Orthographe

L’orthographe, c’est l’art d’écrire correctement. Si l’on va de l’unité la plus petite vers la plus grande, cela inclut donc la bonne écriture des lettres et sons, des mots puis des phrases, et enfin des textes. Soit, en d’autres termes, la grapho-phonologie, l’orthographe lexicale et l’orthographe grammaticale.

1. Savoir écrire les sons du français

Parmi les compétences enseignées à l’école, lire et écrire sont sans doute les plus fondamentales. Si cela n’est pas si simple, c’est parce que le système orthographique français, reflet d’une évolution plurimillénaire, ne fait pas coïncider exactement les sons et les lettres. Il existe, on le sait, vingt-six lettres dans notre alphabet. Or, les sons de la langue française sont bien plus nombreux. Et, comme si cela ne suffisait pas, une lettre peut correspondre à plusieurs sons, et, inversement, un son être codé par plusieurs lettres.

Dans un article de ce blog paru en juin 2017, je montrais qu’il n’y a, en tout et pour tout, que les lettres b et d qui soient simples, en ce qu’elles ne peuvent représenter que les sons [b] et [d], et que ces sons ne peuvent être représentés que par ces lettres. Sur vingt-six lettres, il n’y en a donc que deux qui ne posent guère de difficulté. Encore que celles-ci peuvent être muettes, et qu’en outre leur graphie peut prêter à confusion (puisqu’elles sont l’image en miroir l’une de l’autre).

Les élèves doivent donc être progressivement initiés à la grapho-phonologie, c’est-à-dire à faire des liens entre les sons qu’ils entendent et les signes qu’ils voient. Ce travail commence dès la maternelle, avec de nombreux jeux de phonologie qui les entraînent à reconnaître des sons, à compter des syllabes, à identifier la place d’un son dans un mot… Il se poursuit au cours préparatoire, où l’apprentissage du code est une activité centrale. Il se peaufine pendant toute la suite de la scolarité élémentaire.

► Lire l’article : Apprendre à lire ? Pas si facile !

A DÉCOUVRIR AUSSI :
D’où vient notre alphabet ?
D’où vient le « s » du pluriel ?
Le français, une langue difficile ?
Réforme de l’orthographe : de quoi parle-t-on ?

► Quelle progressivité dans les sons étudiés ?

Au CP, l’on étudie naturellement tous les sons de la langue française, en partant bien entendu des plus simples, selon une progression raisonnée.

Au CE1 et au CE2, il ne sera plus utile de revenir sur certains sons, afin de pouvoir mettre l’accent sur certaines situations plus complexes. Vous trouverez dans les liens suivants des progressions qui ne se prétendent pas parfaites, mais qui correspondent à ce que j’ai moi-même mis en place dans ma classe :

► Orthographe et conjugaison au CE1 : une progression
► Étude de la langue : progression pensée pour une classe de CE1-CE2-CM2
► Une progression en orthographe pour le CE1 (programmes 2020)

Au CM1 et au CM2 (cycle 3), les programmes imposent de travailler la compétence « Maîtriser l’ensemble des phonèmes du français et des graphèmes associés ». C’est dire que la grapho-phonologie ne s’arrête pas au cycle 2. Pour autant, impossible de revoir tous les sons de façon systématique. Les années où j’avais des élèves de cycle 3, j’insistais par exemple sur le son [j] (mots en ail, eil, euil, ouil) ainsi que sur les pluriels et féminins irréguliers.

2. L’orthographe lexicale

Il apparaît cependant bien vite que les outils grapho-phonétiques sont très insuffisants pour écrire le français. Il ne suffit pas d’entendre un mot pour être capable de l’écrire, comme le prouve l’existence même des homophones. Il importe donc que l’élève se dote également d’outils lexicaux et grammaticaux, les seuls qui lui permettent de réellement faire la différence entre de et deux, par exemple.

La confrontation avec des listes raisonnées de mots permet de mémoriser des mots qui s’orthographient pareillement. Ces mots doivent être découverts (par exemple dans des textes, mais aussi dans des jeux), triés (sous forme d’étiquettes, par exemples), utilisés sous différentes formes, et enfin mémorisés.

3. L’orthographe grammaticale

L’orthographe grammaticale inclut deux pans majeurs :

  • les accords sujet-verbe, c’est-à-dire l’ensemble de la conjugaison : je me permets de renvoyer vers la page Conjugaison pour vous donner une idée des très nombreuses activités possibles;
  • les accords dans le groupe nominal, avec la notion de « chaîne d’accord » (Dét→Nom→Adj).

Pour moi, il est vital de séparer nettement les deux, afin que les élèves ne soient pas tentés de mélanger la flexion verbale et le pluriel des noms. Il importe aussi, bien entendu, de prendre le temps d’installer les régularités (telles que la marque -s pour le pluriel ou encore la marque -e pour le féminin) avant d’aborder des cas particuliers.

Ce n’est qu’ensuite que l’on peut travailler sur les différents types de féminins particuliers et sur les différents pluriels particuliers. Il importe cependant, à mon sens, que ces particularités ne soient pas enseignées comme de simples bizarreries du français, mais de telle manière qu’en ressorte une certaine logique. Aussi les élèves doivent-ils se constituer un bagage lexical, en mémorisant progressivement des mots qui s’orthographient de la même manière. Cette année, chaque semaine, mes élèves travaillaient en orthographe sur une et une seule petite famille de mots, avant la grande dictée finale du vendredi après-midi.

À CONSULTER :
► D’où vient le -s du pluriel ?
► Connaissiez-vous les doublets lexicaux ?
► Les homophones grammaticaux
► Mes progressions (programmes 2020)

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