, rapporte une invocation aux forces de la nuit, jusqu’à ce que l’homme au visage de chanvre et de cuir prenne vie. Il a été écrit en 2011, à l’occasion d’un atelier d’écriture à la Fac de Lettres de Nice, portant sur le thème de l’épouvantail.

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Miroir : mon premier poème

Je vous propose aujourd’hui de (re)découvrir mon tout premier poème. Composé en 1998, à l’âge de 11 ans, ce poème a aujourd’hui près d’un quart de siècle, ce qui ne me rajeunit pas ! En voici une version vidéo, bercé par le ressac méditerranéen.

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« Là où va l’oiseau » en vidéo

La semaine dernière, je vous ai proposé de (re)découvrir l’un de mes poèmes, « Femme », en vidéo. J’ai reçu un grand nombre de retours positifs. Alors, cette semaine, je poursuis avec un autre de mes poèmes, avec Là où va l’oiseau. J’espère que vous apprécierez…

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« Femme » en musique

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir, en vidéo et en musique, l’un de mes poèmes, intitulé « Femme ». J’ai écrit ce poème en prose il y a quelques années, le 15 février 2008 pour être exact. Il a attendu plusieurs années avant que je décide de le publier sur mon blog : c’était le 27 août 2017. Lundi dernier, j’en ai enregistré une version lue avec accompagnement musical improvisé. Aujourd’hui, j’ai profité d’une journée de répit pour mettre la vidéo en ligne.

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Poème pour présenter Laurence Vielle

Samedi 26 mars, 11 h 20, je reçois un coup de fil de Sabine Venaruzzo, organisatrice du festival Poët Poët, qui me charge de préparer une présentation collective de Laurence Vielle, une présentation poétique et pas scolaire, pour introduire sa « carte blanche » à la bibliothèque Nucéra à 15 h. Enchanté par cette proposition, j’ai l’idée de ce poème, dont la récitation sera partagée par les membres du PoëtBuro.

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Une journée ordinaire

Matin six heures drilin drilin, glou glou, miam vite, et puis flush, zip, scratch, clap clap jusqu’à vroum vroum, mais souvent stop, vrrrr, klax, vroum, criss, re-vroum, et ah stop. Clap, cui-cui, poc poc poc poc poc. Stop. Plic. Ding. « Rez de chaussée. Fermeture des portes. » Po-po-po-pôm, po-po-po-pôm. « Sixième étage. Ouverture des portes. » Zzzz, clap. « Ah, vous voilà enfin, c’est pas trop tôt. » Pouf, gzzzz, jingle. Ding. Ding. Ding ding ding dingdingdingdingding. « Vous avez. Soixante. Seize. Nouveaux messages. » Clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, cliclic, cliclic, clic. « Photocopiez tout de suite ce dossier, puis amenez-moi un café. » Flflflfl, zzzzzzz, kf, kf, kf, kf, biiiip. « Bourrage papier. » Han, plaf. Ah, ah. Zou. Glou, glou, ffffusch, rrrrrrrrrrr, ding. Clap, clap. « Merci. » Glou, glou ! « M’enfin, z’avez oublié le sucre ! » Plouf, kr, kr, glou glou. Hummm…. « Faxez-ça à nos partenaires japonais. » Bip, bip, bzzzzz… Clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, cliclic, cliclic. « Erreur. » Plaf ! Grrr ! Plaf ! Ah, ça y est ! Ding, clic, bzzzzz. Clic, clic, clic. « Bip. Rappel. Réunion quinze heures. » Chtoïng. Clic, clic, cling. Save, print, exit. Clic, clic. Dong, clap, notif, zou, zou, bip, clang, tac, tac, flush, re-clic-clic-clic-clic. Tel, laaaaaaa, bip, bip, bip, grrrr. « Toutes les lignes de votre correspondant sont occupées. Veuillez rappeler ultérieurement. » Arg ! Croch. Clic, clic, clic, clic. Dix-sept heures. Enfin. Clap, clap, clap. « Veuillez présenter votre ticket de stationnement. » Zzzzz. Bip, bip. « L’automate ne rend pas la monnaie. » Vroum, vroum, kriiissss, abruti ! Re-vroum. Vroum et vroum. Garage, bip, bip. Stop, clap. « Troisième sous-sol. » Clap, clap, clap. Han, arf. Clefs. Griiiii. Poc. Ouf ! Douche. La, la, la, la. Miam miam. Dodo.

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Conversation avec la mer

S’en retourner, à nouveau, près de la mer.

Jamais elle ne te sera infidèle. Elle continuera de déployer ses trésors d’inventivité, ses rêves d’algues et d’écume, sa folie de vagues, ses danses capricieuses. Pour toi seul, avec ses manières excentriques, elle chantera sur un air de blues ou de fado, répétant obstinément les mêmes paroles consolatrices. Elle sait, mieux que quiconque ou presque, te divertir de ta tristesse, en te proposant, chaque jour différent, son unique spectacle, son duo de soleil et de lune, son monologue de gerbes et de lumière, son concerto pour mouettes et galets, son ballet d’écailles et de plumes. Elle s’étale sous le ciel pur d’hiver, prend la pose, s’amuse du regard des passants, puis se retire, n’en montrant pas trop d’un coup, préservant le désir, en poursuivant cette longue conversation silencieuse que tu entretiens depuis toujours avec elle. Tu lui sais gré d’ainsi prendre soin de ta tristesse.

Gabriel Grossi, 30 janvier 2022.

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Estérel

Est-ce vraiment
L'hiver
Qui se fige sous le soleil ?

Aucun vent, aucun murmure, aucun bruit, sur le sentier de pierres rouges. Le temps lui-même paraît s'être arrêté. Vigueur des pins et des eucalyptus sur le sol poussiéreux : il fait presque chaud. Se devine parfois le bouquet jaunâtre d'un mimosa prêt à éclater. Les rochers pourpres dessinent des formes alambiquées au-dessus des frondaisons. Rien ne bouge, pas même le miroir doré de la mer, au loin. Seules quelques mésanges osent parfois rompre ce silence.

Estérel, février 2022.

Nuit des étoiles

S’allonger, un soir d’été, dans la fraîcheur du jardin. Plonger le regard dans l’immensité. Se tourner vers l’ouest, où le ciel rougeoie encore un peu. Regarder apparaître les premières étoiles. Reconnaître les deux Ourses et le W de Cassiopée. Identifier les trois étoiles du triangle d’été : Altaïr de l’Aigle, Deneb du Cygne et Vega de la Lyre. S’exercer, à mesure que le ciel s’assombrit, à percevoir des détails plus subtils. Distinguer les draperies laiteuses de la voie lactée. Repérer les satellites artificiels qui traversent le ciel, trahis par leur vitesse. Contempler l’univers, son apparente sérénité, en prenant part à l’infini. Écouter les criquets et le hululement lointain du moyen duc. Attendre qu’enfin le spectacle commence : car voici que pleuvent les étoiles filantes, minuscules poussières à la longue traîne embrasée.

Gabriel Grossi, 13/08/2021.

Un sketch de mon cru

Aujourd’hui, je vous propose un « texte personnel ». Contrairement à l’habitude, il ne s’agit pas d’un poème mais d’une petite pièce de théâtre. J’espère que ce sketch sans prétention vous fera rire ! La pièce se joue avec trois personnages : un agent immobilier (dont le sexe est indifférent) et deux visiteurs, simplement nommés « Monsieur » et « Madame ». Cette visite de maison ne va pas se passer tout à fait comme ils l’imaginaient…

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À la montagne, le soir

Douceur d’une soirée à la montagne, en été. On promène entre les champs. On profite du calme revenu, du vent retombé, de la fraîcheur arrivée. On regarde paître les moutons, sous l’œil placide du chien de berger à moitié endormi. On s’émerveille de la jeunesse des agneaux, au pas encore incertain, qui cherchent à s’accrocher au téton de leur mère. On écoute le chant des grillons : plus tard viendra celui des grenouilles, entrecoupé du sifflement intermittent du moyen duc. Progressivement, entre les nuages encore roses, paraissent les premières étoiles.

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Paix des montagnes

Paix des montagnes, dans l’immobilité massive des roches, les lignes tracées par des siècles d’orogénèse et d’érosion. Paix des crêtes, aux architectures alambiquées, qui se découpent sur le ciel d’été. Paix des arbres, dans la stabilité des troncs et des lignes, dans la croissance de jeunes et douces aiguilles. Paix des fleurs, dans la volubilité de leurs formes et de leurs couleurs, qui puisent dans l’aridité des pierres de quoi faire naître un peu de grâce. Paix des lacs, miroirs des montagnes, où l’infini vient se refléter dans un peu d’eau claire. Paix des aigles, dans la lenteur de leurs mouvements, cercles de silence dominant les sommets. Paix des vaches, qui ruminent sur les pentes, presque sans mouvement. Paix des nuages, qui se déplacent sans menace, estompent les ombres, et jettent parfois sur tout cela un air froid. Et cette paix est joie, joie sans excitation, joie de la nature qui s’exprime dans le paysage de la montagne, dans un silence que ne perturbe que le cri farouche d’une marmotte.

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Le poète écoute

Le poète écoute. Qu’entend-il ? Ce sont des clameurs qui montent de la plaine. Il entend l’inquiétude et la détresse, les questions sans réponse et les prières, les cris, les peurs et les peines. Il entend la complainte de l’être humain, les coups du sort et de la maladie, les assauts de la mort, de la douleur et de la folie. Toutes ces voix se mêlent en un dissonant concert, où chacun crie et chacun appelle à l’aide. Il entend ces voix implorantes, ces torrents de larmes, ces vagues d’indignation, de colère et de peur. Il perçoit l’angoisse du monde, les violents noeuds du coeur et de l’âme, dont la rumeur sourde s’élève depuis la plaine, comme un nuage toxique de poussière, dans l’indifférence et le vacarme des grandes villes.

Le poète affirme : de cela, il faut rendre compte. Cela, il faut le dire. Le mettre en mots. La poésie ne peut pas, ne doit pas, faire comme si cela n’était pas. Sans quoi elle ne serait qu’un jeu trop facile pour grands enfants naïfs, qu’une façon en somme de maquiller le désastre sous le fard des belles phrases, qu’une forme du mensonge.

Le poète est cependant convaincu que son rôle ne s’arrête pas à l’enregistrement de la misère du monde, à la mise en forme, par toutes sortes de moyens, de la détresse. Il voudrait porter au-delà. Trouver et recueillir des parcelles d’espoir. Donner courage. Rappeler toute l’aide que peut apporter la beauté. Dire l’enchantement de l’aube et le ravissement du couchant. Rappeler le chant des oiseaux, la force massive des montagnes, la sérénité des fleurs, l’immensité de la mer. Évoquer la paix des étoiles, les soirs d’été. Faire entendre le silence de la neige. Laisser place à une parole de joie. Ce faisant, il n’essaie pas de faire oublier pas les cris et les larmes. Il ne prétend pas avoir de solution. Il n’entend pas faire la morale à qui que ce soit, ni donner la moindre leçon. Il dit ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il ressent. Il a trouvé, depuis longtemps, un titre pour ses poèmes : concordance.

Gabriel Grossi

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Best-of : retrouvez mes articles sur l’été

Le thème de l’été est fécond en littérature et en poésie. Profitons de ces temps de détente estivale pour (re)découvrir quelques articles qui abordent cette saison. J’espère que vous apprécierez cette petite sélection. Je vous laisse les découvrir, en vous souhaitant un bon et heureux été !

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Qu’il en soit ainsi

Il y a des moments où le cœur se contracte. On ne saurait sans ingratitude se dire malheureux. C’est juste que, par instants, la tristesse refait surface. Ce n’est pas quelque chose d’insurmontable. Il s’y mêle, malgré tout, de la tendresse. Cela arrive parfois par surprise. Une douleur qui, par moments, se rappelle à toi de façon plus insistante. Elle n’est jamais totalement absente, en arrière-plan, jouant discrètement quelques fausses notes dans la partition de ta vie. C’est là : quelque chose avec laquelle il faut composer. Ce n’est pas que tu sois triste en permanence. C’est comme ça : un état de fait auquel on ne peut rien changer. Cela se rappelle parfois à toi à un moment où tu ne t’y attendais pas, te laissant alors dépourvu pour y faire face. Cela ne te submerge pas longtemps : tu vis avec, faisant ton bonhomme de chemin, avançant dans la vie. Tu ne te débrouilles pas trop mal, justement parce que tu sais que, ayant vécu cela, cette perte-là, les autres problèmes de la vie sont, en comparaison, dérisoires. Alors, tu savoures la beauté de chaque instant avec plus d’intensité peut-être que tu sais combien ils sont précieux, ces instants de vie, dans la lumière et l’amour de ceux qui restent, tu sais que tu n’es pas seul et qu’il sera toujours là.

Cela s’estompe heureusement pendant les longues plages de soleil. Là, tu nages dans la lumière. Tes pas te portent auprès de l’eau : là où la mer se fait folle écume à l’assaut du ciel, là où le ruisseau se divise en fines cascades qui ruissellent sur les rochers, là où l’étang reflète l’immobilité des saules. Là, tu respires à pleins poumons, et s’estompe toute différence entre toi et le rocher, l’arbre, la flaque et même la mer. Il n’y a que la sensation du vent sur le visage, du soleil sur la peau, et le chant de l’eau, des feuilles et des oiseaux. Tu sais l’amour de ceux qui partagent cet instant avec toi, dans la transparence des coeurs si chère à Rousseau, cette simplicité chaleureuse et vraie, cette légèreté de chant d’oiseau. Il n’y a plus que le printemps. Joie.

Gabriel Grossi, mai 2021.

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