Archives pour la catégorie Citation du jour

« Cette chose compliquée dans le cœur, c’est la rose. Cette chose simple dans l’âme, c’est le parfum de la rose. »


Salah STETIE, Carnets du méditant,
Paris, Albin Michel, 2003, p. 30.

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En ce temps là la guerre était en terre
l'europe dilacérée labourait
ses plaines pour planter des boisseaux d'hommes
malheureux tous ces morts tels des épis
cueillis trop verts malheureux tous ces morts
aux moissons innommables de l'histoire
malheureux tous ces morts pour six arpents
de terre malheureux tous ces morts pour
satisfaire morgue et cupidité

Patrick Quillier, Voix éclatées (de 14 à 18), Gardonne, éditions Fédérop, 2018, p. 13.

« Les mots crèvent au ras de ma peau […] D’un côté il fait mal ; de l’autre, il fait nuit ; entre les deux, une hélice tourne dans le ventre, et l’air reflue vers ma bouche… »

Bernard Noël, Extraits du corps, 1958.
Cité d’après le Dictionnaire des grandes œuvres
de la littérature française, Le Robert,
sous la direction de Henri Mitterrand.

Arthur Rimbaud : Oraison du soir

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu… » Le sonnet des Voyelles est l’un des poèmes les plus connus de Rimbaud. Je vous invite donc à tourner la page, et à découvrir le poème d’à côté. Dans l’édition Vanier de 1895 (disponible sur Wikisource), il s’agit également d’un sonnet, intitulé « Oraison du soir »…

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Puisque tout passe, faisons
la mélodie passagère ;
celle qui nous désaltère,
aura de nous raison.

Chantons ce qui nous quitte
avec amour et art ;
soyons plus vite
que le rapide départ.

Rainer Maria Rilke, Vergers suivi d’autres poèmes français,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1929-1978, p. 57.

La rentrée en sixième

   Pendant les deux premiers mois, je fus entièrement dépaysé, et malgré l’intérêt de tant de nouveautés, il m’arrivait de regretter ma chère école du chemin des Chartreux, dont Paul me donnait chaque soir des nouvelles.

   Tout d’abord, dans cette caserne secondaire, je n’étais plus le fils de Joseph, le petit garçon que tous les maîtres tutoyaient, et qui jouait le jeudi ou le dimanche dans la cour déserte de l’école. Maintenant, j’étais à l’étranger, chez les autres.

Marcel Pagnol, Le temps des secrets (source).

L’origine du monde dans la mythologie islandaise

« Au commencement
Était le néant
Ni sable ni mer
Ni cieux au-dessus
N’existaient sur la terre
Seul le gouffre Ginnungagap
Dont l’herbe était absente »

L’Edda de Snorri Sturluson,
traduction de Gérard Lemarquis.

Canicule et poésie

En cet été de canicule, j’ai eu envie de partager avec vous ce poème paru dans Le Soleil en août 1911. Cette année-là, l’épisode caniculaire a également été particulièrement intense, provoquant 40 000 morts. Le site Retronews, émanation de la Bibliothèque Nationale de France, a exhumé ce poème en même temps que d’autres articles de presse parus il y a 107 ans.

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Locturnes, de Jean-Michel Maulpoix :

Dans la gare éventrée comme une ruine, où le temps respire aussi mal que les foules, il attend, les yeux rivés au ciel, toujours sur le point de partir, toujours persécuté, sans coquille et sans temple. Emprisonné dans le dessin des choses, il regarde ces fils d’acier tissés entre lui et le ciel par l’araignée industrielle. Las de palper le vent pour retrouver l’espace, il est là, avec ceux qui regardent, à cause de tout ce qui est et qui jamais ne nous regarde. Trains en rafales. Le jour debout. La ville entrelardée de cris. Murailles au petit jour vers Paris hérissé de tours, de clochers et de gares. Soleil éparpillé aux quatre coins du ciel.

Jean-Michel Maulpoix, Locturnes, 1978, p. 27-28.

Les nuages de Baudelaire

Baudelaire ouvre son recueil du Spleen de Paris, également intitulé Petits poèmes en prose, par un bref poème en forme de dialogue qui pose la singularité du poète, irrémédiablement étranger à toutes les conventions sociales, tout en montrant son appétit pour l’idéal, incarné par les formes vaporeuses des nuages.

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