Les « ultimes vérités » de Jean-Yves Masson

Publiées en 2007 aux éditions Verdier, sises à Lagrasse, dans l’Aude, les Ultimes vérités sur la mort du nageur sont un recueil de nouvelles de Jean-Yves Masson, qui est aussi poète, traducteur, éditeur et professeur de littérature à l’Université de la Sorbonne. Je voudrais vous parler de ce livre que j’ai beaucoup aimé.

Quel est le point commun entre les huit récits qui composent cet ouvrage ? Je dirais que c’est un petit pas de côté qui, chaque fois, nous fait sortir de la normalité, et nous fait entrer, sans qu’on y prenne garde, dans un univers qui, bien que très semblable au nôtre, n’est plus tout à fait le même. Tzvetan Todorov disait en substance que, entre le réalisme et le merveilleux, il y a le fantastique. Ces nouvelles m’ont fait penser à cette définition, en ce que l’on est toujours sur la crête entre interprétation réaliste et interprétation merveilleuse. Est-ce le personnage de la première nouvelle qui a rêvé, ou bien a-t-il réellement passé contrat avec la mort, laquelle ne surviendra qu’une fois la description finie ? Tel Schéhérazade, il n’est pas pressé d’en finir avec son travail d’écriture. Un autre récit met en scène un personnage qui, sortant de chez lui en pleine nuit, s’égare jusqu’au petit matin, incapable de retrouver son chemin, sans que personne ne soit capable de l’aider : est-ce simplement parce qu’il habite sur une frontière, ou bien est-ce parce qu’en marchant, il s’est retrouvé dans un monde où sa maison n’a jamais existé ? Si vous aimez l’étrange, cette « inquiétante étrangeté » que Freud, je crois, nomme Unheimlichkeit, vous aimerez ces nouvelles de Jean-Yves Masson. Elles ne basculent jamais du côté du merveilleux, et donc du conte, qui est un genre dans lequel l’auteur excelle également (La Fée aux Larmes est un livre magnifique qui m’a beaucoup marqué) : on reste en-deçà de ce basculement, à la lisière du songe et de l’éveil, comme à la frontière de la santé mentale et de la folie. Tel personnage dialogue avec sa grand-mère pourtant décédée depuis longtemps. Tel autre croit traduire un chapitre qui n’a peut-être jamais existé. Ces situations ambiguës interrogent notre conception du monde, du temps et de l’espace, et, partant, la peur de la mort et le sens de la vie. Affronter la mort, dans un ultime et sublime défi, tel est précisément l’enjeu de la dernière nouvelle, qui donne son titre au recueil entier…

Je vous recommande donc la lecture de cet ouvrage dont voici les références : les Ultimes vérités sur la mort du nageur de Jean-Yves Masson sont parues en 2007 chez Verdier.

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