La littérature en sursis

Je viens d’apprendre par l’intermédiaire des réseaux sociaux que les éditions de la Différence venaient d’être placées en liquidation judiciaire. L’information est confirmée par le journal L’Humanité ainsi que par la revue en ligne Actualitté. J’apprends également que la revue Europe, privée de subventions, est également en péril. De nos jours, comme depuis longtemps, concilier exigence littéraire et rentabilité reste une équation difficile à résoudre. En guise de soutien, je tiens donc à présenter leur travail.

1. Les éditions de la Différence

Les éditions de la Différence ont été fondées en 1976 par Joaquim Vidal et Colette Lambrichs. Elles ont publié de nombreux ouvrages, et notamment des ouvrages de poésie.

Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Pour évoquer un exemple que je connais bien, c’est à la Différence que Jean-Michel Maulpoix fit paraître en 1990 un bel essai sur le peintre Léon Zack, magnifiquement illustré par des reproduction en grand format des œuvres abstraites de l’artiste. Une peinture méditative faite de taches d’encre. Paru à l’occasion d’une exposition, l’ouvrage marie peinture, critique et poésie, unies dans une même quête de l’insaisissable.

Et c’est également aux éditions de la Différence que le poète belge François Jacqmin a publié Le Livre de la neige, dont j’ai déjà parlé sur ce blog. S’y fait entendre la voix retenue, précise, modérée de François Jacqmin, habité par le souci d’une langue juste, dénuée d’artifices, à l’image de la neige même.

2. La revue Europe

Un planisphère (Pixabay, libre de réutilisation)

La revue Europe est l’une des principales revues de littérature. Fondée en 1923, il ne lui manque donc que quelques années pour être centenaire. De nombreux écrivains et poètes du XXe siècle en ont été ou bien rédacteurs, ou bien sujets de leurs articles. Feuilleter la revue Europe, c’est découvrir les nouvelles parutions présentées dans de brefs comptes-rendus, c’est parcourir des dossiers consacrés à de grands écrivains, c’est accéder à une mine d’informations nécessaires à l’étudiant et utiles à l’amateur de belles lettres.

Cette revue, désormais privée de subventions, « ne passera pas l’été » selon le site Fabula. Aussi la revue s’en remet-elle à la bonne volonté des lecteurs en espérant de nouveaux abonnements. Si le prix de l’abonnement annuel (de 75 €) est au-dessus de vos moyens, vous pouvez malgré tout faire un petit geste en demandant à votre bibliothèque municipale de s’y abonner.

3. La littérature en sursis

C’est l’occasion de rappeler que, en dehors de quelques ouvrages très médiatisés avant même leur parution, assurés pour cette raison même de rencontrer un certain succès, la littérature demeure une entreprise précaire, pour tous ceux qui y concourent, écrivains, éditeurs, libraires… C’est généralement l’affaire de passionnés, qui se considèrent avant tout comme des passeurs d’une expérience unique, susceptible à de nombreux égards de bouleverser l’existence.

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