Matin de fin d’hiver

Ils approchent de la fenêtre pendant le petit-déjeuner. À petits pas discrets. Le rouge-gorge arrive en premier. Il observe furtivement les alentours, perché un peu en hauteur sur la poignée de la brouette. Ayant vérifié que la place est libre, il se pose sur la terrasse, picore quelques-unes des miettes laissées aux oiseaux, puis s’en va se dissimuler dans un buisson. Il ne faut pas rester trop longtemps à découvert. Ensuite, c’est l’apparition du merle. Moins farouche, il prend son temps. Son bec orange saisit goulûment les plus grosses miettes, sans craindre le frêle rouge-gorge qui n’ose plus s’avancer. Une mésange approche à son tour. Elle reste en retrait pendant le repas du gros oiseau noir. Il est alors possible d’observer son plumage jaune, blanc et noir. Plus loin, entre les branches nues du fustet, on reconnaît sans peine le geai. Son plumage beige et brun cache sous les ailes un peu de bleu. Qu’il est agréable de prendre son petit-déjeuner devant la fenêtre ! On mange avec les oiseaux et leur manège, chaque jour presque le même, a quelque chose de paisible et rassurant : on laisse s’écouler le temps, et voici la forêt toute entière qui s’éclaire et s’éveille, et ses branches nues qui chantent le chant de multiples oiseaux, qui en répètent et répercutent l’écho, célébrant la fraîche lumière de cette matinée de fin d’hiver.

Gabriel Grossi, 10 mars 2021

Image d’en-tête trouvée dans la banque d’images gratuites de WordPress.

5 commentaires sur « Matin de fin d’hiver »

  1. Gabriel Grossi! ce texte poetique s ajoute a d autres/ ou le sentiment de la nature jaillit a chaque moment . L auteur observe les oiseaux dans un boois, dans une clairiere….quelle chance! que celle de compter chaque geste, disons/ geste/ …qction divisee/ precise/ du rituel quotidien de ces mignionnes et vigoreuses a la fois, creatures ! la danse, la joie genuine de ses oiseaux/ sont partagees par Gabriel Grossi /en tant que forme de celebrer le printemps
    dans sosn pays/ selon la tradition/ la Douce France…
    A cote du poeme sur le faucon/ voici un autre- poeme en prose/ prozeme/ om peut dire comme ca/?/… une enluminure a la francaisey compris, l emotion d une ame jeune et reconnaissante…

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