Archives du mot-clé Gabriel Grossi

Mes poèmes présentés sur Internet

Dans le cadre de la Fête virtuelle du Livre, qui est un événement international prenant place sur Internet, mon recueil Concordance a été présenté par Emanuela Rizzo, ambassadrice culturelle, et Alessio Zanichelli, spécialiste de littérature.

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Fleur d’hiver

Fleur des tropiques
Dans mon appartement
Loin des moustiques
Et de l'acomat boucan

Mais tu fleuris
Certes pas longtemps
Déjà tu flétris
Dans mon appartement

Peut-être rêves-tu
De vrais alizés
De clameurs tues
De saveurs brisées

Loin du colibri
Bel hibiscus rouge
Tu as fleuri
Là où rien ne bouge

Fleur anachronique
Loin de ton été
Tu as mis tes tropiques
Dans mon hiver glacé

Gabriel Grossi, dimanche 22 janvier, à cinq heures du matin.

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Vagues d’hiver

Parfois, tu t’en vas demander conseil à la mer. Ce n’est pas que tu attendes une réponse. Tu es simplement là, face à elle, dans la claire lumière d’hiver. Tu lui sais gré de ne rien dire, de ne pas répondre, de ne surtout pas formuler d’injonction condescendante. Elle est simplement là, avec son délire d’éclaboussures, un peu plus folle encore qu’à l’habitude, puisque, malgré l’absence de vent, elle a décidé de se déchaîner contre la grève, redoublant d’efforts à l’assaut du mur de la promenade, comme pour passer contre lui on ne sait quelle colère, multipliant les gerbes à chaque fois que la vague vient se briser contre les rochers. Tu ne sais quelle mauvaise humeur trouble ses eaux inhabituellement boueuses. Au-dessus, un soleil franc plane dans un ciel absolument limpide, que seul le passage d’une mouette vient parfois animer. Tu t’amuses de cet étonnant contraste. Il fait presque chaud, pour une journée de janvier, lorsque, en début d’après-midi, tu te joins aux nombreux passants qui, comme toi, promènent au bord de mer. Chacun contemple le caprice de la mer, cette rage d’éclaboussures et d’écume, cette débauche d’effets et de cris puérils, dans le calme étonnant d’une chaude après-midi d’hiver.

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Lisez mes poèmes en italien

Pour les besoins de l’interview qui aura lieu samedi prochain sur Zoom, à l’invitation d’Emanuela Rizzo, j’ai traduit huit de mes poèmes en italien. Je suis parti, comme base de départ, d’une traduction automatique, et puis j’ai modifié beaucoup, beaucoup de choses, jusqu’à arriver à une traduction qui me satisfasse. Ce n’est certes pas la meilleure méthode, mais c’est la seule qui était compatible avec mon emploi du temps. Je vous laisse juger du résultat.

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Je suis invité à parler de mes poèmes

Il y a quelques jours, j’ai reçu un message qui m’a fait grand plaisir. Il provenait d’Emanuela Rizzo, poétesse italienne de 44 ans, très présente sur les réseaux sociaux, et ambassadrice de la Fête virtuelle du livre. À ce titre, elle a souhaité m’interviewer lors d’un événement qui aura lieu en ligne, sur Zoom, le samedi 28 janvier, à 15 h 45. L’entretien, auquel sera également associé le jeune chercheur Alessio Zanichelli, portera sur mon livre de poèmes, et se tiendra à la fois en français et en italien.

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Mon recueil est recensé par la BnF !

Vous vous souvenez sans doute que je vous avais annoncé la parution de mon premier recueil de poésie. Aujourd’hui, j’ai appris avec bonheur que celui-ci était désormais officiellement reconnu par la Bibliothèque Nationale de France, et annoncé parmi les nouveautés du moment. Espérons que cela aidera à sa diffusion !

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Sérénité de la mer

C’est une aube encore grise par-delà la digue de rochers. Sous nos fenêtres, la mer, parfaitement lisse, s’étend au-delà du bruyant ballet des voitures. Elle étale son rideau argenté, que seul vient perturber le vol lointain d’une mouette. Elle n’a cure de nos soucis, de nos retards, de nos pas pressés, de nos bousculades et de nos cris. Elle n’entend pas le vrombissement de nos motos et nos coups de klaxon. Elle ignore nos petites inquiétudes et nos tracas, nos désespoirs et nos jérémiades, nos colères et nos jalousies. Face à la ville qui déjà s’agite, elle demeure impassible, nous offrant gratuitement sa leçon de sérénité. Tout au plus consent-elle parfois à refléter nos phares, nos réverbères et nos feux : cela ne l’affecte guère. Elle qui dialogue avec l’infini fait peu de cas de nos minuscules lumières. Malgré ce que peuvent laisser croire son écume, ses vagues et ses tempêtes, elle n’est pas d’humeur à s’emporter, si ce n’est en surface. Son pardon est aussi prompt que sa fureur. Ses ondulations ne sont pour elle que des rides superficielles. Elle peut paraître impassible, et pourtant elle est prête à accueillir, comme en son sein, le corps et l’âme du baigneur.

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« J’aime la chauve-souris et le crapaud »

J’ai retrouvé dans mon vieux disque dur un poème écrit en classe de troisième. Celui-ci, pour le coup, faisait partie des travaux de la classe. Nous avions étudié des poèmes de Victor Hugo où le poète faisait l’éloge d’animaux ordinairement détestés, et nous devions en produire à notre tour. Voici, donc, mon petit pastiche de Victor Hugo, écrit à l’âge de 13 ans.

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À la piscine, en avril

L’eau froide enveloppe notre corps. Elle serre, elle sangle. En même temps les rayons brûlent. Sensation paradoxale. Ne pas rester très longtemps, juste quelques brasses dans la pureté exacte. Prendre soin de l’horizontalité parfaite de la surface, atténuer toute irisation. Entrer d’un coup. Et tandis que nous ne respirons plus pendant une minute, nous nous laissons porter. Le monde n’a plus de directions, tout au plus quelques régions plus claires que d’autres. Sortir de l’eau comme nous y étions entré, sans remous, comme si l’on voulait que les perles ruisselantes sur le dos construisent un long manteau qui s’en irait rejoindre l’immensité liquide, comme si l’on voulait donner l’impression que la surface sécrète notre corps, comme un précipité, et que nous émergions dans le monde comme une excroissance de l’eau, comme un premier enfant vomi par la mer avec le devoir de conquérir la terre, comme si nous étions nous-mêmes une gerbe d’écume projetée au loin. Une langue d’eau relie encore notre corps émergé et la surface, cette enveloppe devient une immense traîne transparente et fragile, puis s’amincit chaque seconde jusqu’à finalement, fatalement, rompre, rejoignant alors la surface qui se creuse un instant, puis, ayant accueilli la goutte, se soulève en ce point précis, comme pour la renvoyer à nouveau vers le ciel, mais elle rejoint vite sa place et l’équilibre se rétablit. Nous conservons sur notre peau un peu de cette matière qui lentement s’égoutte.

Gabriel Grossi, mercredi 2 avril 2008

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Texte personnel (sans titre)

Ils attendent et leur patience est méritoire. Ils tournent leurs regards vers cela qu’ils ne parviennent pas à nommer. Ils s’en détournent néces­sai­rement, tôt ou tard, afin d’occuper leur existence. Engoncés dans des chaires hautes et profon­des, ils professent d’un ton doctoral des affirmations que pas même leurs maîtres n’admettraient comme certi­tudes. Du haut de leur roideur et de leurs rhumatismes, ils vénèrent quelques bibelots inutiles et mesurent la vérité de la justice à l’aune de la longueur de leurs moustaches entortillées. Ils attri­buent la plus grande importance aux règles édictées par un fou. On ne saurait pourtant leur en vouloir, car ils ne font que remplir de travail leur attente du jour où tout devrait être juste et clair et beau.

Gabriel Grossi, jeudi 14 février 2008.
Image d’en-tête : Pexels.

Poème exhumé : à vous de voter

En ce moment, je trie mes anciens poèmes et j’en écris de nouveaux, dans l’espoir de former un recueil qui tienne la route. Celui qui va suivre ne me satisfait que partiellement. J’en aime l’intention, la simplicité, la candeur. J’avais envie de montrer qu’on n’a pas besoin d’être « tourmenté » pour écrire un bon poème. Malgré tout, je le trouve un peu simpliste et fade.

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