Archives du mot-clé contemplation

Les quatrains de François Cheng

De François Cheng, je ne sais à vrai dire pas grand-chose, du moins pas grand-chose de plus que ce que l’on peut trouver sur Wikipédia : ce poète français d’origine chinoise est né à Nanchang en 1929, il est arrivé en France en 1948, sans encore parler un mot de français.

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Le sommet

Texte personnel

Parvenu, au terme d’une longue promenade, sur quelque sommet d’où contempler le monde, tu changes de perspective. En bas, tu vois cet entrelacs insensé de routes et de rues dont la rumeur ne te parvient plus. Tu considères les empilements d’immeubles, les alignements de villas, les successions de bâtiments qui proliféreraient à l’infini s’ils n’étaient arrêtés, au loin, par la ligne bleue du littoral. Tu observes les avions qui décollent et atterrissent dans un ballet incessant. Voici donc ce que font les petits hommes. Ils se démènent, s’agitent, courent, souffrent beaucoup et jouissent un peu, recommençant chaque jour les mêmes gestes frénétiques, les mêmes mouvements désordonnés, obnubilés qu’ils sont par leurs désirs, leurs peines, leurs soucis, malmenés par la peur de mourir au point qu’ils feraient n’importe quoi pour y échapper, y compris et surtout cela même qui les précipite pourtant vers leur propre destruction. Tous ces gestes auxquels ils donnent de l’importance, tous ces impératifs parés de la plus haute urgence, apparaissent enfin, vus d’en haut, comme une vaine agitation. Ils ne font qu’étaler du gris face à la mer qui les ignore, quand les eaux turquoise des alluvions fluviales se mêlent au bleu sombre de l’horizon.

Au-dessus de tout cela, dans la clarté du ciel, planent quatre rapaces paisibles. Leur envergure paraît plus importante que celle d’une simple buse. Leur vol lent autour du soleil, leurs amples mouvements dans le vent, circonscrivent le temps. Étrangers à l’agitation des hommes, ils appartiennent au ciel et aux montagnes, à toute cette immense étendue silencieuse que tu découvres en te retournant, jusqu’aux hauts sommets de neige qui découpent, là-bas, au-delà des premières lignes de crête, leur blancheur immaculée.

Gabriel Grossi, mercredi 14 avril 2021.

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La contemplation selon Yves Leclair

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un petit livre qui fait partie des ouvrages que je me suis offerts pour mon anniversaire. Il s’intitule Manuel de contemplation en montagne, et il a pour auteur Yves Leclair, poète français né en 1954 près d’Angers, qui a publié de nombreux recueils poétiques, mais aussi des récits et des essais.

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« Magnitudo parvi » de Victor Hugo

Durant toute ma scolarité, secondaire comme supérieure, je n’ai que très rarement eu affaire à Victor Hugo, lequel est donc un poète que j’ai largement découvert par moi-même. Aujourd’hui, je voudrais vous présenter un très long poème des Contemplations, intitulé « Magnitudo parvi ».

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Quand les rumeurs du jour se sont assagies

Texte personnel

Quand les rumeurs du jour se sont assagies, que se sont tues les clameurs des hommes, quand les derniers rayons se sont éteints, que les flots du jour sont taris, à l’heure tardive des grillons et des lucioles, rien ne bouge. Assis face à la nuit, avant les grands songes du sommeil, nous respirons. À la lune qui s’élève, nous adressons un sourire. Nous respectons l’immobilité des premières étoiles, dans le ciel encore clair et teinté des rougeurs du couchant. Nous nous enveloppons lentement de nos lourdes couvertures, cessant tout mouvement, dénouant le cours de nos pensées. Nous nous baignons dans le silence comme en une mer. Allongés sur le dos, nous devenons cette vastitude même de la mer, dans le dénuement d’un abandon. Peu importent alors les murmures qui nous parviennent encore, les vrombissements lointains ne sont plus que de discrets rappels de ce monde qui nous entoure et continue de tourner comme il doit le faire. Nous consentons à ce que tout ne soit pas parfait, à ce que tout ne possède pas l’équilibre sphérique des grands astres, à ce que tout ne soit encore pleinement serein. Voici cependant que peu à peu, à mesure que le souffle ralentit, la paix s’installe.

Gabriel Grossi,
mercredi 23 mai 2018.

Reblogué : Un poème de Pierre Jean Jouve

Un monde plus vrai, de dix tons plus brillant Que le monde Plus tiède, chaud, confiant et nourrissant Dans l’espérance, que le sein très lourd de la vierge Et non touché par le soleil ! Ainsi mon monde Est mon chant ô cher cœur. Ainsi le nourrissant Mamelon silencieux m’aime et me contemple Et disparaissent […]

via Pierre Jean Jouve – Eléments pour nature — BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Daniel Biga au château de Mouans-Sartoux

Plusieurs fois par an, le château de Mouans-Sartoux résonne de voix poétiques. Une centaine environ de convives se réunissent, dans une ambiance chaleureuse, autour d’un poète invité, accompagné de musiciens. Vendredi soir, 20 novembre, c’était le poète Daniel Biga qui était l’invité de Pierre-Jean Blazy et de son association, les Mots d’Azur.

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