Un petit recueil de Jean-Marie Barnaud

C’est un tout petit livre d’une dizaine de centimètres de côté, à la couverture bleue, imprimé sur du beau papier. Il ne compte que vingt-sept pages et dix-sept poèmes, imprimés à l’encre verte. Son titre ? Sur le carnet de Marion. Son auteur ? Jean-Marie Barnaud.

Un beau petit livre

Ses dimensions réduites, son beau papier, son encre verte, font de l’ouvrage un beau petit livre. Il s’agit, en outre, d’un ouvrage illustré. Deux couleurs seulement ont été retenues par l’illustratrice, Martine Mellinette : le bleu et le vert. Un bleu assez sombre, dans lequel se découpent des formes d’oiseaux qui vont toujours par couple (car il faut au moins deux hirondelles pour faire le printemps !). Et des bandes vertes, sur certaines pages seulement. Cette simplicité des formes s’apparie à merveille avec le ton des poèmes. On a l’impression qu’il s’agit de collages.

Des poèmes brefs

Les poèmes évoquent, pour la plupart, la forme du haïku, même si tous n’adoptent pas sa disposition en trois vers. C’est surtout la thématique des saisons — essentiellement le printemps — et la capacité des poèmes à évoquer des instants fugaces, qui fait penser à ce genre japonais.

« Chatoiement de gorge
Au jardin :
Les étourneaux ripaillent ! »

Simplicité de l’instant

Cette brièveté est un moyen d’aller à l’essentiel. Jean-Marie Barnaud privilégie un vocabulaire simple, le plus à même de traduire sans détours la beauté de la nature.

« N’en déplaise
À la pie,
Le parfum du narcisse
Attise le bleu
Du ciel. »

C’est beau, n’est-ce pas ?

On le voit, il n’est pas forcément nécessaire d’être un poète torturé pour écrire de beaux poèmes. Si la poésie peut traduire les doutes, les incertitudes, les malaises d’une condition humaine précaire par bien des aspects, elle peut aussi chanter le monde tel qu’il est, et la joie que nous avons d’y prendre part. Et si Jean-Marie Barnaud insiste ici sur le monde naturel, végétal et animal, c’est peut-être précisément parce que plantes et animaux sont étrangers à nos inquiétudes, et que leur contemplation est source de joie.

Pour finir, citons encore ce poème :

« L’herbe d’avril
Ignore le blé
Qui monte :
Vert pour vert,
C’est tout comme !

Mais en juin :
Ciao la fétuque ! »


Références de l’ouvrage :
Jean-Marie BARNAUD, Sur le carnet de Marion, Cheyne éditeur, Chambon-sur-Lignon, 1990. Illustrations de Martine Mellinette.

(Image d’en-tête : Navallo, Pixabay)

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