Poème du bord de mer

TEXTE PERSONNEL

Toujours, il s’en revient près de la mer.

C’est là, où que ses pas l’aient d’abord porté, qu’il finit par se rendre. Dans le dédale de la grande ville, elle lui est un repère. S’il aime à se perdre dans les méandres des rues, c’est qu’il la sait présente par-delà le béton et la grisaille. Elle n’est jamais très loin de ses pas. Elle lui rend supportables la ville et ses rumeurs, ses foules pressées et irascibles, ses cris et ses sirènes. Dans les moments d’incertitude, il s’en vient près d’elle chercher du réconfort. Jamais elle ne se refuse à lui ; jamais elle ne trahit sa confiance. Elle répète pour lui une mélodie douce et rassurante, dans le bercement continu du ressac où se perdent ses pensées. Il se laisse fasciner par ses teintes changeantes, par son bleu plus profond que la nuit, par ses irisations perlées d’écume dans la clarté rayonnante du jour. Il cherche à comprendre comment ses ondulations parviennent à se résoudre en une si parfaite ligne. Il a besoin de ces instants où le regard porte au loin et où il n’y a rien d’autre à faire que de contempler le vide, comme pour s’y perdre, sans vouloir y chercher quelque chose, accueillant simplement ce qui s’y trouve, heureux d’être là, suspendu entre ciel et mer, oublieux de tout, laissant derrière lui l’agitation de la ville, un peu stupide peut-être de se savoir figé devant rien, mais indifférent finalement au regard des autres, puisque seul importe désormais l’infini de la mer, pour quelques secondes encore avant de retourner à l’existence ordinaire, et la sensation d’être parfaitement à sa place, si petit pourtant, mais en accord avec celle qui se déroule et continue de se dérouler devant lui.

Gabriel GROSSI, 5 décembre 2019.

La baie des Anges depuis Antibes (photo personnelle)

5 commentaires sur « Poème du bord de mer »

  1. Un poème très ressenti qui donne la sensation d’Exister en symbiose avec la mer. Les mots les uns après les autres ne font plus qu’un avec la mer, composant un poème de couleurs et descriptions d » du bord de la mer » où l’être se fige, heureux. Je pense à lEtranger de Camus qui se fond dans le soleil et la lumière au bord de la mer!

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