Performances croisées de Laurence Vielle et Dimitri Porcu

C’est, à nouveau, un petit moment de grâce que nous a offerts le Festival Poët Poët, en ce mercredi 23 mars 2022. Et cela grâce à la connivence et à l’écoute des deux poètes invités, Laurence Vielle et Dimitri Porcu.

Tous deux ont bien plus en commun qu’il ne paraît d’abord. Elle, la poétesse belge, glaneuse de mots, attentive aux autres, aux précaires, aux éclopés de la vie. Lui, le poète franco-sarde, poète-musicien, voyageur de mots, qui nous emmène avec lui, tous solo.

Un même goût de l’oralisation, du poème proféré, vécu, directement offert au lecteur sans l’intermédiaire du livre. Une même urgence à intervenir au sein de la Cité, puisque c’est bien là la place du poète. Un même plaisir à partager les mots, avec chaleur, humanité et simplicité.

Ils se connaissaient peu, mais ils ont cette qualité d’écoute, cette attention à l’autre, cette humanité qui fait les vrais poètes, et qui permet au duo de fonctionner parfaitement. Dimitri Porcu et Laurence Vielle prennent plaisir à rebondir chacun sur les mots de l’autre, chacun à sa manière.

Ils nous parlent des arbres, des arbres dans la ville, de la nature. Ils nous parlent des espoirs forgés en mai 1968. Ils nous parlent de la vie qui n’est pas toujours rose, de la Terre qui ne tourne pas toujours rond, mais où il y a lieu pourtant de s’émerveiller. Ils nous parlent, au fond, de nous.

Dimitri Porcu et Laurence Vielle

On ne pouvait rêver meilleur écrin, pour cette performance croisée, que celui de la Coulée Verte. C’est au cœur battant de la ville que les poètes ont proféré leurs mots. Un lieu d’arbres et de bitume, en parfaite symbiose avec les poèmes présentés. Les Niçois ont été nombreux à l’appel, happés par la magie de l’instant.

Pendant cette après-midi de soleil, Tristan Blumel a pu à nouveau faire visiter la « petite maison de poësie ». Une dernière fois, avant fermeture définitive. Ce n’est pas sans émotion que l’heure vient du rangement.

Mais les réjouissances de la journée ne sont pas terminées. En effet, au programme de la soirée, la tenue d’une scène ouverte de slam à la cave Romagnan. Ce lieu a une ambiance particulière. Il faut imaginer un petit bar défraîchi, aux murs recouverts de livres, de tableaux et de masques africains. Une foule compacte se serre autour du comptoir et des quelques tables. Ça sent la bière et le tabac froid. Un lieu vraiment populaire, au sens noble de ce terme. On s’inscrit auprès de Pascal Giovannetti, l’animateur de cette soirée, lui aussi poète et organisateur d’un festival de poésie en avril à Clans. Chacun peut alors se succéder au micro, et faire entendre ses poèmes, les siens propres ou un morceau choisi. Un verre offert pour chaque texte récité. Un poème de Rilke a ouvert le bal. On aura entendu, ce soir-là, des expressions très différentes, drôles ou émouvantes, toujours touchantes. J’ai aimé le fait que Laurence Vielle, marraine du festival, ait mêlé sa voix à celle de tous les amateurs, avec une joie bien palpable.

Pascal Giovannetti, à la cave Romagnan

Ce festival se poursuit ainsi en beauté. Prochains événements : la table ronde animée par Patrick Quillier entre le poète Jean-Pierre Siméon et le chirurgien Alexandre Bozek, autour de la notion de réparation, à la bibliothèque Nucéra, jeudi. Puis, vendredi soir, le bal éphémère de la Gaude. Samedi, une carte blanche à Laurence Vielle. Et dimanche, la journée de clôture à Clans.

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