« Vivent les vacances » : une histoire de lexicalisation

Saviez-vous que, dans « Vive le roi ! », le premier mot est un verbe ? À savoir, le verbe vivre à la troisième personne du singulier du subjonctif, mode choisi pour exprimer le souhait.

S’exclamer « Vive le roi ! » revient à souhaiter une longue vie à Sa Majesté. Or, ce fait tend à s’oublier, si bien que nombreux sont ceux qui négligent l’accord et qui écrivent « Vive les vacances ! » au lieu de « Vivent les vacances ! »

Cette omission de l’accord est ce que l’on appelle une grammaticalisation, autrement dit un figement linguistique : le verbe perd son plein statut de verbe, pour devenir un simple mot-outil, une interjection, une exclamation, semblable à « youpi » si l’on veut. En somme, les locuteurs ont tendance à oublier qu’il s’agit du verbe vivre, comme on s’en rend compte au fait qu’il s’emploie désormais pour bien autre chose que des réalités vivantes.

2 commentaires sur « « Vivent les vacances » : une histoire de lexicalisation »

  1. Cela étant, j’aurais tendance à conserver l’accord uniquement si le référent est un ou des animés (« vivent le roi et la reine ! ») et à adopter l’invariabilité pour des référents non animés (« vive les vacances ! »), car je ne pense pas que les vacances « vivent », qu’elles aient une existence comme en ont une les animés.

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