FAQ sur la rentrée

Ça y est, le grand jour est arrivé. Les enfants ont pris leur cartable rempli de cahiers vierges et de stylos neufs. C’est une nouvelle page qui commence, pour des millions d’élèves, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants… Bonne rentrée à tous, et bonne année scolaire ! Profitons-en pour répondre en une seule fois aux questions que je vois pulluler sur les groupes d’entraide.

► « J’ai su la veille de la rentrée que je n’aurai pas un CE1 mais un CM2. Comment me préparer au mieux en 1 jour ? »

Je vois défiler beaucoup de messages de ce type. La situation est, bien évidemment, très inconfortable, provoquée parfois par des changements d’effectif très importants, des fermetures de classe, etc. L’important, dans ce cas, est de parer au plus pressé. Laissez les grands projets ambitieux aux périodes suivantes. Ne perdez pas de temps à vous demander quel est le meilleur manuel : ils ont tous des qualités et des défauts, et c’est surtout ce qu’on en fait qui compte. Utilisez ceux qui se trouvent dans votre classe, même s’ils sont un peu anciens. Ils ont le mérite d’être déjà disponibles. N’hésitez pas non plus à utiliser les ressources que j’ai créées et diffusées sur mon blog, il y en a pour tous les cycles (rubrique « Enseignement »). J’en ai créé beaucoup notamment pendant la « continuité pédagogique » due au Covid.

Pensez aussi à des activités simples, qui ne nécessitent aucune photocopie : présentation des cahiers, copie, reproduction de figures à l’aide des carreaux du cahier… Ça vous fait déjà une séance de français et une séance de maths, sans préparation ni photocopies. Du calcul mental, du calcul posé, et la journée commence déjà à être bien remplie. En cours moyen, n’hésitez pas à faire copier les consignes aux élèves plutôt que de donner une photocopie : cela donne de bonnes bases pour la suite. Au CP, on peut vérifier la reconnaissance du prénom. Pensez aussi aux langues vivantes, aux disciplines artistiques, musique et chant…

► « Que faire pendant les deux jours de rentrée ? »

C’est aussi une question que je vois beaucoup sur les réseaux. Avec, souvent, l’idée qu’il y aurait deux jours de rentrée, comme si le fait de rentrer un jeudi banalisait aussi le vendredi. Je trouve, pour ma part, que les programmes sont chargés : inutile de consacrer deux jours entiers à une remise en train. L’école est un lieu où l’on apprend, et cette vérité doit à mon sens apparaître dès le premier jour.

Bien sûr, la journée est malgré tout particulière puisque de nombreuses tâches administratives doivent être effectuées. J’aime bien, pour ma part, ne pas passer la journée à cela, et prévoir des activités comme s’il s’agissait d’une journée normale, sachant bien sûr que je n’aurai probablement pas le temps de tout boucler, en raison de la place prise par ces activités para-pédagogiques (messages à destination des familles à coller, pointage des demi-pensionnaires, etc.).

Je ne crois pas, mais ce n’est que mon point de vue, qu’il soit pertinent de multiplier les activités purement ludiques (j’entends uniquement celles dont l’intérêt pédagogique est par ailleurs limité). Dès la rentrée, on peut entamer les progressions prévues, sans qu’il soit nécessaire de banaliser la journée de rentrée.

► « J’arrive dans une classe sans aucun matériel. Que faire ? »

N’espérez pas imprimer et plastifier en deux jours les nombreux jeux, affiches, dispositifs que vous trouvez souvent dans les classes où vous êtes affectés. Quand vous êtes affecté sur une ouverture de classe, il n’y a parfois que des tables, des chaises et un tableau, et rien d’autre. Dans ce cas, c’est avec les élèves que vous pourrez, au fur et à mesure de l’année, construire les choses. Pas de frise historique ? C’est un beau projet que d’en créer une avec les enfants. Pas d’alphabet ? Même chose. Et pour les activités de classe, partez sur des choses simples. S’il n’y a aucun manuel, utilisez des méthodes trouvées en ligne, photocopiez quelques fiches, et surtout profitez-en pour faire écrire les enfants dans les cahiers !

Si vous arrivez dans une classe de maternelle totalement vide (ouverture de classe), on vous octroiera généralement un budget pour de premiers achats. Pensez en priorité à des coins jeux (dînette, jeux de construction type Kapla ou Duplo, etc.), qui vous permettent de gérer les temps d’accueil et d’autonomie. Pour les ateliers, choisissez un manuel qui en propose : j’aime bien personnellement ceux des éditions Accès (je n’ai aucune action chez eux). Et devenez le roi ou la reine de la récupération, en pensant aux pots de yaourt en verre (idéal pour la peinture), aux bouchons de bouteille en plastique (on écrit des lettres au marqueur dessus, et on a un alphabet mobile gratuit), aux boîtes de Rocher Ferrero usagées (une collègue faisait ranger des marrons dedans avec une pince, idéal pour la motricité fine), aux rouleaux de papier toilette usagés…

► « J’aurai dans ma classe un élève qui ne parle pas un mot de français. Que faire avec lui ? »

Cette situation est loin d’être rare. La première chose à faire, c’est de ne pas rester seul face à cette difficulté. Il faut contacter les enseignants spécialisés qui s’occupent précisément des enfants dits allophones : le service UPE2A (Unité Pédagogique pour Élèves Allophones Arrivants). Ayez conscience cependant que ces services sont parfois débordés, et que les moyens ne sont pas toujours à la hauteur des besoins. Il faudra donc que, vous aussi, vous puissiez aider ces élèves.

Une piste intéressante, mais qui n’est pas toujours réalisable, est le décloisonnement en cours préparatoire pendant la leçon de français. L’élève allophone a ainsi davantage de facilités à apprendre les sons de la langue française et les graphèmes associés. Si cela n’est pas possible, vous pouvez du moins vous procurer une méthode de lecture de CP, et le faire travailler en relation duelle pendant que les autres élèves terminent un exercice, sont en plan de travail ou en atelier autonome.

Vous trouverez aussi sur Internet, en particulier sur les sites des différents CASNAV de chaque académie (CASNAV = Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs), des ressources qui permettent d’évaluer les connaissances des élèves dans leur langue d’origine. Il s’agit généralement de QCM dont le corrigé est fourni, ce qui vous permet d’évaluer les élèves même si vous ne pratiquez pas la langue étrangère que parle l’élève.

► « Je suis remplaçant pour la première fois. Par quoi commencer ? »

Ce que j’ai fait quand j’étais remplaçant, c’est que j’avais une clef USB avec des ressources pour chaque niveau (un dossier CP, un dossier CE, un dossier CM), incluant des activités autonomes. Et dans le coffre de ma voiture, j’avais une valise pleine d’albums que je maîtrise bien, et des manuels de maternelle. Avec ça, j’étais paré pour n’importe quel remplacement court (un jour ou deux).

Les questions à poser et les documents à trouver quand on débarque au pied levé dans une école :

  • Les horaires d’entrée et de sortie et de récréations
  • Le tableau des services
  • La liste d’appel des élèves
  • Le code de la photocopieuse
  • Les PAI (enfants pouvant avoir besoin de soins médicaux)

Pour un remplacement plus long, le mieux reste de contacter le (ou la) titulaire qui pourra émettre des souhaits ou indiquer une direction. En consultant le cahier journal et les progressions, on voit où en était l’enseignant titulaire. En cycle 2, il y a souvent un fichier de mathématiques avec une leçon par jour.

Lors d’un remplacement de deux semaines et demi en CE2, j’ai exploité le conte de La Belle au Bois dormant, de façon à ne pas empiéter sur les séances de la titulaire. Je proposais une dictée quotidienne suivie de quelques séances de ma séquence de lexique sur les monstres. J’ai également construit une séquence sur les problèmes qui permettait de brasser les notions de l’année (c’était en juin) tout en s’habituant à utiliser la modélisation en barres. J’ai aussi adapté un rituel sur les différentes représentations d’un nombre. En géométrie, nous avons travaillé sur les solides. En sciences, j’ai fait une séance sur le développement des végétaux puisque c’était le projet de la titulaire. J’ai proposé pas mal d’art plastiques et de musique. En espace et en temps, nous avons révisé les notions de l’année.


J’espère que ces indications vous auront été utiles. Je me permets d’ajouter que vous trouverez des ressources qui, au fil des années, commencent à être nombreuses, dans la catégorie « Enseignement » de ce blog. N’hésitez pas à poser des questions dans l’espace des commentaires. Et surtout : courage ! Ça va bien se passer !

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s