Archives pour la catégorie Linguistique

J’aime la grammaire. L’analyse grammaticale est une sorte de jeu de piste. Pour peu que l’on s’éloigne des exemples proprets des manuels, elle pose souvent des difficultés intéressantes, où plusieurs argumentaires sont parfois possibles. Lexicologie, syntaxe, morphologie, étymologie, vous trouverez un peu toutes les branches de la linguistique.

Détruisons les mythes grammaticaux

Si vous vous êtes déjà intéressés à la pédagogie, vous avez sans doute dû tomber sur la notion de « conception erronée ». Il s’agit d’une idée fausse que l’on se fait sur quelque chose, non sans raison, souvent par généralisation abusive à partir de cas particuliers. Les phrases que l’on donne comme exemples aux élèves sont généralement choisies pour illustrer parfaitement les règles que l’on enseigne, masquant le fait que bien des occurrences révèlent que la réalité est plus complexe. Or, s’intéresser à la grammaire en tant qu’adulte, c’est précisément se confronter à la réalité de la langue telle qu’elle se parle et s’écrit, au-delà des exemples proprets des manuels. Je me propose ici d’explorer quelques-unes de ces croyances limitantes qui nous empêchent de correctement analyser les phrases.

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« Ils étaient verts de peur »: analyse grammaticale

Je vous propose aujourd’hui de détailler l’analyse grammaticale d’une phrase. Le but est de montrer que cette analyse procède par groupes de mots, tant il est vrai qu’une phrase n’est pas simplement une juxtaposition de mots, mais s’apparente bien plutôt à une structure gigogne, où les mots et les groupes de mots s’emboîtent les uns dans les autres.

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« Au joly jeu » de Clément Janequin

Clément Janequin (ou Jannequin) était un compositeur français du XVIe siècle, notamment connu pour ses chansons. J’apprends l’une d’entre elles dans le cadre de la chorale dont je fais partie. Et comme j’aime bien comprendre ce que je chante, j’ai fait quelques recherches lexicales. Il me semble, à vue d’œil, que la langue employée est du moyen français.

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Parler de ce qui n’existe pas

Les langues ont ceci de merveilleux qu’elles permettent de parler de la diversité du monde réel, dans toutes ses formes et ses nuances, mais aussi d’instaurer un monde virtuel, qui n’a d’autre existence que verbale. Le langage, volontiers, se prête à la fiction, aux hypothèses, aux jeux d’imagination, aux doutes… Je voudrais aujourd’hui explorer avec vous les moyens dont dispose la langue française pour évoquer ce qui n’existe pas, en centrant mon exposé sur la capacité des verbes à désigner des actions qui n’ont jamais eu lieu (et n’auront jamais lieu). Ce sera une occasion de parler de conditionnel, de subjonctif, d’infinitif, notamment, d’une manière sans doute un peu différente des présentations plus scolaires. Le but de cet article est de montrer en quoi la langue française ne saurait se contenter du seul mode indicatif.

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Apercevoir et s’apercevoir

L’accord du participe passé est une question qui peut devenir épineuse. Si la règle générale est assez simple et permet de s’en tirer dans la plupart des cas, il est aussi des subtilités assez délicates. Dans un précédent article, j’avais détaillé les principales difficultés. On m’a récemment posé la question pour « s’apercevoir », et, de but en blanc, j’ai fourni une explication qui n’était pas la bonne. Mea culpa. J’ai donc voulu en avoir le coeur net. D’où cet article.

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« Il n’y en a pas assez »

Les phrases en apparence les plus simples ne sont pas toujours les plus faciles à analyser. Sans nous en rendre compte, nous sommes, dès le plus jeune âge, dotés d’une intuition grammaticale qui nous permet de produire des phrases que nous aurions parfois du mal à analyser correctement. Je vais aujourd’hui faire toutes les remarques nécessaires pour analyser cette phrase très banale : « Il n’y en a pas assez ».

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« Une jeune fillette de noble cœur »

Cela fait un certain temps que je n’ai pas parlé de langue française. Je voudrais aujourd’hui commenter les paroles d’une chanson que j’ai apprise dans le cadre de la chorale dont je fais partie : en effet, cette chanson du XVIe siècle, intitulée Une jeune fillette, témoigne d’un état passé de la langue.

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« Placer la barre haut »

Il y a quelques jours, j’ai regardé le dernier épisode de Danse avec les stars, l’émission télévisée à succès présentée par Camille Combal. Au cours de cet épisode, les apprentis danseurs et les chorégraphes ont hésité : faut-il dire que l’on place la barre haut, ou haute ? L’explication est, à vrai dire, assez simple…

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La conjugaison française, de l’école à l’université

Conjuguer les verbes français n’est pas toujours facile. La cause principale des difficultés, c’est le fait que la plupart des terminaisons verbales sont constituées de lettres muettes, obligeant à un apprentissage par cœur, l’oral n’étant ici d’aucune aide. Comprendre le pourquoi de ces formes peut aider à les mémoriser.

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Conjugaison: distinguer infinitif et forme conjuguée

Je voudrais vous présenter aujourd’hui l’activité que j’ai mise en place en conjugaison en cette semaine de rentrée, dans ma classe de CM1. En ce début d’année, je souhaite insister sur certaines notions essentielles qui restent parfois floues dans l’esprit des élèves. Je crois que celles d’infinitif, de radical, de terminaison demeurent relativement abstraites et confuses pour un certain nombre d’élèves, en partie parce que l’on a l’habitude d’insister sur ce qui reste le cœur de la conjugaison, à savoir la mémorisation des formes verbales.

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Pourquoi -ph- se prononce-t-il [f] ?

Les élèves français qui apprennent à lire sont parfois surpris que, pour transcrire le son [f], on utilise parfois le digramme -ph-. Cette bizarrerie s’explique par des raisons étymologiques, dans des mots qui viennent du grec ancien. Christian Rose a apporté de plus amples explications sur Facebook, et m’a autorisé à les reproduire ici.

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Enseigner le vocabulaire en CM1

L’an prochain, j’aurai en principe en charge l’enseignement du vocabulaire en CM1. Je me suis donc mis à rechercher des ressources, en commençant par les programmes. Les remarques qui suivent ont été pensées dans l’optique du cycle 3 (CM1, CM2, 6e), mais sont transposables, mutatis mutandis, pour les autres cycles.

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Françoise Nore et les délices du vocabulaire

Si, comme moi, il vous est arrivé de vous délecter des surprises que réserve parfois l’histoire des mots, si le grand dictionnaire d’Alain Rey est sur votre table de chevet, vous prendrez sans doute du plaisir à consulter le site Internet de Françoise Nore, tout entier consacré à des questions de linguistique et de lexicologie.

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Parler de football au féminin

Il semblerait que, cette année, la coupe du monde féminine de football connaisse une médiatisation accrue, du fait probablement qu’elle se déroulera en France. Cela peut poser des difficultés orthographiques aux journalistes qui doivent trouver des équivalents féminins à un certain nombre de termes.

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