Archives du mot-clé littérature française du XIXe siècle

Connaissez-vous « Massimila Doni » ?

Honoré de Balzac, comme sans doute aussi Victor Hugo, quoique pour des raisons différentes, souffre quelque peu de sa réputation. Écrivain prolifique et ambitieux, Balzac aimait à comparer sa Comédie humaine à l’État civil. C’est dire la dimension totalisante d’une œuvre qui prétendait embrasser l’ensemble du réel et en rendre compte avec objectivité. Cet aspect « réaliste » ne fait pas franchement rêver : c’est pourtant souvent celui par lequel on commence à présenter Balzac. En rester là revient à dresser un portrait austère qui ne rend pas justice au génie l’un de nos plus grands romanciers. Il y a, chez Balzac, de l’humour, de la tendresse, de l’exotisme, de l’aventure, de l’espionnage, de la fantaisie, et même du fantastique. Je voudrais aujourd’hui vous présenter Massimila Doni, qui n’est pas l’un de ses romans les plus connus, et qui est pourtant digne d’intérêt.

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« Résignation » : le sonnet inversé de Verlaine

L’audace dans l’innovation formelle n’est en rien une spécificité du vingtième siècle surréaliste ou oulipien. On peut penser aux Grands Rhétoriqueurs qui, au XVe siècle, firent preuve d’une grande virtuosité. Plus près de nous, je voudrais vous parler aujourd’hui de Verlaine, dont on loue plus souvent la musicalité et la douceur que la virtuosité. Il a pourtant eu l’audace d’écrire, entre autres choses, un sonnet phonétique, et, donc, un sonnet inversé. Celui-ci s’intitule « Résignation » et il fait partie des Poèmes saturniens.

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Les étoiles filantes de Victor Hugo

Si, par une nuit d’août, en un lieu quelque peu épargné de la pollution lumineuse, vous levez les yeux vers le ciel, vous ne manquerez pas d’observer quelques étoiles filantes. Ces petits cailloux, parfois de quelques grammes seulement, deviennent incandescents en pénétrant dans l’atmosphère terrestre, laissant dans le ciel de belles traînées lumineuses. Ce phénomène céleste à inspiré à Victor Hugo un beau poème, dont voici la première partie.

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Lire l’Éducation sentimentale

Je n’ai pas réussi à dépasser les premières pages de Madame Bovary. La raison tient moins à l’œuvre de Flaubert elle-même qu’au fait que j’en avais trop entendu parler avant d’en entamer la lecture. Je n’arrivais pas à me passionner pour les malheurs du jeune Charles, simplement parce que je savais déjà, dans les grandes lignes, ce qui allait arriver. Je connaissais le nom des personnages avant qu’ils fassent leur première apparition. J’avais déjà lu la fameuse scène des comices. Bref, ma curiosité était déjà largement émoussée. En revanche, j’ai adoré L’Éducation sentimentale, et c’est de ce chef d’oeuvre flaubertien que je voudrais vous entretenir aujourd’hui.

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