Le tableau d’à côté : Les Noces de Cana (Véronèse)

La Joconde (Wikipédia)

Vous ne pouvez pas n’être jamais tombé sur une reproduction de la Joconde de Léonard de Vinci. Ce serait, dit-on, le plus célèbre tableau du monde. Il est vrai que le sourire énigmatique de Mona Lisa a fait couler beaucoup d’encre. Et puis, le vol du tableau, retrouvé par la suite, ajoute quelque chose de rocambolesque à la toile. Eh bien, je vous propose de regarder le tableau d’à côté

Visiteurs du Louvre devant la Joconde (Max Fercondini, Wikipédia)

La Joconde se trouve au musée du Louvre, à Paris, où elle est admirée par des milliers de visiteurs chaque jour. L’encyclopédie Wikipédia, reprenant une information du journal France Soir, évoque le nombre de vingt mille admirateurs quotidiens. Il est d’ailleurs parfois difficile d’approcher de cette toile aux dimensions relativement modestes, tant une foule compacte se presse pour contempler le chef d’œuvre de Léonard de Vinci. Plus précisément, vous trouverez la Joconde dans la salle des États, où elle est enfermée dans une vitrine protectrice.

Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », où je vous propose habituellement de découvrir un poème initialement publié juste avant ou après un poème très célèbre, je vous invite aujourd’hui à vous intéresser au « tableau d’à côté ». Il se trouve que, s’agissant de la Joconde, le tableau d’à côté est également très célèbre, même si sa renommée est loin d’atteindre celle du portrait de Lisa Gherardini del Giocondo. Il s’agit des Noces de Cana, de Véronèse.

En l’occurrencee, il s’agit plutôt du « tableau d’en face ». Ce tableau, le voici :

Les Noces de Cana de Paolo Caliari, dit Paul Véronèse (Wikipédia)

Ce qui saute aux yeux, en premier lieu, c’est l’énorme différence de dimensions. Le tableau de Véronèse dépasse les six mètres de haut et les neuf mètres de large. Bref, si vous voulez l’installer dans votre salon, vous avez intérêt à prévoir de la place…

Dans Le Grand Louvre, le critique d’art Alain Nave parle, à propos de la peinture italienne du XVIe siècle, du « triomphe de l’école vénitienne » : « Les peintres de la Sérénissime vont offrir leurs couleurs généreuses où se déverse une lumière mordorée si caractéristique d’un art plein d’élégance. Et du tableau de chevalet au grand décor, de Giorgione à Titien, de Tintoret à Véronèse, c’est toujours le même charme qui opère, du Concert champêtre aux Noces de Cana le même raffinement. »

Le sujet du tableau

Le tableau évoque un passage de la Bible, au deuxième chapitre de l’Évangile selon Saint-Jean (vous trouverez sans peine le texte en ligne, par exemple ici). Mais, comme le remarque très justement Frédéric Taddéi dans D’art d’art, Véronèse a représenté cette noce comme une fête vénitienne, avec sa belle géométrie de colonnades, ses convives richement vêtus, ses musiciens, ses desserts…

Des personnages à reconnaître

Les musiciens (détail du tableau)

Selon Alain Nave, le peintre a représenté, parmi les convives, des personnes possédant les traits de certaines personnes célèbres à son époque : « Véronèse se serait dit-on représenté sous les traits du musicien vêtu de blanc. Face à lui, avec sa tunique rouge, Titien est à la basse de viole. Entre ces deux musiciens, Bassano souffle dans un cornet et Tintoret joue du violon. La tradition rapporte que d’autres personnages illustres sont assis à la table de gauche, et parmi eux François Ier, Charles Quint et Soliman le Magnifique. »

Harmonie d’ensemble et joie des détails

Jésus, au centre du tableau

Ce tableau est séduisant par son harmonie, par sa symétrie, par ses couleurs vives et joyeuses. Tout converge vers Jésus, au centre, nimbé d’une auréole. Ce doit être le seul personnage qui regarde directement dans notre direction. S’il est parmi la foule, il n’est pas tout à fait avec eux : il ne leur parle pas, il ne les regarde pas. Il trône dignement. Le peintre montre ainsi qu’il n’est pas un convive comme les autres, mais bien celui que les Chrétiens considèrent comme le Fils de Dieu. Le regard est également attiré par le ciel bleu où se détache un clocher : pureté et spiritualité…

Un chien (détail du tableau)

Ce que j’aime aussi dans ce tableau, c’est qu’il possède tellement de détails que l’on peut demeurer longtemps face à lui sans avoir tout remarqué. Aviez-vous noté, par exemple, le chien, en haut à gauche, dont la tête dépasse d’une balustrade ?

Un petit chien (détail du tableau)

D’ailleurs, à propos de chiens, sauriez-vous dire combien il y en a, en tout, dans le tableau ? N’hésitez pas à proposer une réponse dans les commentaires ! Il y en a peut-être davantage que vous ne pensez…

Les autres tableaux de la Salle de la Joconde

En cherchant des informations à propos des tableaux qui jouxtent la Joconde au Louvre, je suis tombé sur un très intéressant article, paru sur le blog « Au Louvre j’aime ». On peut y voir des reproductions des tableaux de la Salle de la Joconde, histoire de pouvoir les apprécier à leur juste valeur, à tête reposée, loin de la foule.


Pour en savoir plus

Pour rédiger cet article, j’ai utilisé :

  • Frédéric Taddeï, Marie-Isabelle Taddeï, d’Art d’Art, éditions du Chêne, 2008, sur une idée originale de Natalie Boels-Kugel. Livre adapté de l’émission télévisée de France 2.
  • Alain Nave, Le Grand Louvre, éditions Adam Biro, 1997-2002.
  • Les articles de Wikipédia sur Les Noces de Cana et sur la Joconde
  • Une présentation de la Salle de la Joconde sur le site du Louvre

Les images ont été trouvées sur Wikipédia. Les détails proviennent de l’image en grande résolution trouvée sur Wikipédia.

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