« i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better et nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones, and the trembling
-firm-smotth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like, slowly stroking the, shocking fuzz
of your electric fur, and what-is-it comes
over parting flesh… And eyes big love-crumbs,

and possibly i like the thrill

of under me you so quite new »

Edward E. Cummungs, « i kile my body […] », in Poesie d’amore del ‘900,
a cura di Paola Dècina Lombardi, Mondadori, 1992, p. 346.

Voix majeure de la poésie américaine du XXe siècle, Edward Estling Cummings, souvent abrégé en E.E. Cummings, est l’auteur de nombreux poèmes devenus célèbres. Celui que j’ai choisi de citer aujourd’hui, extrait de l’anthologie Poesie d’amore del ‘900, renouvelle la tradition du poème amoureux par ses choix syntaxiques, ses audacieux retours à la ligne, son absence de majuscules. Ce poème m’a séduit par la force fougueuse du désir qu’il manifeste, par le fait d’oser parler de l’attrait du corps, d’une façon assez directe et presque crue.

En voici une traduction personnelle, assez libre, sans dictionnaire sous les yeux autre que celui de Google, mais avec l’aide de la traduction italienne de Mary de Rachewiltz :

"j'aime mon corps quand il est avec ton
corps.     C'est une si nouvelle chose.
Muscles, mieux, et nerfs comme en plus.
j'aime ton corps.   j'aime ce qu'il fait,
j'aime ses comment.   j'aime sentir son épine
dorsale et ses os, et sa tremblante
et douce fermeté que
encore et encore et encore
j'embrasserai,    j'aime embrasser ceci et cela de toi,
j'aime, lentement caresser le, duvet choquant
de ton électrique fourrure, et qu'est-ce-qui vient
sur la chair fissurée... Et les yeux grosses miettes d'amour,

et peut-être aimé-je le tremblement

d'en-dessous de moi toi si nouvelle"

J’espère que cette traduction, malgré ses inévitables faiblesses, laissera passer quelque chose de ce que j’ai ressenti en lisant le poème anglais. N’hésitez pas à commenter, à donner votre avis, et à partager si vous avez aimé !

Cet article s’inscrit dans la thématique du désir, thème annuel du Printemps des Poètes, édition 2021.

2 commentaires sur « Citation du jour — E. E. Cummings »

  1. Deux petites réflexions que m’inspirent votre traduction,
     » crumbs » désigne, comme  » miettes « , le minuscule, mais aussi le tendre ( opposé à  » crust » la croûte ) et ce qui reste …Quasi-intraduisible.
    Bien placé donc à la fin du poème et de ce qu’il évoque; non loin de « parting », à la fois « chair ouverte » et chairs qui se séparent; option que j’aurais retenue, pour la même raison: c’est la conclusion. Donc « comes over … » =  » qui submerge/envahit la chair sèparée. ( cf a parting kiss = un baiser d’adieu )
    C’est donc bien peu, car votre traduction m’a beaucoup plu.

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