Ça slame à Nice

Le café « Chez Pauline », situé rue Bavastro à Nice, n’est pas un salon de thé comme les autres. En effet, Pauline a voulu en faire un café culturel, qui accueille diverses sortes d’événements, dont des soirées « slam » organisées par Michel Saint Dragon. Cela faisait quelque temps que j’en entendais beaucoup de bien sur Facebook. Je n’avais encore pu y assister, faute de temps, et j’ai profité d’être en vacances pour me rendre, jeudi soir, à la dernière soirée de l’année avant la reprise en septembre. Ces soirées slam fêtaient leur deuxième anniversaire.

Qu’est-ce que le slam ?

Le slam n’est pas un genre de poésie. Ce mot, venu des États-Unis, désigne une scène ouverte à la poésie. Ouverte à tous, sans distinction entre poètes « professionnels » et « amateurs ». Et ouverte à toutes les formes, des plus classiques aux plus contemporaines. Initialement, il y avait des sortes de tournois, mais chaque fois que je suis allé à une scène slam, cette dimension était estompée : peut-on vraiment « perdre » ou « gagner » quand il s’agit de poésie ? Ici, comme souvent, l’enjeu n’était pas de s’affronter. Chaque convive qui acceptait de monter sur scène se voyait offrir une boisson.

Une bonne ambiance

Michel Saint Dragon distribue les tours de parole avec une bonne humeur communicative. Avec humour et sympathie, il sait donner confiance, inciter à la prise de parole, et accueillir les nouveaux venus. En deux ans, s’est instaurée une atmosphère familiale, avec un noyau dur de fidèles, qui appartiennent à plusieurs générations. La benjamine est une petite fille qui devait avoir entre huit et dix ans. Il y a quelques ados, dont un jeune et enthousiaste « Val Killer » qui vient de passer le bac, et qui rêverait de vivre de la musique. Et des adultes de tous âges. Cette dimension intergénérationnelle est importante puisqu’elle montre la capacité fédératrice de la poésie.

Une parole qui vient des tripes

Je vous disais que le slam n’est pas un genre de poésie, et c’est vrai, mais néanmoins il y a des formes de poésie qui se prêtent mieux que d’autres à l’oralisation sur scène. On retrouve, chez plusieurs participants, ce goût du flow, cet art de varier les intensités (du chuchotement jusqu’au cri), avec des ruptures bien placées, cette façon de mettre en lumière un mot en le faisant précéder d’un silence. On sent que le slam est le frère du rap, mais aussi de la chanson. C’est une forme d’expression populaire de la poésie, dans une époque où la poésie est trop souvent considérée comme une pratique élitiste.

L’amour, la mort, la maladie… Les thèmes graves n’ont pas manqué ce soir, non plus que les jeux de mots et de rimes, nous faisant passer de la légèreté au tragique. Les textes ont bien souvent été très émouvants, et ce d’autant plus qu’ils n’étaient pas seulement récités, mais profondément incarnés par leurs auteurs. Le poésie, le slam, c’est aussi cela, une parole qui vient des tripes, et qui ne peut laisser indifférent.

Aux dires des organisateurs, il y avait, hier soir, moins de participants qu’à l’accoutumée. En juillet, les uns et les autres sont requis par leurs vacances… J’ai trouvé, pour ma part, que cela a permis de vraiment découvrir l’univers de chacun. Le temps de parole n’était pas chronométré. Il y a eu non pas deux « rounds » mais bien trois passages de chacun sur la petite estrade.

J’ai eu le plaisir, ce soir-là, de présenter trois textes assez différents entre eux. D’abord « Être humain », un poème récent qui m’a été inspiré par le thème lancé par la revue « Cairns », et que j’avais pensé dès le départ comme étant fait pour être dit davantage que pour être lu. Ensuite, «Une journée ordinaire», un poème tout en onomatopées, parce que j’étais curieux de voir ce que cela donnait. Et, enfin, « La main », pour le plaisir de faire entendre un poème plus doux, plus ancien aussi, qui m’est venu à la fois en français et en italien.

Je souhaiterais conclure en remerciant Michel Saint Dragon et Pauline, pour avoir instauré cet espace poétique particulièrement chaleureux et convivial. J’espère avoir la possibilité d’être présent lors de la prochaine soirée qui aura lieu en septembre. En attendant, Michel Saint Dragon m’a parlé d’autres événements qui auront lieu cet été du côté de Grasse. Si cela est compatible avec mes activités estivales, c’est avec plaisir que j’y ferai un tour. Et, bien évidemment, je vous en parlerai…

Qu’est-ce que « Littérature Portes Ouvertes » ?

Littérature Portes Ouvertes existe depuis sept ans. Dès sa création en février 2015, il s’est agi d’ouvrir les portes de la littérature, de populariser le savoir littéraire universitaire, et de partager ma passion pour la poésie. À ce jour, plus de 1200 articles ont été publiés, avec plus de 2 millions de vues. J’y rends compte de mes lectures poétiques, mais aussi de manifestations telles que des colloques ou des événements poétiques. J’aime aussi traiter de linguistique ou encore de pédagogie. Depuis cette année, je teste la réalisation d’articles au format vidéo, qu’il s’agisse de présenter une version oralisée de mes poèmes, ou bien de petits documentaires comme celui sur l’Histoire de Cagnes-sur-Mer. Pour ne pas manquer les nouvelles parutions, n’hésitez pas à vous abonner gratuitement au blog !

Image d’en-tête : vue sur la petite estrade installée dans le café « chez Pauline ». Photographie personnelle.

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