La conjugaison française, de l’école à l’université

Conjuguer les verbes français n’est pas toujours facile. La cause principale des difficultés, c’est le fait que la plupart des terminaisons verbales sont constituées de lettres muettes, obligeant à un apprentissage par cœur, l’oral n’étant ici d’aucune aide. Comprendre le pourquoi de ces formes peut aider à les mémoriser.

De l’école à l’université

Dans cet article, je voudrais établir une sorte de passerelle entre les savoirs élémentaires enseignés à l’école et les explications plus complexes qui ne viennent qu’à l’Université. Je me suis donc replongé dans mes cours de fac, en particulier ceux d’Isabelle Vedrenne, qui enseigne l’ancien français. Le but est de faire le lien entre ce que nous apprenons à l’école et ce qu’on enseigne dans les facs de lettres. Il me semble en effet important de comprendre que les « bizarreries » de notre conjugaison ne viennent pas de nulle part : peut-être leur mémorisation sera-t-elle d’autant plus facile que l’on comprend d’où elles viennent. Simultanément, je vais expliquer — sans redire ce que j’ai déjà indiqué dans des articles précédents — comment je m’y prends pour enseigner la conjugaison à mes élèves.

1. Observer des régularités

Feuilleter un Bescherelle peut vite donner le tournis ! Songeons qu’il faut un livre entier pour exposer tous les types possibles de conjugaisons. Il serait bien entendu impossible de retenir tout cela par cœur, si l’on s’y prenait de façon mécanique, c’est-à-dire sans chercher à comprendre. Or, on peut se faciliter grandement la tâche en remarquant qu’il existe des régularités, qui se retrouvent (presque) partout. Tout le problème étant, évidemment, ce « presque ».

1.1. Le principe de base de la conjugaison

Ce qu’il faut comprendre avant tout, c’est un principe général qui se retrouve à toutes les personnes, à tous les temps, à tous les modes : c’est par leur fin que les verbes varient. Cela peut paraître évident à des adultes, mais cela ne va pas nécessairement de soi pour des élèves. Il faut donc prendre le temps de montrer comment un infinitif se dévêt de sa terminaison d’infinitif (-er, -ir, -oir, -re) pour devenir un radical, puis va se conjuguer en s’accolant avec une terminaison (il est plus juste de parler de désinence).

J’utilise parfois avec les élèves une explication ludique trouvée sur Internet, selon laquelle l’infinitif (le verbe non conjugué) « dort » dans son dictionnaire. Quand il se réveille, il commence par enlever son pyjama (sa terminaison d’infinitif) : il est alors tout nu, c’est le radical. Puis il vêt sa tenue de travail : c’est la terminaison qui dépend du pronom avec lequel il va travailler, et du temps (passé, présent ou futur).

Afin de faire manipuler les élèves, j’utilise souvent des étiquettes pour leur permettre de les trier selon des critères à trouver (infinitif d’un côté, verbe conjugué de l’autre), de les découper pour séparer radical et terminaison. J’utilise parfois aussi des étiquettes en forme de puzzle pour leur faire assembler des radicaux et des terminaisons.

Voir aussi :
« Conjugaison : distinguer infinitif et forme conjuguée ».
« Découvrir la conjugaison au CE1 ».

Ce principe fondamental de la conjugaison remonte à loin, puisqu’il remonte au moins jusqu’au latin, d’où émane directement notre langue. Aussi retrouvera-t-on le même fonctionnement dans l’ensemble des langues latines telles que l’espagnol, l’italien, le nissart, etc. Dans la mesure où la langue anglaise se caractérise également par quelques reliquats de désinences (I go vs. He goes), c’est le grand ensemble des langues indo-européennes qui est concerné.

1.2. Des constantes à repérer

Avant de se préoccuper des exceptions et des différences qui opposent les différents tiroirs verbaux, il importe d’observer des régularités. Il y a ainsi des constantes récurrentes dont la mémorisation facilite ensuite grandement les apprentissages. On observe ainsi que, le plus souvent, et ce quels que soient le mode et le temps, la première personne du singulier se termine par un -s (plus rarement un -e), la deuxième par un -s, la troisième par un -t (plus rarement un -e), la première personne du pluriel par -ons, la deuxième par -ez, la dernière par -nt. C’est ce qu’on peut résumer dans cette carte mentale :

Une carte mentale pour retenir les principales désinences (image personnelle)

2. Le présent de l’indicatif

S’il est le tiroir verbal le plus utilisé, le plus polyvalent aussi (il permet de parler de bien autre chose que du présent), il n’est en revanche pas le plus simple, tant s’en faut. C’est même lui qui cumule les difficultés. Il arrive parfois que des parents d’élèves s’étonnent que l’on insiste sur le présent au CE1, au CE2, mais encore au CM1 et au CM2. Oui, mais c’est que les verbes enseignés ne sont pas les mêmes ! Il n’y a donc, en réalité, aucune stagnation.

2.1. Des désinences souvent muettes

2.1.1. Le premier groupe

Au premier groupe, la conjugaison du présent est assez vocalique, avec des -e aux première et troisième personnes du singulier. Ces -e ne se retrouvent qu’à cet endroit. Aux autres groupes et aux autres temps, les marques respectives du « je » et du « il » sont plutôt -s et -t. Il en résulte une grande homophonie des formes, la plupart des marques personnelles demeurant muettes : je chante, tu chantes, elle chante, ils chantent se prononcent de la même manière.

Comment expliquer ces terminaisons muettes ? Il faut passer par l’étymologie. Le présent de l’indicatif français hérite directement du présent de l’indicatif latin. Les latinistes se souviennent ainsi avoir appris par cœur : amo, amas, amat, amamus, amatis, amant. En latin, toutes les lettres se prononcent !

Dès le latin, on a déjà la marque -s caractéristique de la deuxième personne du singulier, ainsi que la marque -t typique de la troisième (mais qui a ensuite disparu en français pour les verbes du premier groupe). Même si l’on ne dirait pas, notre -ez vient directement du -tis latin : en effet, au Moyen-Âge, les copistes utilisaient la lettre Z pour transcrire le son [ts]. On le voit, la finale -nt passe directement du latin au français.

2.1.2. Le deuxième groupe

Au deuxième groupe, les lettres -iss- s’intercalent entre le radical et la terminaison. Il me semble que l’on peut considérer, au choix, qu’il s’agit d’un allongement du radical (finiss-ons), ce qui met en évidence le maintien de la terminaison -ons à tous les groupes, ou bien qu’il s’agit d’un allongement de la terminaison (fin-issons), ce qui met en évidence la régularité du radical fin- tout au long de la flexion. Mais le mieux, c’est encore de considérer que le verbe a trois morceaux : fin-iss-ons.

Tout ça pour dire que ce -iss- ne vient pas de nulle part. D’après mes notes de cours de fac, il vient d’un -sco- latin, que l’on retrouve en italien : io finisco. En ancien français, on avait les lettres -is- à toutes les personnes. Prenons l’exemple du verbe « guérir » (garir en ancien français) : gar-is, gar-is, garis-t, etc.

2.1.3. Le troisième groupe

Le troisième groupe est-il vraiment un groupe ? Une tradition scolaire est de le considérer comme un groupe « poubelle », tant on y trouve des conjugaisons diverses. Pour mettre de l’ordre dans tout ça, je présente généralement à mes élèves (de cours moyen uniquement) trois grands types :

  • un type en -t : je dors, tu dors, il dort, nous dormons, vous dormez, ils dorment.
  • un type en -d : je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent.
  • un type en -x : je veux, tu veux, il veut, nous voulons, vous voulez, ils veulent.

Ces formes me paraissent liées entre elles. Le -d n’est peut-être tout simplement pas une terminaison originale, mais simplement la dernière lettre du radical de prend-re. Ce qui, dans ce cas, donnerait, si on appliquait bêtement la règle : je prend-s, tu prend-s, il prend-t. Face à l’impossibilité de prononcer prendt, on aurait tout simplement enlevé le -t et laissé le seul -d. Je ne sais pas si, historiquement, ça c’est passé ainsi, mais en tout cas, ça me semble une façon simple de présenter les choses, et d’expliquer le pourquoi de ce -d si encombrant.

Quant à la forme en -x, c’est encore une fois la faute des copistes du Moyen-Âge. Ceux-ci utilisaient la lettre X pour transcrire les lettres « us ». Ils écrivaient ainsi chevax au lieu de chevaus (ce qui a donné, ensuite, l’orthographe moderne chevaux). Eh bien, c’est pareil pour la conjugaison des verbes vouloir (je veux), pouvoir (je peux), etc.

2.2. Des radicaux changeants

Si l’on a compris ce qui précède, on peut déjà conjuguer la plupart des verbes des trois groupes. Certains verbes résistent pourtant à ce cas général, tout simplement parce que le radical n’est pas aussi invariable qu’on voudrait. Et ces altérations de radical s’expliquent généralement par des phénomènes que la phonétique historiques peut tout à fait expliquer. Quelques exemples.

2.2.1. Devoir

Prenons le verbe devoir : je dois, tu dois, il doit, nous devons, vous devez, ils doivent. Ses terminaisons sont tout à fait régulières. Ce qui coince, c’est le radical, qui se présente, au présent, sous trois formes : doi-, dev- et doiv-.

En latin, le verbe se conjuguait de façon tout à fait régulière: debeo, debes, debet, debemus, debetis, debent. Mais l’accentuation n’était pas la même partout. À presque toutes les personnes, on accentuait sur la première syllabe. Celle-ci s’est alors diphtonguée et est devenue doi-. Au contraire, aux deux premières personnes du pluriel, on accentuait sur la deuxième syllabe, et non sur la première, laquelle ne s’est donc pas diphtonguée. D’où le radical dev-.

2.2.2. Être

Quant au verbe être, il était déjà irrégulier en latin. Je me souviens des explications de ma prof de latin, selon laquelle le radical ancien était la seule lettre S, à laquelle on ajoutait les terminaisons classiques (-m, -s, -t, -mus, -tis, -nt). Mais, le résultat étant imprononçable, on n’a pas les mêmes voyelles d’appui : parfois un U venant juste après le S, parfois un E venant juste avant. On a donc :

S-U-m → lat. sum → fr. suis
E-S-s → lat. es → fr. es
E-S-t → lat. est → fr. est
S-U-mus → lat. sumus → fr. sommes
E-S-tis → lat. estis → fr. êtes
S-U-nt → lat. sunt → fr. sont

2.2.3. Aller

Quant au verbe aller, c’est le plus irrégulier des verbes. Il mêle dans sa conjugaison des formes issues de trois verbes latins différents. Cela justifie pleinement son classement dans le troisième groupe, malgré sa terminaison d’infinitif en -er. J’avais consacré un article à ce sujet, aussi je me permets ici de simplement y renvoyer.

3. Le futur simple de l’indicatif

Une fusée pour évoquer le futur (Pixabay)

Le futur simple français ne vient pas du futur simple latin (amabo, amabis, etc.). Il provient en réalité d’une tournure utilisée en latin parlé, appelée le « futur périphrastique », consistant à rendre le futur par la formule « avoir à + inf ». Avoir à faire quelque chose, c’était bien sûr devoir le faire, et, chez les Romains, si l’on doit faire quelque chose, on peut être certain qu’on le fera. Cantare habeo, littéralement « j’ai à chanter », signifiait ainsi « je chanterai ». Par déformations phonétiques successives, l’expression est devenue cantarayyo puis, après encore plusieurs siècles d’évolution, notre moderne chanterai.

On explique souvent aux enfants que le futur se construit en ajoutant les terminaisons à l’infinitif, et non au radical. Ce qui fonctionne assez bien : chanter-ai, chanter-as, chanter-a, chanter-ont. L’explication historique que je viens de donner montre bien que c’est effectivement à partir de l’infinitif latin que s’est construit le futur français.

Évidemment, si cela marchait à tout les coups, ce serait trop facile. Et la difficulté vient non pas des terminaisons, lesquelles sont remarquablement stables pour tous les groupes, mais des radicaux, qui sont loin d’être aussi invariables qu’on voudrait. Il faut donc apprendre par cœur les conjugaisons du type je courrai, je verrai, je vaudrai, etc.

4. L’imparfait

4.1. Morphologie de l’imparfait

La morphologie de l’imparfait ne pose guère de problèmes. Les terminaisons sont les mêmes pour les trois groupes, si l’on excepte l’ajout de l’élément -iss- au deuxième groupe: -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.

Les élèves s’imaginent souvent qu’ils ont besoin de mémoriser une nouvelle conjugaison. En réalité, il s’agit des mêmes terminaisons qu’au présent (-s, -s, -t, -ons, -ez, -ent) auxquelles ont ne fait qu’ajouter un élément vocalique typique de l’imparfait : -ai- ou -i-. Il est donc important que les éléments constants aient été soigneusement repérés, ce qui permet d’éviter d’avoir trop de nouveautés à mémoriser.

On prendra toutefois garde à orthographier correctement les verbes en -ier et -yer, lesquels présentent au pluriel des graphies telles que nous skiions ou vous balayiez. En outre, les verbes en -cer et -ger maintiennent un son doux, ce qui implique de recourir à la cédille (je laçais) ou à un e d’appui (je mangeais).

4.2. De l’imparfait latin à l’imparfait français

Du point de vue étymologique, l’imparfait français provient directement de l’imparfait latin. Par exemple, le verbe aimer donnait amabam à la première personne du singulier. Cette forme a été transformée en amebam en latin vulgaire, par rapprochement avec les conjugaisons des autres groupes. Cette terminaison -ebam a ensuite évolué en vertu de phénomènes phonétiques, aboutissant à -oie qui est la forme attestée en ancien français. Entre le XIVe et le XVIe siècle, cette terminaison s’est prononcée [è] comme en français moderne.

Dans la séquence « oie », au XIVe siècle, le « e » final est encore prononcé, et il compte dans la métrique, au XV, c’est fluctuant et au XVI, il est rare. A mesure qu’il se prononce moins, on le remplace par un s à la fin du XIVe siècle (analogique de deuxième personne et d’autres temps). Ronsard considère encore que la graphie –ois est une licence poétique.

Il faut attendre le XIXe siècle pour que la graphie /ai/, qui rend mieux compte du son [é], vienne remplacer l’ancienne graphie /oi/, et c’est seulement dans le Dictionnaire de l’Académie de 1835 qu’on a pour la première fois des imparfaits en /ai/. Avant cette date, la graphie /ai/ apparaît déjà au XVIIIe siècle de façon sporadique.

5. Le passé simple

J’avais écrit, en janvier 2018, un article sur le passé simple, afin de réagir à un article de presse qui affirmait un peu trop vite que l’on n’enseignait plus aujourd’hui le passé simple à l’école, ce qui est bien entendu erroné. Les programmes de 2016 ont simplement étalé son apprentissage dans le temps, prenant acte du recul de ce tiroir verbal dans le langage courant : seules les formes de troisième personne — les seules réellement employées — étaient enseignées à l’école primaire, le reste étant renvoyé au collège. Depuis, les « Ajustements aux programmes » parus en 2018 ont réinstauré un apprentissage complet du passé simple dès l’école élémentaire.

Dans cet article, je montrais que, si le passé simple est assez difficile à mémoriser avec ses terminaisons assez différentes des autres temps verbaux, les choses se sont cependant beaucoup simplifiées par rapport à l’ancien français. Je me permets donc de vous renvoyer à cet article pour de plus amples informations.

6. Le conditionnel

Le conditionnel, désormais considéré comme un temps de l’indicatif, n’est pas très difficile à mémoriser, une fois que l’on a solidement acquis l’imparfait et le futur. On retrouve en effet le radical du futur et les terminaisons de l’imparfait : j’aimer-ais.

6.1. Le conditionnel n’est pas le futur

Si je prends cependant le temps de consacrer quelques lignes au conditionnel, c’est que j’ai constaté, plusieurs fois, et chez des personnes différentes, une certaine tendance à employer, fautivement, le conditionnel là où un futur simple eût bien mieux convenu. On m’a parfois écrit, par exemple, des phrases comme Je viendrais te voir demain à dix heures. L’s final est bien entendu superflu.

Une façon simple d’éviter cette erreur est de transposer à la deuxième personne. Si on obtient Tu viendras, c’est qu’il s’agissait de futur, et on écrira Je viendrai. Si on obtient Tu viendrais, c’est qu’il s’agissait de conditionnel, et on écrira Je viendrais.

6.2. « Les scies n’aiment pas les raies »

Il faut aussi rappeler que les propositions subordonnées hypothétiques doivent être rédigées à l’indicatif, quand bien même le verbe principal est au conditionnel. On n’écrit pas : Si je serais riche, mais bien Si j’étais riche.

Cette règle est parfois traduite, par des besoins de simplification, dans les termes suivants : les « si » n’aiment pas les -rais. Cependant, cette façon de présenter les choses n’est pas tout à fait exacte, dans la mesure où l’on peut employer le mot si ailleurs que dans des propositions subordonnées hypothétiques.

Le Trésor de la langue française informatisé, très sérieux dictionnaire mis en ligne par le CNRTL, cite ainsi Chateaubriand :

« Les Barbares, afin d’éprouver si leurs enfants seront vaillants un jour, ont coutume de les exposer aux flots sur un bouclier« 

On trouve de même, chez Jules Renard :

« Je verrai, se dit-il, si j’aurai plus de succès« 

Chateaubriand et Renard emploient un futur, donc une forme en -R-, après le mot « si ». Quant à Quéffélec, il emploie le conditionnel :

« Qui sait si refuge, loin d’être la prière, ne serait pas la folie?« 

Ou encore chez Proust :

« Le soir où je l’avais appris (…), j’envoyai (…) notre jeune valet de pied s’informer si cette dame emmènerait à Balbec sa camériste« 

En effet, le mot « si » n’introduit pas ici une proposition subordonnée hypothétique, mais une proposition subordonnée interrogative indirecte. Or, il me semble que, dans ce dernier cas, il n’est pas de mise d’éviter à tout prix les formes en -rais.

Encore un exemple fourni par le CNRLT :

« Tiens, regarde si j’aurais pu te faire beaucoup de mal(…) »

Bref, pour résumer, on dira :

« S’il venait, je serais très content. »

Mais en revanche, je ne crois pas qu’il soit interdit de dire :

« J’ignorais s’il viendrait. »

Dans cette dernière phrase, le mot « si » n’introduit pas une subordonnée hypothétique mais une interrogative indirecte. Elle peut se paraphraser ainsi : Au moment dont je parle, je ne savais encore rien de sa venue. Si je dis J’ignorais qu’il viendrait, il y a une petite nuance : Au moment dont je parle, je ne savais encore rien de sa venue, mais, entre temps, il est finalement venu.

*

Bref, j’espère que cet article a atteint son but, à savoir faire le lien, en matière de conjugaison, entre les savoirs élémentaires enseignés à l’école et leur justification complexe telle qu’elle est enseignée à l’Université. Il me semble en effet utile de comprendre le pourquoi de notre conjugaison qui n’est pas toujours aisée à mémoriser. Bien entendu, j’ai tenu ici à rester le plus simple possible, et l’objectif premier de cet article reste la vulgarisation. Il est toujours possible qu’une erreur se soit glissée ici ou là : aussi voudrez-vous bien m’en informer si tel était le cas, et j’apporterai les modifications nécessaires. Je voudrais terminer en remerciant chaleureusement mes profs de grammaire, qui, à l’époque où j’étais étudiant, m’ont appris beaucoup de choses et m’ont transmis le goût de l’étude de la langue. Je conserve précieusement les notes que j’avais prises à l’époque, et celles-ci m’ont aidé à rédiger cet article.

2 commentaires sur « La conjugaison française, de l’école à l’université »

  1. Gabriel, vous pouvez enlever « sans doute » dans la phrase suivante : « c’est sans doute le grand ensemble des langues indo-européennes qui est concerné. ».
    Mais où est passé le pluriel dans : « quel que soit le mode et le temps » ? 😉
     » loin s’en faut » : c’est « tant s’en faut ».
    Aïe, les doigts qui glissent ! Ce n’est pas le « CNRLT », mais le « CNRTL ».
    « Il faut aussi rappeler que les propositions subordonnées hypothétiques doivent être rédigées à l’indicatif, quand bien même le verbe principal est au conditionnel. » : mais vous dites, deux ou trois paragraphes plus haut, que le conditionnel est considéré aujourd’hui comme un temps de l’indicatif. Donc, votre phrase « quand bien même le verbe principal est au conditionnel » n’a pas lieu d’être, non ?
    Sinon, c’est un très bon article, vraiment. Mais je suis soufflée de la façon dont il faut mâcher le travail aujourd’hui : mes institutrices n’avaient jamais développé à ce point, elles nous indiquaient tout simplement les terminaisons, et on suivait. Autre temps, autres mœurs, mais bon …
    Bravo encore, Gabriel, c’est très bien, bien complet, et parfait pour les références au latin et à l’ancien français.

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