Archives pour la catégorie Un poète contemporain

Puisque tout passe, faisons
la mélodie passagère ;
celle qui nous désaltère,
aura de nous raison.

Chantons ce qui nous quitte
avec amour et art ;
soyons plus vite
que le rapide départ.

Rainer Maria Rilke, Vergers suivi d’autres poèmes français,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1929-1978, p. 57.

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« De deux choses lune
L’autre c’est le soleil »

Jacques Prévert, Paroles, « Le paysage changeur »,
Paris, Gallimard, coll. « folio », 1972, p. 90.

Locturnes, de Jean-Michel Maulpoix :

Dans la gare éventrée comme une ruine, où le temps respire aussi mal que les foules, il attend, les yeux rivés au ciel, toujours sur le point de partir, toujours persécuté, sans coquille et sans temple. Emprisonné dans le dessin des choses, il regarde ces fils d’acier tissés entre lui et le ciel par l’araignée industrielle. Las de palper le vent pour retrouver l’espace, il est là, avec ceux qui regardent, à cause de tout ce qui est et qui jamais ne nous regarde. Trains en rafales. Le jour debout. La ville entrelardée de cris. Murailles au petit jour vers Paris hérissé de tours, de clochers et de gares. Soleil éparpillé aux quatre coins du ciel.

Jean-Michel Maulpoix, Locturnes, 1978, p. 27-28.

L’humanité claudicante chez J.-M. Maulpoix

Comme vous le savez peut-être si vous avez lu d’autres articles de ce blog, j’aime beaucoup la poésie de Jean-Michel Maulpoix. Sa prose poétique, immédiatement reconnaissable à son ampleur et à ses inflexions, développe, d’un recueil à l’autre, un lyrisme humaniste qui convient parfaitement à notre temps, dont il partage les doutes et les incertitudes, tout en laissant place aussi à l’espérance. J’aime l’authenticité de cette voix partagée entre inquiétude et apaisement. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un extrait de L’instinct de ciel qui m’a particulièrement plu.

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Jean-Michel Maulpoix a récemment publié Les 100 mots de la poésie. Cet ouvrage, utile à tous ceux, néophytes ou connaisseurs, qui s’intéressent à la poésie, est paru dans la fameuse collection « Que sais-je ? » fondée par Paul Angoulvent. À cette occasion, j’avais rédigé un petit billet où je disais tout le bien que je pensais de ce livre. Celui-ci vient d’être recommandé par les éditions « Que sais-je ». Qu’il me soit ici permis de les remercier de donner ainsi de l’écho à mon blog.

► Voir la page du site de la collection « Que sais-je ? » qui évoque mon blog.
► Voir mon article consacré aux 100 mots de la poésie de Jean-Michel Maulpoix.

Mai 1968 vu par Patrick Quillier

Nous fêtons cette année le cinquantenaire de « Mai 1968 ». Que reste-t-il, aujourd’hui, de cet épisode de grèves et de manifestations ? Que retenir de Mai 1968 ? Historiens, philosophes, politologues, journalistes ont déjà répondu à la question. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un poème de Patrick Quillier qui se penche sur cette mémoire en célébrant les figures de Tristan Cabral et Jan Palach.

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Un poème d’Emmanuel Godo

Plus je découvre la poésie contemporaine, plus je me rends compte que je ne connais que la partie émergée de l’iceberg. Cela n’a rien d’étonnant, au vu des centaines de recueils qui paraissent chaque année, dans l’indifférence presque générale. Par chance, les réseaux sociaux permettent de donner de l’écho à des poèmes qui, sans cela, seraient voués à n’être lus que par une poignée de spécialistes. Bref, j’ai lu aujourd’hui sur Facebook un poème d’Emmanuel Godo, extrait d’un recueil intitulé Je n’ai jamais voyagé, récemment paru aux éditions Gallimard.

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Connaissez-vous Fernando Pessoa ?

Poète portugais de renommée mondiale, Fernando Pessoa fait partie de ces auteurs dont on parle beaucoup à l’Université, mais que je n’ai pas encore lus. Or, Patrick Quillier, professeur à l’Université de Nice, traducteur de l’œuvre complète de Pessoa en « Pléiade », vient de publier, aux éditions Chandeigne, une Anthologie essentielle de l’œuvre du poète. À cette occasion, il intervenait sur les ondes de France Culture pour retracer le parcours du grand poète portugais. Voici ce que j’en ai retenu.

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O nuit, ô ma fille la Nuit, toi qui sais te taire, ô ma fille au beau manteau.
Toi qui verses le repos et l’oubli. Toi qui verses le baume, et le silence, et l’ombre
O ma Nuit étoilée je t’ai créée la première.
Toi qui endors, toi qui ensevelis déjà dans une Ombre éternelle
Toutes mes créatures
Les plus inquiètes, le cheval fougueux, la fourmi laborieuse,
Et l’homme ce monstre d’inquiétude.
Nuit qui réussis à endormir l’homme
Ce puits d’inquiétude.
A lui seul plus inquiet que toute la création ensemble.
L’homme, ce puits d’inquiétude.

Charles Péguy, Le porche de la deuxième vertu,
cité d’après Wikisource (texte numérisé non encore vérifié).

« Dialogue avec l’anonyme » de Béatrice Bonhomme

Béatrice Bonhomme, professeur de littérature française du XXe siècle à l’Université de Nice, a dirigé ma thèse de doctorat. Parallèlement à ses activités de recherche et d’enseignement, elle poursuit une œuvre riche à ce jour de nombreux recueils poétiques, mais aussi de nouvelles et d’une pièce de théâtre. Elle vient de publier Dialogue avec l’anonyme, paru en février dernier aux éditions Collodion.

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Reblogué : le livre de poésie au XXIe siècle

Je me permets de relayer ici l’annonce d’une journée d’études qui s’est tenue le 8 mars dernier à Lyon. Certes, c’est un peu tard, puisque celle-ci a déjà eu lieu, mais son sujet est passionnant, puisqu’il interroge le devenir du livre de poésie au vingt-et-unième siècle.

programme: ICI APRÈS LA POÉSIE, APRÈS LE LIVRE : DES LIVRES DE POÉSIE AU XXIe SIÈCLE ? Une partie importante de la production poétique contemporaine s’écrit à partir d’une série de refus fondateurs formulés dans le second vingtième siècle, de « la haine de la poésie » de Bataille au constat pongien que « la […]

A lire sur : journée d’études – lyon 6 mars 2018 — slowforward

La poésie au féminin

C’est avec raison que l’on m’a reproché un trop faible nombre de femmes dans mon article intitulé « Dix poètes d’aujourd’hui à connaître ». En effet, les femmes sont poètes, elles aussi, bien entendu, et depuis longtemps. On pourrait remonter jusqu’à Sappho, Marie de France, Christine de Pizan, Louise Labé… Au XIXe siècle, on peut mentionner Marceline Desbordes-Valmore, Louise ColetEt dans la poésie d’aujourd’hui ?

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Reblogué : Un poème de Pierre Jean Jouve

Un monde plus vrai, de dix tons plus brillant Que le monde Plus tiède, chaud, confiant et nourrissant Dans l’espérance, que le sein très lourd de la vierge Et non touché par le soleil ! Ainsi mon monde Est mon chant ô cher cœur. Ainsi le nourrissant Mamelon silencieux m’aime et me contemple Et disparaissent […]

via Pierre Jean Jouve – Eléments pour nature — BEAUTY WILL SAVE THE WORLD