La supplique d’Emmanuel Godo

Être ému, presque jusqu’aux larmes, par un poème, est un délice assez rare. Cela m’est arrivé, ces derniers temps, en écoutant, dans l’église d’Aiglun, le poète Emmanuel Godo lire sa « Supplique pour mourir dans un merci », un poème extrait de Je n’ai jamais voyagé (Gallimard, 2018). Lorsque cela arrive, il importe de relire, par la suite, le poème, avec attention, à tête reposée, et de chercher à rendre compte de cette émotion. Je vous propose donc aujourd’hui un modeste commentaire de ce poème.

Une authenticité absolue

Si ce poème est extrêmement émouvant, c’est avant tout par son authenticité absolue. Le poète s’y exprime à la première personne, en son nom propre, dans une position énonciative bien particulière, puisqu’il s’agit d’une « supplique », d’une prière, qui nous situe à l’heure de la mort. Cette proximité avec la mort, — construite par le langage puisque, fort heureusement, Emmanuel Godo se porte bien, — oblige à une sincérité absolue. Avec la mort, on ne triche pas. Cette position énonciative implique d’aller à l’essentiel, de se départir de tout ce qui pourrait n’être que bavardage, détour, écran de fumée. La mort remet les choses en perspective, nous dévêt de tous nos oripeaux, et nous oblige à avancer nu.

Et, à l’heure de la mort, la seule et unique prière que formule Emmanuel Godo n’en est pas une. Il ne demande rien : il remercie. Le poème tout entier n’est que cela, l’expression d’un remerciement, si bien que, en un sens, il peut se lire comme l’amplification du verset initial :

"Je voudrais au moment de mourir avoir encore suffisamment de vie en moi ou de souffle ou de lumière pour pouvoir dire merci"

Le remerciement est, en un sens, le contraire de la prière : il ne s’agit pas de demander, de réclamer, d’exiger mais au contraire de louer, de rendre grâce, de témoigner de la reconnaissance. Remercier, c’est donc la prière ultime, puisqu’il ne s’agit plus de demander le bonheur ou les moyens d’y parvenir, il ne s’agit plus de vouloir attirer à soi la fortune, l’amour ou la santé, mais d’accepter les choses telles qu’elles sont, et d’arriver au seuil de la mort avec une absolue satisfaction.

La dynamique de la prière

Et ce qui est particulièrement émouvant dans ce poème, c’est la façon dont ce remerciement s’amplifie jusqu’à occuper plus de trois pages (du moins dans la version informatisée dont je dispose). L’absence de ponctuation donne l’impression d’un souffle continu, relancé par l’anaphore de « Je voudrais » — j’ai compté sept occurrences dans le poème — jusqu’à ce que le remerciement atteigne une dimension d’absolu. On peut observer, en effet, une progression à travers ces reprises.

Il s’agit, dans un premier temps, de « dire merci » :

"Je voudrais [...] pouvoir dire merci
Dire merci pour tout ce qui m'aura été donné"

L’expression de la gratitude est mise en évidence par la répétition de l’expression, elle-même soulignée par le retour à la ligne. Le choix d’une périphrase englobante « tout ce qui m’aura été donné » marque d’emblée l’ampleur de ce remerciement. Le futur antérieur passif balaie tout l’espace de la vie vécue, considérée à partir de son terme final.

La deuxième occurrence du « je voudrais » amplifie ce « merci » à travers son « écho » :

"Je voudrais faire entendre ce merci
Et qu'un écho de ma gratitude puisse redonner du courage
À celui qui ne voit plus le sens de ce qu'il vit
À celui que sa peur fait regarder du côté de la nuit sans lune
Là où les chants se perdent"

Le terme même d’écho montre bien que ce chant de gratitude est voué à résonner, à s’amplifier jusqu’à atteindre d’autres personnes que le poète lui-même. Il ne s’agit plus d’un simple merci, mais d’une onde d’amour et de confiance qui vient toucher les âmes en peine. L’anaphore de la périphrase en « celui qui/que » fait apparaître l’individu moins avancé sur le chemin, en proie au doute et à la peur, que la parole poétique vient réconforter, consoler.

Si le poète dit ainsi merci à la vie qu’il a vécue, c’est ensuite la mort elle-même qui se trouve remerciée :

"Je voudrais pouvoir remercier jusqu'à la mort
Entends-tu bien
Jusqu'à la mort
Qui fera taire à jamais le bruit inutile [...]"

En apostrophant vigoureusement le lecteur, Emmanuel Godo montre bien ce que ce remerciement a d’absolu. Voici donc que la mort, ordinairement rejetée et crainte, est ici embrassée avec sérénité, et remerciée comme l’occasion de pénétrer dans un monde de silence, de « douceur » et d’amour.

La quatrième occurrence de « Je voudrais » amplifie à nouveau ce remerciement en l’adressant, dans un beau rythme ternaire, « à chacun des êtres des objets des lieux ». L’absence de toute ponctuation englobe ces trois réalités dans une même totalité, reflets « de la joie éternelle ». La phrase est elle-même relancée par la double répétition de l’infinitif « dire merci » :

"Je voudrais à l'instant de mourir avoir le temps encore d'adresser mon merci
À chacun des êtres des objets des lieux
Qui un jour m'ont donné un éclat de la joie éternelle
Dire merci à la maison d'enfance à l'ombre bleue sur la terrasse à la danse de liane de mes filles dans la poussière d'or du temps
Dire merci à la main qui m'a tenu la main dans la nuit de ma jeunesse
Et m'a sauvé de l'erreur"

Le choix de faire tenir sur le même vers, ou verset, l’énumération « à la maison d’enfance à l’ombre bleue sur la terrasse à la danse de liane de mes filles dans la poussière d’or du temps » permet de donner une impression d’accumulation, faisant se télescoper différents fragments vécus, présentés mais non racontés, avec leur part maintenue de mystère. La répétition du mot « main », jouant de la synecdoque, magnifie la force de l’entraide et de l’amitié. En somme, dans cette phase du poème, le remerciement se décline et s’énumère, successivement adressé aux êtres, objets, lieux, époques, personnes, amis auxquels le poète témoigne sa gratitude.

Les cinquième et sixième occurrences de « Je voudrais » vont jusqu’à fusionner la mort et le remerciement, qui ne sont plus qu’une seule et même chose :

"Je voudrais mourir dans ce remerciement
Et que ma vie n'ait été que cela
Un long merci murmuré en silence
Je voudrais que ma mort soit l'entrée dans cette immense gratitude
Dans cette paix qu'on dit de Dieu
Sans savoir ce que ce mot veut dire"

Jusqu’à présent, la supplique consistait à demander de disposer du temps nécessaire pour remercier avant de mourir. Désormais, il s’agit de « mourir dans ce remerciement », comme si la mort n’était plus ce qui venait compromettre le remerciement, mais ce qui en constituait le point d’orgue ou l’écrin. Reconsidérant rétrospectivement sa propre vie, le poète souhaite que sa « vie n’ait été que cela / Un long merci murmuré en silence ». Le merci s’étend donc à la totalité de l’existence. La « gratitude » est désormais ce vers quoi on « entre » par la mort, cette « paix » que le mot de « Dieu » ne permet pas tout à fait de définir, mais qui suffit à lui imprimer une dimension absolue. Le « merci » et la « paix », autant dire le Paradis, ne font qu’un : peut-être que se montrer capable de cette gratitude absolue est en soi la béatitude suprême.

« Je voudrais vivre ma mort comme une chance », dit Emmanuel Godo dans la septième et dernière occurrence de cette anaphore. Renversant l’opinion commune, la mort n’est plus un sujet de crainte, elle n’est plus redoutée mais embrassée comme l’occasion de se fondre dans le « souffle d’amour », dans l’amour divin.

La mort consentie

Cette supplique me touche ainsi en ce qu’elle dessine un rapport parfaitement paisible avec la mort. Loin d’être redoutée, loin d’être considérée comme une limite ou une privation de monde, celle-ci apparaît comme « la grande gloire de l’amour sans fin », comme « l’esprit du commencement ». Elle ne nous prive pas de nos proches, des êtres que nous aimons, puisqu’elle est le lieu « où nous nous retrouverons ». Elle est associée à la « paix », à la « douceur », dans un total lâcher-prise, une acceptation absolue.

Signe de ce consentement, l’isotopie du silence et du calme qui parcourt tout le poème. Emmanuel Godo parle de « faire taire à jamais le bruit inutile » : la mort, loin d’être un mal, retranche le superflu de l’existence, apaise les vaines rumeurs. L’amour y a lieu « sans cri et sans malentendu », peut-être parce que les âmes y communiquent directement sans avoir à traverser la barrière du corps. Le poète dit encore que le merci est « murmuré en silence », comme si les mots n’étaient plus nécessaires.

Ce consentement à la mort est illustré par le récit d’un rêve qui se lit comme une sorte de parabole, récit dont le déroulement importe moins que le message qu’il propose de façon imagée :

« Et j’ai souvent fait ce rêve
D’être perdu dans l’océan après un naufrage
Porté par une vague qui allait m’engloutir
Et la lutte était loyale
Le combat pour vivre fait avec toute la rage requise
Jusqu’au moment où il fallait se laisser couler
Dans la joie indescriptible du drap qui retombe sur la hanche de l’aimée
Joie un peu effrayante vue d’ici
Quand on la considère depuis cette mort 
Bien organisée
Qu’on appelle la vie »

Le naufragé commence par se débattre, par lutter contre les éléments déchaînés, avant de lâcher prise. Les allitérations en [r] et en [t] soulignent la « rage » de ce « combat », par opposition aux [l] fluides « où il fallait se laisser couler ». La vague dangereuse devient alors un « drap », substituant la douceur à la tempête. La référence à la « hanche de l’aimée » insère une note sensuelle, comme si celle-ci était le seul moyen de rendre compte d’une « joie indescriptible ». On assiste alors à un changement de point de vue, un renversement de la doxa : ce qu’on appelle ordinairement « la vie » n’est qu’une « mort / Bien organisée ». Ce qui suppose que la vraie vie ne commence qu’ensuite. Aussi cette « joie indescriptible » demeure-t-elle « un peu effrayante » quand on la considère depuis un simple point de vue humain.

La mort n’est ainsi pas un terme mais une « entrée », un passage (le poète évoque aussi les « portes » de la mort). Cette conception est, bien entendu, celles d’un grand nombre de traditions spirituelles, pour ne pas dire de toutes, dont, évidemment, le christianisme. Ce qui est intéressant, ce sont les images qui disent ce passage dans ce poème. Il y a, d’abord, celle de l’éléphant dans un magasin de porcelaine, et ensuite celle du chas de l’aiguille.

"Je voudrais vivre ma mort comme une chance 
Celle de pouvoir me faufiler à la manière d’un éléphant 
Devenu soudainement spirituel
Dans ce magasin de bone china
Qu’est la vie invisible
Quand on ne la comprend plus"

L’éléphant, animal massif par excellence, symbolise l’être encore mal dégrossi, maladroit, puisqu’il découvre un monde nouveau, beaucoup plus subtil, symbolisé par le « magasin de bone china« , c’est-à-dire de porcelaine à la cendre d’os, caractérisée par sa fragilité. Le choix du verbe « se faufiler » donne l’impression que l’être est, ou du moins se perçoit, comme un intrus dans ce monde spirituel.

L’idée de « se faufiler » apparaît à nouveau dans l’image du chas d’une aiguille :

"[Je demande] que réduit au dernier souffle du souffle
Je puisse passer dans le chas de l’aiguille
Pour entendre enfin dans la chambre que je croyais vide
Le souffle d’amour qui m’y attend"

On n’entre pas dans la mort par un large portail mais par « le chas de l’aiguille », espace microscopique dans lequel il s’agit de se faufiler. C’est suggérer que l’accès à la « chambre », métaphore probable du paradis, ne va pas de soi : il demande une ascèse, une forme de dépouillement, jusqu’à pouvoir passer par un si petit interstice. Cela me fait penser à la mythologie égyptienne où l’on dit que les âmes des morts sont pesées, leur poids ne devant pas excéder celui d’une plume. C’est alors que l’extinction du « dernier souffle du souffle » laisse place à un nouveau souffle, le « souffle d’amour ».

L’Amour

Le poème est tout entier orienté vers « la grande gloire de l’amour sans fin ». Il s’inscrit en effet dans la tradition spirituelle chrétienne, où Dieu est Amour. Il s’assimile à une « joie éternelle », une « immense gratitude », une « paix […] de Dieu ». Le poète précise « sans savoir ce que ce mot veut dire », évitant ainsi tout dogmatisme. Dieu ne peut être décrit ni représenté avec exactitude, mais il peut en revanche être imaginé, déguisé en passant anonyme que nous croiserions sans le reconnaître :

"Il est possible que Dieu soit reconnaissable à l’amour qu’il donne
Comme un invisible sur le quai de la gare
Que personne n’attend et qui jette au hasard son pauvre désir d’être aimé
Et devant qui l’on passe 
Sans jeter un regard"

À travers cette brève fable, Emmanuel Godo décrit un amour qui se donne, à tous et à quiconque, en toutes circonstances. Ce n’est pas un amour que l’on doit mériter particulièrement : il est offert à tous, « au hasard ». La comparaison avec « un invisible sur le quai de la gare » en dessine une image humble. Impossible de ne pas penser à ces citations bibliques célèbres : « Les derniers seront les premiers » ou encore « Heureux les pauvres en esprit ». Saint François d’Assise parlait quant à lui de « l’humilité de Dieu ». C’est bien cette idée qui transparaît dans l’évocation d’un personnage anonyme, d’une sorte de paria, d’un être abandonné, « que personne n’attend ». On peut lire le « pauvre désir » comme une hypallage, la pauvreté caractérisant davantage le personnage lui-même que son désir. Ce personnage en quête d’amour est d’autant plus touchant qu’il est ignoré, méprisé par les autres. En toute humilité, Emmanuel Godo, loin de se poser en donneur de leçon, se range du côté des fautifs qui n’ont peut-être pas aimé autant qu’il aurait fallu :

"Je ne sais pas si j’ai fait signe comme il convenait que je le fasse
Au Dieu si mal aimé par ses amants eux-mêmes
Mais je sais que c’est son amour qui me portera
Aux portes de la mort
Et me les fera franchir"

S’exprime ici une confiance absolue dans cet Amour divin qui permet de « franchir » en toute sérénité les « portes de la mort ». Un amour qui a accompagné le poète toute sa vie :

"Cet amour
Dont j’ai senti à toute heure la présence
Comme un vent léger sur mes fièvres"

Cet amour est le seul bien que l’homme conserve dans la mort : il se dépouille de tout le reste comme d’autant de faux-semblants désormais inutiles. Les « fièvres » appartiennent au passé et ne reste que le « vent léger » de cet amour.

"Les idées tomberont d’elles-mêmes
Les faussement lumineuses
Le trésor de croyances des intelligences aux mains sèches 
Les beautés qui sonnaient creux
Les crispations sur des ironies très lointaines
Et ne restera plus à la fin
Que ce remerciement
Ce chant de célébration
Cette joie d’avoir été là
D’avoir cherché à ne jamais perdre
Le fil de cet amour
Comme un centenier qui court pour ne pas manquer l’heure
Du rendez-vous"

L’énumération permet d’opposer tous les faux-semblants à la seule vérité qui tienne, ce « remerciement », cette « joie ». Emmanuel Godo suggère aussi que, à l’approche de la mort, ce ne sont plus les « idées » qui importent, comme si la rationalité ne pouvait pas réellement approcher cette « joie ». C’est ainsi que les « intelligences » ont les « mains sèches » : le poète suggère l’aridité de la pensée rationnelle. Toutes nos idées, nos certitudes, nos croyances aussi bien, l’être s’en dépouille au moment de la mort, et il ne reste que le « chant de célébration ». La seule chose qui importe réellement au cours de la vie, c’est de rester en contact avec « l’amour » de Dieu, et c’est ce que dit l’image du « fil » : le poète a « cherché à ne jamais perdre / Le fil de cet amour ». Cette image traduit une certaine connexion avec le divin, une rencontre qui apparaît comme un « rendez-vous » à ne pas manquer. D’où la comparaison avec un « centenier », terme biblique désignant un centurion romain, à savoir « le centurion de Capharnaüm » ou celui qui « a assisté au supplice de Jésus ».

Vivre la mort jusqu’au bout

Emmanuel Godo rêve qu’à l’heure de la mort, « il nous reste accrochée à l’âme / Une sorte de désir de danser / Qui serait notre façon de rester fidèle à la promesse / jusque dans les ruines ». Cette image de la danse renvoie bien sûr à l’idée d’une mort qui se produirait dans la joie et non dans la tristesse. Mais il n’y a pas que cela. Dans de nombreuses traditions, la danse est associée au sacré, à la célébration. La danse dit la légèreté du corps et, partant, de l’âme. Il s’agit de maintenir la joie « jusque dans les ruines », autrement dit malgré les ravages de l’âge ou de la maladie.

Et cette mort, le poète veut la vivre jusqu’au bout :

« Je fais une supplique
Pour qu’on ne me prive d’aucun des instants
De cette mort
Je demande avec la solennité du testament
Qu’on ne me vole pas ma mort
Qu’on me laisse la vivre
Dans toutes ses douleurs
Pour qu’elle fasse taire une à une
Toutes mes morts »

Ce passage est particulièrement émouvant. Il témoigne d’un très grand courage, puisque le poète ne se dérobe pas face aux « douleurs » qui précèdent parfois la mort. Ce passage possède également une dimension politique, puisqu’il remet en question la pratique, désormais courante, d’une atténuation médicale des souffrances de la mort. La mort, pour Emmanuel Godo, doit être vécue jusqu’au bout, de façon consciente. Cette demande est exprimée de façon très forte par la répétition (« Je fais une supplique […] Je demande ») et par la précision « avec la solennité du testament ». On ne saurait être plus clair : ce ne sont pas des paroles en l’air. Le recours aux anesthésiants serait un véritable « vol ». On remarquera la présence en fin de vers des mots « mort » et « vivre », qui met en valeur cette revendication. On notera aussi la distinction entre « ma mort » et « mes morts », la possibilité de vivre pleinement sa mort étant perçue comme le seul moyen de faire « taire une à une / Toutes mes morts ». Il y aurait donc des « morts » plurielles, qui continueraient de peser tant qu’on n’a pas traversé consciemment la « mort » au singulier. C’est alors que le poète pourra rejoindre le « souffle d’amour » divin, dans un ultime merci.

*

Sans doute notre société occulte-t-elle trop fréquemment la mort, dans un réflexe somme toute bien compréhensible mais finalement bien peu courageux. La poésie, l’art en général, sont marqués par une tradition du memento mori qui permet de redonner à la mort sa place, et le poème d’Emmanuel Godo inclut à son tour la mort dans la vie. Celle-ci n’apparaît plus comme une limite, un terme, un anéantissement, mais bien comme un passage, un voyage vers un autre monde. Si ce poème manifeste la foi du poète, il n’impose aucunement au lecteur de partager les mêmes croyances. Aucun dogmatisme, donc, mais une très émouvante conviction en l’existence d’un Amour divin, comparable à un « vent » qui allège l’existence en la transcendant. Et si le poète adresse une supplique, une prière, ce n’est pas pour réclamer, pour demander, encore moins pour exiger, mais bien pour remercier. On voit l’être se dévêtir de tout l’inutile et l’accessoire, afin de n’être plus que ce merci qui finit par ne faire plus qu’un avec l’Amour divin. Entendre ce poème de la bouche même d’Emmanuel Godo, dans une église qui plus est, a été pour moi bouleversant.

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3 commentaires sur « La supplique d’Emmanuel Godo »

  1. Commentaire reçu de la part d’Emmanuel Godo :
    « Cher Gabriel, je te remercie pour ta lecture de cette Supplique écrite effectivement par un bien-portant qui se projette en esprit vers l’instant ultime. Sans savoir s’il aura la force de ce merci qu’il rêve de pouvoir dire. Cette gratitude est fondamentale dans mon geste d’écriture. Merci infiniment de ton commentaire tout en nuances. »

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