D’une inquiétude contemporaine

La poésie française contemporaine me semble profondément marquée par une certaine inquiétude, parfois exprimée de façon très vive, parfois de façon plus diffuse. Cette notion, qui faisait partie des concepts centraux de ma thèse de doctorat, peut s’appliquer, moyennant des différences qu’il ne s’agit pas de gommer, chez un grand nombre de poètes contemporains. Je voudrais donc insister aujourd’hui sur cette notion.

Les causes de l’inquiétude

Commençons par affirmer que cette inquiétude n’a rien de spécifique à la poésie. Il me semble au contraire que ce sont les arts dans leur ensemble, et plus largement la société elle-même, qui est inquiète. Il y a, à cela, plusieurs raisons, plus ou moins immédiates ou au contraire lointaines.

Une Histoire mouvementée

C’est un truisme que de rappeler que l’Histoire du XXe siècle est ponctuée de conflits guerriers, de tragédies meurtrières, de catastrophes en tous genres. Des millions d’êtres humains ont péri, notamment au cours des deux guerres mondiales, qui ont profondément bouleversé ceux qui ont survécu. Le recours à l’arme atomique a révélé la capacité destructrice des hommes. Le génocide perpétré par les Nazis a montré combien l’être humain était capable de programmer, de façon rationnelle et ordonnée, la mort de millions de personnes. La deuxième moitié du siècle a vu se succéder conflits coloniaux, guerres d’indépendance, génocides et guérillas, un peu partout dans le monde.

À cela s’ajoute désormais la prise de conscience de l’action destructrice de l’Homme sur une nature de plus en plus mal en point. Au XXe siècle, les sociétés humaines prennent progressivement conscience que les activités humaines engendrent dégradation des milieux naturels, diminution de la diversité du vivant, détérioration de la qualité de l’air, de l’eau et de la nourriture. Les êtres humains se souviennent progressivement que, si la culture leur est devenue comme une seconde nature, il demeure impossible de se séparer tout à fait de ce sans quoi la vie n’est pas possible. On peut même se demander si l’art lui-même, réalité qui paraît à première vue strictement humaine, n’est pas beaucoup plus lié à la nature qu’on l’imagine au premier abord.

Bref, des raisons de s’inquiéter, il y en a beaucoup. Et les poètes, sensibles à cette ambiance générale, traduisent en mots cette inquiétude qui parcourt la société dans son ensemble.

Des causes plus lointaines

Couverture de l’essai de Hugo Friedrich, « Structures de la poésie moderne ».

Au delà de ces facteurs historiques, liés à la spécificité d’un monde contemporain en effet particulièrement tourmenté, il faut rechercher des causes plus lointaines.

Dans un essai intitulé Structures de la poésie moderne, paru en 1956, le critique allemand Hugo Friedrich parle d’inquiétude, de dissonances, de tensions, et cela, dès le XIXe siècle et la modernité baudelairienne.

L’ouvrage débute par l’observation d’une certaine obscurité dans la poésie moderne : les poètes des XIXe et XXe siècles ne sont pas d’un abord facile, et c’est précisément cela qui, selon Hugo Friedrich, attire et fascine le lecteur. La poésie est à la fois fascinante et hermétique, et c’est cela qui inspire au lecteur une certaine inquiétude. Hugo Friedrich emploie aussi, en ce sens, le terme de dissonance.

Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse seulement d’une « gloire d’être incompris » (expression employée par Baudelaire et reprise par Hugo Friedrich). Il me semble que ce n’est pas pour se donner l’air intelligent que les poètes sont parfois obscurs : c’est surtout parce que, loin de se contenter d’écrire pour « faire joli », ils associent leur activité d’écriture à une tentative d’exprimer des sensations, des idées, des perceptions, des jugements, qui ne vont pas de soi. Il y a, chez Baudelaire, chez Rimbaud, chez Mallarmé, et jusqu’aux poètes les plus contemporains, une volonté de déchiffrer le monde, de dire l’indicible, d’approcher l’insaisissable.

Citons Hugo Friedrich :

« Si le poème moderne s’occupe des réalités, celles des choses comme celles des hommes, ce n’est certes pas sur le mode descriptif, avec la chaleur du regard ou du toucher familiers. Il les conduit jusqu’au domaine de l’inhabituel ; il les rend étrangères, les déforme. » (p. 11)

Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de poèmes qui soient totalement déconnectés de tout rapport à la réalité. Cependant, la réalité est évoquée d’une manière qui sort des façons familières de penser. La poésie nous oblige à reconsidérer certains préjugés, à revoir nos schémas habituels de pensée, à porter un regard neuf sur le monde, d’où parfois une certaine étrangeté.

Hugo Friedrich remarque en outre que, depuis le dix-neuvième siècle, la poésie se décrit plus volontiers avec des catégories négatives que positives. Jusqu’alors, on pouvait faire l’éloge de l’harmonie, de la beauté, de la régularité, de la joie qui émanaient de tel ou tel poète ou du style de tel ou tel auteur. Désormais, on emploiera plus volontiers des catégories négatives. C’est le cas, par exemple, chez Lautréamont, comme le remarque Hugo Friedrich :

« Les caractéristiques qu’il énumère sont à peu près celles-ci : l’angoisse, le désarroi, la déchéance, la distorsion de tous les éléments, la prédominance du singulier, de l’exceptionnel, l’obscurité, les ravages de l’imagination, le sombre et le sinistre, les déchirements entre les contrastes les plus extrêmes, l’attrait du néant. » (p. 19)

Le critique allemand énumère ensuite des concepts qui se retrouvent, selon lui, dans la littérature critique sur la poésie moderne en Europe :

« dépaysement, dissolution des éléments quotidiens, disparition de l’idée d’ordre, incohérence, aspect fragmentaire, caractère interchangeable des éléments, style énumératif, poésie dépoétisée, fulgurances destructrices, images incisives, soudaineté brutale, dislocation, vision astygmatique du monde, distanciation, etc. » (p. 19)

On peut donc retenir de tout cela que l’on n’a pas attendu les grands ravages du vingtième siècle pour que les poètes manifestent une certaine inquiétude dans leur poésie, laquelle les conduit à s’écarter des représentations habituelles et familières du monde, au profit d’une vision, et donc d’une façon de s’exprimer, plus originales, plus étranges, plus dissonantes.

D’une inquiétude spirituelle

Il me semble que l’on peut voir un lien entre cette modernité poétique qui apparaît au XIXe siècle et le grand bouleversement introduit par la Révolution française, laquelle a montré que bien des choses que l’on croyait immuables et éternelles, donc rassurantes, étaient en réalité transitoires et contingentes. Plus largement, on peut y voir aussi une évolution qui prend ses sources dès la Renaissance.

Les Hommes découvrent ainsi qu’il peut exister d’autres organisations politiques que la monarchie absolue de droit divin. Ils se rendent également compte qu’il existe de par le monde d’autres façons de penser, de croire et de prier que celles qui avaient cours dans la société où ils vivaient. Les progrès des sciences imposent parfois de reconsidérer des dogmes et des traditions. Dès lors, les certitudes vacillent.

Aussi peut-on parler d’une certaine inquiétude existentielle et spirituelle, sans doute aggravée par un monde contemporain de moins en moins rassurant. Cette inquiétude a été notamment étudiée par Aude Préta-de Beaufort, le plus souvent, mais sans exclusive, chez des poètes croyants, pour lesquels avoir la foi aujourd’hui ne va pas de soi, et s’inscrit dans une démarche consistant à « habiter le monde » en pratiquant une poésie conçue à la fois comme « exercice spirituel » et comme « incarnation ».

La précarité poétique

Jérôme Thélot a consacré un essai à la Poésie précaire, en recourant au sens étymologique de cet adjectif lié au verbe latin precari, « prier ». Précaire est donc la poésie moderne, en ce qu’elle perpétue le geste de la prière dans un monde où croire ne va plus de soi. Plus largement, il me semble que l’on peut aussi utiliser le sens courant de cet adjectif pour souligner le fait que la poésie française contemporaine évoque la fragilité de la condition humaine.

Nous avons aujourd’hui conscience de n’être qu’une société parmi d’autres, membres d’une espèce animale parmi d’autres, sur une planète parmi d’autres, seuls peut-être dans l’immensité intersidérale. Comme disait Paul Valéry en 1919 : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »

Les réponses poétiques
à cette inquiétude

Face à cette inquiétude que tout le monde ressent de façon plus ou moins aiguë, comment les poètes vont-ils réagir ? Il me semble que l’on peut dégager plusieurs types d’attitudes, lesquelles ne sont pas exclusives les unes des autres, mais qui sont représentatives de la diversité du champ poétique contemporain. Je préviens tout de suite que ce qui va suivre est volontairement assez schématique, et qu’il ne faut pas y voir autre chose que de modestes repères. Les catégories qui vont suivre ne sont pas étanches les unes les autres, et rassemblent en leur sein des pratiques poétiques elles-mêmes très différentes.

Désenchantement, pessimisme et aggravation

Une attitude possible face à la prise de conscience de la fragilité humaine, de la cruauté du monde ou encore du refus de croire en un au-delà, est la production d’une poésie désenchantée, ou pessimiste, ou encore qui insiste davantage sur la laideur que sur la beauté, sur la tristesse que sur la joie, sur la dissonance que sur l’harmonie.

Voici ce qu’écrit Jean-Michel Maulpoix sur la poésie française des années soixante-dix :

« Directement marqués par le désastre de l’humanisme qui a accompagné le second conflit mondial, ces écrivains radicalisent le procès intenté au lyrisme. Ils affirment que la plupart des valeurs ou des vérités que l’écriture convoite sont hors de sa portée et que « toute tentative pour saisir de l’être est, en tant que telle, vouée à l’échec ». Ils ont conscience que la poésie n’est en définitive qu’un univers de signes et de simulacres. Ils récusent toute transcendance et s’en prennent aussi bien au discours subjectif qu’au mythe de la profondeur. Pour eux, il n’y a rien sous les mots: ni vérité, ni arrière-monde, ni divinité cachée. Manifestant le désir de rompre avec le lyrisme européen, ils “gèlent” la notion de “parole”. « 

Selon Jean-Michel Maulpoix, c’est donc bien une forme de désenchantement qui pousse les poètes de cette période à produire une poésie finalement bien peu « poétique » au sens ordinaire de ce terme. Ces poètes visent, toujours selon Jean-Michel Maulpoix, une « écriture froide, mate et feutrée qui mettrait la poésie en état d’hibernation et qui la poserait comme un pur travail logique sur le langage ».

Il y a, je crois, l’idée que la poésie au sens ordinaire de ce terme n’est plus possible. Il n’y a pas plus de magie poétique que de dieu dans le ciel. Cela ne concerne pas seulement le littéralisme des années soixante-dix, puisque cette tendance se retrouve, mutatis mutandis, dans l’aggravation des années quatre-vingt-dix. Citons encore Jean-Michel Maulpoix :

« Nous sommes là au plus près de  la tendance « trash » d’une certaine poésie française d’aujourd’hui, résolument anti-lyrique, mais qui ne se contente plus de dégonfler ou de mettre à plat le lyrisme : elle saisit le réel au plus bas, au plus ras, dans sa brutalité et son incohérence. Plutôt que du côté de l’écriture, elle se tourne à présent vers la mise en scène de textes trouvés : documents bruts, montages, ready made, magasins ou chantiers textuels, voire simples performances sonores, proches de ce qu’est l’installation en peinture. »

Il faudrait, mais ce n’en est pas ici le lieu ni le moment, étudier plus profondément les différentes manifestations et les divers partis-pris qu’impliquent ces différentes formes de désenchantement. Il faudrait aussi, sans doute, montrer que d’autres arts — roman, théâtre, peinture, sculpture, architecture, musique — reflètent également un certain pessimisme des artistes en général envers un monde qui semble menaçant par bien des côtés, voire parfois privé de sens. Dès lors, la tentation est forte pour les artistes, ne serait-ce que pour susciter une prise de conscience des lecteurs ou spectateurs, de noircir le trait, de peindre le monde plus laid encore qu’il n’est en réalité. Dieu est mort, le monde va à sa perte : il ne reste plus qu’à accélérer ce mouvement et à danser autour des décombres.

Le retrait hors du monde

Une autre attitude possible est de se retirer hors du monde, en privilégiant une poésie de l’art pour l’art, où les questions esthétiques prennent le pas sur les positions éthiques, politiques ou existentielles. On peut voir (sans que ce soit toujours vrai) dans ce retrait hors du monde une façon de se préserver des vicissitudes du réel.

Citons les fameux vers de Théophile Gautier, dans Émaux et camées :

« Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail. »

Le poète revendique ici une pratique virtuose de la poésie, où l’essentiel est d’exceller dans le maniement des mots, des vers et des rythmes. Citons encore Théodore de Banville, dans Les Stalactites :

« Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l’extase,
Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase »

La comparaison avec la sculpture souligne la volonté d’aboutir à une perfection formelle, laquelle se veut indépendante de toute autre préoccupation esthétique.

Raymond Queneau, Varie11, Wikipedia italien Raymond Queneau (Source : Wikipédia)

Même s’il s’agit d’une époque et de pratiques bien différentes, on peut se demander si un groupe tel que l’OuLiPo ne s’inscrit pas, lui aussi, dans une poésie qui privilégie la forme sur le fond, les découvertes formelles sur le message. Les membres du groupe sont en effet réunis autour de l’idée que la contrainte formelle est un puissant outil d’inventivité et de créativité. Cependant, on notera que des poètes tels que Queneau ou Roubaud ont produit des œuvres qui ne sont pas seulement des exercices de style, et qui disent malgré tout quelque chose du monde.

Plus largement, certains poètes qu’il est impossible de simplement considérer comme uniquement intéressés par la forme privilégient malgré tout dans leur réflexion poétique des questionnements qui placent le texte au premier plan. Pour Jean-Michel Maulpoix, dans les années soixante, à une époque de foisonnement théorique, « l’attention se détourne du paysage et se concentre sur l’écriture ».

La recherche d’une voie

Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Une troisième option est la recherche d’une voie, d’une issue, qui permettrait de dépasser cette inquiétude fondamentale. Autrement dit, il ne s’agit pas simplement de la dire par des procédés plus ou moins dissonants, mais de rechercher, à partir de ce constat, sinon une solution, du moins de quoi vivre ici bas. Cette posture peut être dite, si on veut, humaniste.

Je crois pouvoir distinguer trois sous-ensembles :

  • Les poètes qui attribuent une dimension spirituelle à leur pratique poétique, et notamment ceux qui se placent dans le sillage d’une religion, mais pas seulement : une poète comme Marie-Claire Bancquart se revendique athée tout en manifestant dans sa poésie une dimension cosmique qui, je crois, permet d’aller au-delà de l’inquiétude. Il faudra que je vous parle, dans un prochain billet, des recherches d’Aude Préta-de Beaufort sur cette poésie spirituelle.
  • Les poètes qui pratiquent une poésie engagée, au sens militant de ce terme, mais aussi sous différentes formes. Je pense à un poète comme Jean-Lux Despax, qui cherche « des raisons de chanter » dans un monde malmené par la quête du profit et traversé d’insupportables inégalités. Je pense aussi à un poète comme Patrick Quillier, qui poursuit actuellement l’écriture d’une vaste épopée du monde contemporain : la parole épique est par essence porteuse d’une voix où résonne le collectif, voire d’une voix qui contribue à forger un sentiment d’appartenance collectif.
  • Les poètes qui, sans revendiquer ni engagement politique, ni attachement spirituel, manifestent plus simplement un humanisme contemporain où la pratique poétique se confond avec la volonté de peindre la condition du monde tel qu’il est, sans la nier ou l’atténuer, jointe à une forme d’espoir, d’optimisme obstiné, qui permet finalement au poème de manifester aussi des instants de sérénité.

Jean-Michel Maulpoix a plusieurs fois cité un propos d’Yves Bonnefoy qui m’a beaucoup marqué. Celui-ci se trouve dans L’Acte et le lieu de la poésie, Gallimard, p. 202, et se retrouve cité par Jean-Michel Maulpoix dans Locturnes (1978, p. 81), puis à nouveau en épigraphe de La poésie malgré tout (1996, p. 7) et au sein de l’essai intitulé Adieux au poème (2005, p. 145) :

« Il faut, autrement dit, réinventer un espoir. Dans l’espace secret de notre approche de l’être, je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd’hui, et ne veuille chercher jusqu’au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir. »

Un espoir qui n’est donc pas acquis, donné d’emblée, mais qui est à chercher, non sans efforts, « jusqu’au dernier souffle ». Un espoir qui se construit, qui est à « réinventer ». Un espoir qui ne va pas de soi, fragile sans doute, sans cesse menacé par les nouvelles d’un monde tourmenté où se succèdent catastrophes et tragédies, mais un espoir quand même, malgré tout.

Je pense ici au « Et, néanmoins » de Philippe Jaccottet, au « malgré tout » de Jean-Michel Maulpoix. Au lyrisme minimal et simple, mais très authentique, d’un Antoine Émaz. À la parole volontairement un peu boiteuse, mais très touchante, d’un James Sacré. À la disponibilité d’une Marie-Claire Bancquart aux choses et aux êtres, fussent-ils de simples insectes, mais considérés avec le cosmos entier en perspective. Au dépassement de la souffrance du deuil chez Philippe Jaccottet ou Béatrice Bonhomme. Surtout, au bleu de Jean-Michel Maulpoix. Sans ce bleu, le monde serait bien morne et gris.


Sources principales

  1. Friedrich, Hugo.Structures de la poésie moderne. Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, le XXe siècle. Traduit par Michel-François Demet. [Die Struktur der modernen lyryk, Rowohlt Taschenbuch Verlag, Hambourg, 1956]. Médiations. Paris: Denoël/Gonthier, 1976.
  2. Maulpoix, Jean-Michel. La poésie française depuis 1950. Présentation de la poésie contemporaine sur le site www.maulpoix.net.
  3. Préta-de Beaufort, Aude. La poésie comme exercice spirituel et comme incarnation, Aspects de l’inquiétude dans la poésie française de 1945 à nos jours, Synthèse des travaux en vue de l’habilitation à diriger des recherches. Sous la direction d’André Guyaux. Paris : Université Paris-IV Sorbonne, 2005.
  4. Thélot, Jérôme. La poésie précaire. Perspectives littéraires. Paris : Puf, 1997.

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15 commentaires sur « D’une inquiétude contemporaine »

  1. L’inquiétude et l’incertitude est le mouvement même de la juste écriture.

    « A partir de l’incertitude avancer tout de même. Rien d’acquis, car tout acquis ne serait-il pas paralysie ? L’incertitude est le moteur, l’ombre est la source. Je marche faute de lieu, je parle faute de savoir, preuve que je ne suis pas encore mort. » (Philippe Jaccottet)

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  2. La contrainte formelle ou celles qu’un poète s’impose plus ou moins intuitivement sont les pinceaux et spatules du peintre. Autant d’outils possédant leurs limitations, mais aussi leurs qualités lorsqu’ils sont manipulés par des mains, qu’elles soient expertes ou non.

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    1. Tout à fait. Après, il y a des poètes qui se sont fait une spécialité de jouer avec les contraintes (notamment les Oulipiens), d’autres qui ne placent pas cette dimension-là au premier plan (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas travail formel).

      Aimé par 1 personne

        1. Non, Georges Perec, Jacques Roubaud, Raymond Queneau ont aussi écrit des textes narratifs (qui tous ne relèvent pas nécessairement d’un travail spécifiquement oulipien). Quant à François Le Lionnais, c’est un mathématicien.

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  3. Vous citez Yves Bonnefoy : « Il faut, autrement dit, réinventer un espoir. Dans l’espace secret de notre approche de l’être, je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd’hui, et ne veuille chercher jusqu’au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir. »
    C’est là que je suis, oui! Et c’est pourquoi je viens d’écrire « Etre de Solitude » pour parler et lutter avec la Solitude et son sentiment, ainsi que de la souffrance des êtres chers. Au commencement, la souffrance et la révolte, puis la lutte et vient l’espoir (ou bien l’espérance, une petite espérance!). L’inquiétude et le doute sont liés à mon écriture, pendant et encore après, d’autant plus qu’il est très difficile de se faire publier en Poésie contemporaine!
    Denis Heudré me fait découvrir votre blog…Merci!
    Malgré tout, néanmoins, « les pensées traversent les corps des êtres…et la poésie est une pensée sur une aile d’oiseau, une aigrette blanche… » (c’est l’idée forte de « Chant de pensées », 2ème partie de mon « Etre de Solitude). Vous redonnez confiance en nos mots, en la force de la poésie, vous tous qui écrivez et publiez sur Internet et en petites maisons d’édition…. Françoise Sérandour

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