« La femme sauvage et la petite maîtresse » de Baudelaire

Quel nom, plus que celui de Baudelaire, est étroitement associé à l’idée même de poésie ? Presque tous les poètes contemporains vous le confirmeront : Baudelaire reste le père de la modernité poétique, une référence incontournable, un visionnaire doublé d’un génie des mots. Il n’a pas eu besoin de publier des dizaines de recueils pour se forger cette réputation. Un livre tel que Les Fleurs du Mal se suffit à lui-même. Moins connu est cet autre chef-d’œuvre que sont les Petits Poèmes en Prose, également appelé Le Spleen de Paris. Et c’est de ce dernier ouvrage qu’est extrait le poème dont je vais vous entretenir aujourd’hui.

De la poésie en prose

Charles Baudelaire, par Carjat (Wikimedia Commons)

On le sait, Baudelaire n’est pas à proprement parler l’inventeur du poème en prose, puisqu’avant lui, un certain Aloysius Bertrand avait publié Gaspard de la nuit. On peut même remonter plus loin encore, en notant que, bien souvent, les traductions de poésie étrangère se faisaient en prose, si bien que le public pouvait commencer à s’habituer à ce paradoxe apparent d’une poésie en prose. Mais c’est bien Baudelaire qui, avec Le Spleen de Paris, a donné ses lettres de noblesse au genre, et prouvé que l’on pouvait écrire de la grande poésie autrement qu’avec des vers.

Baudelaire lui-même n’a de cesse de comparer ses deux ouvrages que sont Les Fleurs du Mal et Les Petits Poèmes en prose, dans le but de les rapprocher tout en pointant leurs différences. Le poète a dit plusieurs fois qu’il souhaitait que les deux ouvrages se fassent « pendant » l’un l’autre. Dans une lettre à sa mère datée du 9 mars 1865, Baudelaire décrit le volume de prose comme un « livre plus singulier ». Cette appréciation se précise dans une lettre à Jules Troubat, où il dit que l’ouvrage contient « beaucoup plus de liberté et de détail, et de raillerie ». De fait, les poèmes en prose ne sont pas un simple brouillon des poèmes en vers, et permettent de développer, notamment sous la forme de brefs récits, des aspects différents d’une même vision de la modernité. Le poète flâne dans la ville, y observe les foules et les déshérités, les petites vieilles et les saltimbanques. Ici, dans le poème qui nous occupe, Baudelaire s’intéresse à une « femme sauvage », montrée aux badauds comme une bête de foire.

Reproches à la femme aimée

Baudelaire commence son poème par une série de reproches à la femme aimée. On peut y voir une façon de prendre le contre-pied d’une tradition où la femme aimée est généralement adulée, adorée, comparée à une divinité gréco-romaine, ou que sais-je encore. Ici, Baudelaire s’adresse directement à elle, en la blâmant assez vigoureusement. Ce qu’il lui reproche ? De ne cesser de se plaindre, alors qu’elle vit dans un confort absolu. C’est une façon pour Baudelaire de sortir des ornières du lyrisme traditionnel. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le poète procédait ainsi : on pense notamment à la cruauté de Une Charogne, où la femme aimée est comparée à un cadavre en décomposition, afin de bien lui rappeler qu’elle est, elle aussi, un être mortel dont la beauté n’est qu’éphémère.

Mais citons sans plus attendre le passage concerné :

« Vraiment, ma chère, vous me fatiguez sans mesure et sans pitié ; on dirait, à vous entendre soupirer, que vous souffrez plus que les glaneuses sexagénaires et que les vieilles mendiantes qui ramassent des croûtes de pain à la porte des cabarets.

« Si au moins vos soupirs exprimaient le remords, ils vous feraient quelque honneur ; mais ils ne traduisent que la satiété du bien-être et l’accablement du repos. Et puis, vous ne cessez de vous répandre en paroles inutiles : « Aimez-moi bien ! j’en ai tant besoin ! Consolez-moi par-ci, caressez-moi par-là ! » Tenez, je veux essayer de vous guérir ; nous en trouverons peut-être le moyen, pour deux sols, au milieu d’une fête, et sans aller bien loin.

Le poème commence in medias res, sans prendre le temps de préciser le contexte de la situation d’énonciation. Cela ne rend que plus brutale cette imprécation : « vous me fatiguez », à peine atténuée par l’apostrophe « ma chère ». L’expression « à vous entendre soupirer » vise à ridiculiser l’attitude de la femme aimée. La comparaison qui suit n’est pas glorieuse : la femme aimée est rapprochée des personnes les plus misérables de la société, par leur pauvreté mais aussi par leur grand âge. Les « glaneuses sexagénaires » et les « vieilles mendiantes » ont en commun un travail harassant, véritablement pénible au sens fort de ce mot, et une existence misérable. À la pauvreté s’ajoute en effet la honte de devoir s’abaisser à ramasser « des croûtes de pain à la porte des cabarets », à la vue des gens riches qui assistent aux spectacles.

Le deuxième paragraphe renchérit encore sur le portrait dépréciatif de la femme aimée, à l’aide d’une hypothèse finalement niée : « si au moins vos soupirs exprimaient le remords ». L’apparente concession « ils vous feraient quelque honneur » permet en réalité d’accentuer la faute de la femme aimée, considérée comme précisément dépourvue de tout honneur. Ces soupirs ne sont que la complainte d’une enfant gâtée : « ils ne traduisent que la satiété du bien-être et l’accablement du repos ». Baudelaire se montre encore plus cruel en citant au discours direct les propos de la femme aimée, en les caricaturant, pour mieux les ridiculiser. La multiplication des phrases exclamatives vise à tourner en ridicule le discours de la femme aimée, qui recherche des preuves d’amour.

Bien entendu, il faut avoir à l’esprit que, en poésie, le discours amoureux relève souvent autant de la fiction que de la réalité. Pour mémoire, Ronsard a composé des centaines de sonnets à l’intention d’une Cassandre qu’il n’a sans doute que très peu fréquentée : l’être aimé devient avant tout un personnage, c’est-à-dire un être de papier, avec tout ce que cela suppose de fiction et d’irréalité. Aussi convient-il de se garder de juger Baudelaire quant à son attitude supposée vis-à-vis de la gent féminine : ces deux premiers paragraphes sont avant tout une introduction à la scène qui va suivre, que le poète présente comme un moyen de « guérir » la femme aimée de sa propension à se plaindre sans cesse. Le remède se veut brutal, s’agissant de lui faire perdre toute tentation de complainte. Il s’agit aussi, bien entendu, de choquer le lecteur.

Une bête de foire

Le discours adressé à la femme aimée se poursuit dans les paragraphes suivants, où Baudelaire décrit un bien curieux spectacle, fort cruel, mais qui, sans doute, devait correspondre à quelque réalité. En effet, le dix-neuvième siècle a connu des expositions d’êtres humains vivants, comparables à des zoos humains, où le bourgeois blanc découvrait avec curiosité des « sauvages » venus d’ailleurs.

« Considérons bien, je vous prie, cette solide cage de fer derrière laquelle s’agite, hurlant comme un damné, secouant les barreaux comme un orang-outang exaspéré par l’exil, imitant, dans la perfection, tantôt les bonds circulaires du tigre, tantôt les dandinements stupides de l’ours blanc, ce monstre poilu dont la forme imite assez vaguement la vôtre.

« Ce monstre est un de ces animaux qu’on appelle généralement « mon ange ! » c’est-à-dire une femme. L’autre monstre, celui qui crie à tue-tête, un bâton à la main, est un mari. Il a enchaîné sa femme légitime comme une bête, et il la montre dans les faubourgs, les jours de foire, avec permission des magistrats, cela va sans dire.

La construction de la phrase permet de retarder la mention du locataire de « cette solide cage de fer ». Baudelaire multiplie les précisions circonstancielles (« hurlant », « secouant », « imitant ») dans un rythme ternaire dont le dernier membre se subdivise en rythme binaire (« tantôt les bonds circulaires du tigre, tantôt les dandinements stupides de l’ours blanc »). Ce suspense correspond à la volonté de dramatiser l’apparition du « monstre poilu ». Tout est fait pour susciter l’horreur et le dégoût. Le caractère très vivant de la description permet de parler d’hypotypose. La précision « hurlant comme un damné » suggère la folie. L’affirmation « secouant les barreaux » traduit la violence. Les comparaisons animales à un « orang-outang », un « tigre » et un « ours blanc » font de ce « monstre poilu » une créature fabuleuse, une sorte de chimère.

La proposition relative « dont la forme imite assez vaguement la vôtre » prolonge la cruauté apparue en début de poème : Baudelaire n’épargne rien à la femme aimée, puisqu’il la compare à ce « monstre poilu ». Il faut attendre le paragraphe suivant pour que soit révélé de façon explicite le fait que ce monstre est « une femme ». La périphrase « un de ces animaux qu’on appelle généralement mon ange » met en valeur ce paradoxe apparent, cette inattendue réunion de l’animalité la plus brutale avec la féminité la plus raffinée. Le choix du nom « animaux » montre que cette femme est ici complètement animalisée, avec tout ce que cela suppose de négation de son humanité.

Baudelaire, bien évidemment, n’approuve pas cette situation. Aussi la métaphore de « monstre » s’applique-t-elle également au « mari ». Lui aussi « crie à tue-tête », et se révèle ainsi tout aussi animal que son épouse exhibée comme bête de foire. Le groupe détaché « un bâton à la main » suffit à suggérer la violence potentielle de ce sinistre individu. Le rapprochement du terme juridique « femme légitime » avec le mot « bête » souligne la cruauté de cet enfermement. La précision « avec permission des magistrats, cela va sans dire » met en évidence l’hypocrisie d’une société qui tolère ce genre d’exhibitions.

Un spectacle cruel

Baudelaire aurait pu en rester là, mais il poursuit la description de cet hideux couple par un récit qui donne à voir ce spectacle cruel. Le poète veut susciter l’horreur du lecteur :

« Faites bien attention ! Voyez avec quelle voracité (non simulée peut-être !) elle déchire des lapins vivants et des volailles piaillantes que lui jette son cornac. « Allons, dit-il, il ne faut pas manger tout son bien en un jour, » et, sur cette sage parole, il lui arrache cruellement la proie, dont les boyaux dévidés restent un instant accrochés aux dents de la bête féroce, de la femme, veux-je dire.

« Allons ! un bon coup de bâton pour la calmer ! car elle darde des yeux terribles de convoitise sur la nourriture enlevée. Grand Dieu ! le bâton n’est pas un bâton de comédie, avez-vous entendu résonner la chair, malgré le poil postiche ? Aussi les yeux lui sortent maintenant de la tête, elle hurle plus naturellement. Dans sa rage, elle étincelle tout entière, comme le fer qu’on bat.

L’impératif « Faites bien attention » s’adresse à la femme aimée : Baudelaire veut qu’elle regarde attentivement ce spectacle cruel, sans chercher à fermer les yeux ou à détourner le visage. Il l’invite à contempler cette scène d’une grande animalité, où la femme exhibée dévore des animaux. Le déterminant « quelle » a ici une dimension exclamative, traduisant le ton emphatique du passage. La précision entre parenthèses « non simulée peut-être » laisse entrevoir deux possibilités, tout aussi cruelles : la femme exhibée pourrait jouer l’animal en se donnant en spectacle, ou bien son comportement serait naturel, parce que des manières plus civilisées ne lui ont jamais été permises.

Une femme monstrueuse (Pixabay)

Le choix du verbe « déchire » paraît là encore emphatique, à côté d’autres verbes possibles plus neutres comme « manger ». La femme ne se contente pas de manger, elle dévore avec animalité. Les animaux qu’elle mange sont « vivants », ce qui ajoute encore à l’horreur de la scène. Le terme de « cornac » vient du cinghalais où il signifie originairement « dresseur d’éléphants », il a pu désigner ensuite, par extension, un « montreur d’animaux ». La femme exhibée est ainsi totalement assimilée à une bête de cirque.

Le recours au discours direct renforce le caractère vivant de la scène, et renchérit sur l’horreur. Faire parler le mari, c’est le montrer dans toute sa cruauté. Voici donc qu’il retire la nourriture à peine offerte. Le terme de « sages paroles » constitue bien entendu une antiphrase ironique. Baudelaire en rajoute dans le trash en évoquant les « boyaux dévidés » qui restent « accrochés aux dents ». La correction « de la bête féroce, de la femme, veux-je dire » est volontaire, et permet de souligner l’indignité dans laquelle cette pauvre femme est plongée.

Baudelaire passe ensuite au discours direct libre, c’est-à-dire un discours qui maintient l’énonciation aux première et deuxième personnes, mais supprime les guillemets. À la violence de la privation de nourriture, s’ajoute donc celle du coup de bâton. Le poète insère alors un commentaire, qui lui permet d’apporter son propre jugement sur la scène : « le bâton n’est pas un bâton de comédie ». Il s’exclame « Grand Dieu » comme s’il réagissait à une scène qui se déroulerait sous ses yeux à l’instant même : cela participe de l’hypotypose qui rend l’ensemble très vivant. La question adressée à la femme aimée « avez-vous entendu résonner la chair ? » contribue, elle aussi, à rendre bien présente cette scène horrifique. Baudelaire se complaît à décrire les convulsions et les râles de cette femme monstrueuse.

Une monstruosité bien humaine

Le paragraphe suivant constitue une sorte de conclusion, en même temps qu’une réflexion sur le malheur :

« Telles sont les mœurs conjugales de ces deux descendants d’Ève et d’Adam, ces œuvres de vos mains, ô mon Dieu ! Cette femme est incontestablement malheureuse, quoique après tout, peut-être, les jouissances titillantes de la gloire ne lui soient pas inconnues. Il y a des malheurs plus irrémédiables, et sans compensation. Mais dans le monde où elle a été jetée, elle n’a jamais pu croire que la femme méritât une autre destinée.

Je voudrais ici surtout commenter la périphrase « ces deux descendants d’Ève et d’Adam » par laquelle Baudelaire désigne cet horrible couple. La référence biblique, de même que l’adresse à Dieu, rappelle que, aussi cruels et inhumains que soient ces deux êtres, ils sont bien des humains, des créatures de Dieu. Cette référence pointe le caractère paradoxal de cette situation, et permet au poète d’apporter son propre jugement : « cette femme est incontestablement malheureuse ». La concession qui suit ne lui accorde de toute manière qu’une « jouissance » fort médiocre. Certes, Baudelaire juge qu’ « il y a des malheurs plus irrémédiables », comme pour atténuer l’horreur de la situation décrite. Ce qui semble finalement le plus terrible, c’est que « elle n’a jamais pu croire que la femme méritât une autre destinée ». Autrement dit, le poète suppose que cette femme-monde ne conçoit même pas qu’une vie plus douce soit possible, elle ne conçoit pas même l’injustice de sa propre situation, puisqu’elle n’en connaît pas d’autre.

Retour à la femme aimée

La suite du poème nous ramène à la situation initiale, celle de la femme aimée à laquelle le poète reproche ses plaintes et ses soupirs :

« Maintenant, à nous deux, chère précieuse ! À voir les enfers dont le monde est peuplé, que voulez-vous que je pense de votre joli enfer, vous qui ne reposez que sur des étoffes aussi douces que votre peau, qui ne mangez que de la viande cuite, et pour qui un domestique habile prend soin de découper les morceaux ?

« Et que peuvent signifier pour moi tous ces petits soupirs qui gonflent votre poitrine parfumée, robuste coquette ? Et toutes ces affectations apprises dans les livres, et cette infatigable mélancolie, faite pour inspirer au spectateur un tout autre sentiment que la pitié ? En vérité, il me prend quelquefois envie de vous apprendre ce que c’est que le vrai malheur.

« À vous voir ainsi, ma belle délicate, les pieds dans la fange et les yeux tournés vaporeusement vers le ciel, comme pour lui demander un roi, on dirait vraisemblablement une jeune grenouille qui invoquerait l’idéal. Si vous méprisez le soliveau (ce que je suis maintenant, comme vous savez bien), gare la grue qui vous croquera, vous gobera et vous tuera à son plaisir !

« Tant poëte que je sois, je ne suis pas aussi dupe que vous voudriez le croire, et si vous me fatiguez trop souvent de vos precieuses pleurnicheries, je vous traiterai en femme sauvage, ou je vous jetterai par la fenêtre, comme une bouteille vide. »

L’exclamation « Maintenant, à nous deux ! » marque explicitement la transition, tout en présentant le rapport avec la femme aimée sur le monde de la confrontation, du conflit. Le poète oppose « les enfers » du monde et le « joli enfer » de la femme aimée, dont le caractère infernal paraît bien dérisoire. L’apostrophe « vous qui […] » se déploie ainsi en un long rythme ternaire, qui permet de développer tout le confort dont bénéficie la femme aimée. De même que l’adjectif « joli », l’adjectif « petits » atténue les « soupirs » en en faisant de simples postures, des « affectations ». Baudelaire reproche à la femme aimée de surjouer sa détresse, qui ne seraît qu’un rôle de composition. Les références aux « livres » et aux « spectateurs » soulignent la théâtralisation de la posture de la femme aimée.

Le poète se transforme alors en une sorte de donneur de leçons :  » il me prend quelquefois envie de vous apprendre ce que c’est que le vrai malheur ». L’attitude de la femme aimée est complètement ridiculisée à travers la comparaison à une « jeune grenouille ». Le poète se compare lui-même à un soliveau, c’est-à-dire une petite solive, une poutre de bois, terme utilisé pour désigner un « homme dépourvu d’autorité, ne sachant pas se faire respecter ». Autrement dit, Baudelaire prévient la femme aimée quant à la tentation de le considérer comme un faible soliveau : le ton est celui de la menace : « gare la grue qui vous croquera, vous gobera et vous tuera à son plaisir !« . Ces verbes au futur font planer sur la femme aimée une menace de mort, certes par plaisanterie. Le dernier paragraphe prolonge la menace en instaurant une comparaison avec la « femme sauvage », ce qui permet de faire le lien avec les différentes parties du poème.

*

Ce poème en prose vise avant tout à choquer le goût bourgeois. De la même façon qu’il l’avait fait avec Une charogne, Baudelaire se livre ici à la peinture d’une scène répugnante. Loin de flatter la femme aimée, il la ridiculise et la confronte à l’horreur d’un malheur bien plus grand que le sien. Comme le pense Laëtitia Bertrand dans un article très intéressant, il s’agit sans doute là moins de misogynie véritable que d’un esprit anti-bourgeois : ce qui déplaît au poète, ce n’est pas la féminité en tant que telle, mais le confort et les plaintes insensées qu’il engendre.

C’est ainsi que le récit premier du poète agacé par sa « belle délicate » enchâsse une véritable scène, très vivante, qui lève le voile sur une réalité que d’ordinaire, nous refusons de voir. Baudelaire montre la violence dont sont capables les êtres humains, et esquisse par là-même une critique de la société qui permet de telles violences, même si le texte reste un poème, non une harangue sociale : Baudelaire laisse au lecteur le soin de tirer les conclusions qui s’imposent. Il montre la scène dans toute son horreur, en mettant en évidence combien il est cruel de transformer ainsi une femme en bête de foire. Je ne doute pas que de tels spectacles aient pu avoir lieu à l’époque de Baudelaire : en effet, certaines « Expositions Universelles » ont exposé des êtres humains à la curiosité malsaine des badauds. Ce qui est le plus terrifiant, c’est que tout cela eut lieu au XIXe siècle, somme toute assez récemment. Il faut peut-être rappeler qu’il fallut attendre l’après-guerre pour qu’une femme, en France, puisse posséder un carnet de chèques sans l’autorisation de son mari…

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