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« Je voudrais le mot blanc d’un ciel absent qui laissât trace de demeure. Un mot qui fût le lit du jour et parvînt à la fête unanime du vent. Croisement de chances et de campagne, bourdonnement des boucles de ta tête, rosaces, rosaces en partance et applaudissement sous le pic impavide du gris de l’horizon, des mains battraient dans l’herbe parmi les arbres et la faux des grands jours, et la vertu émancipée roulerait jusques aux franges du moment. Foules prolixes et ciselées, royaume retourné, jeunesse sous l’or gris et pivot d’une aisance somptueuse, — aucun diamant n’est autre que la possession nue de l’esprit sur
le langage. »

Gabrielle Althen, Hiérarchies, Rougerie, 1988, p. 37.

La poésie au féminin

C’est avec raison que l’on m’a reproché un trop faible nombre de femmes dans mon article intitulé « Dix poètes d’aujourd’hui à connaître ». En effet, les femmes sont poètes, elles aussi, bien entendu, et depuis longtemps. On pourrait remonter jusqu’à Sappho, Marie de France, Christine de Pizan, Louise Labé… Au XIXe siècle, on peut mentionner Marceline Desbordes-Valmore, Louise ColetEt dans la poésie d’aujourd’hui ?

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Une réflexion sur l’obscurité

Qui d’entre nous n’a jamais été confronté à un poème incompréhensible ? S’il est sans doute de mauvais poèmes qui sont autant d’artifices dissimulés sous des apparences savantes, il en est d’autres dont l’obscurité est le signe d’un travail d’élucidation requis par le lecteur, d’autres qui, pour paraphraser Rimbaud, « ne veulent pas rien dire ». La poète et universitaire Gabrielle Althen livre sur Poezibao une passionnante réflexion en trois épisodes sur un poème de René Char.

Source : gabrielle-althen-feuilleton-1.pdf

« Et le beau corps de la chair
Un bleu interrompu de quelques tirets d’or
Ou son entracte parmi les aromates
Car la mer chante où un nageur s’épanche
La transparence et la rotonde
Sans nul appui devant la corde du silence
Et la péripétie s’isole
Quelque regard vacant se rappelle un baiser
Dans une tâche d’ombre ornée par le rivage
Quand le soleil parfait a dissipé l’émoi »

Gabrielle Althen, La raison aimante, Sud, Marseille, 1985, p. 19.