La courbe de popularité des poètes du XIXe siècle

Le poète contemporain Jean-Michel Maulpoix les appelle les « quatre pieds de la table ». Ils s’appellent Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine. Ce sont sans doute les quatre plus grands noms de la poésie française de la deuxième moitié du vingtième siècle. Grâce à Google Ngram, on peut suivre en direct leur courbe de popularité pendant deux siècles…

Les ténors de la poésie du XIXe siècle

Source des images : Wikipédia.

Si Jean-Michel Maulpoix fait de ces quatre poètes les « quatre pieds » de sa table d’écriture, c’est sans doute parce qu’ils sont ceux qui ont fait entrer la poésie française dans la voie de la modernité. Cet adjectif moderne veut dire diverses choses selon le contexte où on l’emploie, mais ici, on veut parler du profond renouvellement des esthétiques poétiques qui s’opère au XIXe siècle, grâce à Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé et Verlaine.

Charles Baudelaire

On ne présente plus le père des Fleurs du Mal, celui qui a fait entrer la ville dans la poésie, la ville telle qu’elle était, avec ses petites vieilles, ses vitriers, ses éclopés de la vie. Celui qui a saisi le mal du siècle, à travers ce spleen qui, certes, lui était propre, mais constitue aussi la lecture personnelle d’un malaise bien plus universel. Celui qui a donné ses lettres de noblesse au genre du poème en prose. Voici quelques uns des articles que j’ai consacrés au grand poète :

Arthur Rimbaud

Plus qu’un homme, Rimbaud est devenu un mythe, grâce à son parcours atypique. Rimbaud est le nom d’une révolte adolescence, d’un génie précoce et iconoclaste, d’une fulgurance tout aussi surprenante que le silence qui lui a suivi. Le poète a composé l’ensemble de ses vers entre 16 et 18 ans, puis a tourné le dos à la littérature, pour se consacrer au trafic d’armes en Éthiopie. Les vers de ses Poésies comme la prose d’Une Saison en Enfer ont marqué tout le siècle qui allait suivre. Voici les derniers articles consacrés à l’Ardennais :

Paul Verlaine

On associe souvent Verlaine avec les notions de musicalité, de sensibilité, voire de fadeur (Jean-Pierre Richard). Ces termes ont quelque chose de gentillet qui ne rend pas forcément tout l’honneur que l’on doit à la poésie de Verlaine, résolument novatrice et subtile, tout en demeurant accessible. Pour vous donner une idée de la poésie de Verlaine, n’hésitez pas à vous plonger dans les articles que je lui ai consacrés :

Stéphane Mallarmé

Ce professeur d’anglais était surtout connu pour être l’auteur d’une œuvre exigeante, souvent qualifiée d’hermétique, non seulement en raison d’une recherche lexicale avancée, mais aussi et surtout pour ses choix syntaxiques originaux, qui nécessitent souvent de s’y reprendre à plusieurs fois avant de bien saisir le sens littéral des poèmes. Son Sonnet en X est un chef-d’œuvre de complexité. Dans Un Coup de dés jamais n’abolira le hasard, le poète éclate les mots sur la page, rompant avec la linéarité du texte ordinaire en jouant avec l’espace de la feuille. Parmi les articles de ce blog qui lui sont consacrés, je vous invite à découvrir :

Quelques statistiques : une courbe de popularité ?

Ces quatre poètes ont-ils eu la même célébrité au cours du temps ? Voilà ce que nous allons tenter de déterminer, à l’aide d’un outil numérique gratuit fourni par Google, et que l’on appelle Google Ngram.

Je tiens à préciser que la démarche qui va être la nôtre n’a rien de scientifique, et qu’il s’agit simplement de donner un aperçu d’une popularité qu’il faudrait ensuite étudier de façon rigoureuse. Je fais en particulier un raccourci sidérant, en supposant que, plus un auteur est cité, plus il est célèbre. J’utilise en outre un outil sans avoir accès aux données qui sont derrière. Je rappelle donc que ce qui va suivre n’est pas un article scientifique, mais bien un article de blog, destiné à susciter l’intérêt du lecteur.

Le principe est simple : l’entreprise Google a numérisé tellement de livres qu’elle est capable de fournir des statistiques sur l’évolution l’utilisation d’un mot, d’un nom ou d’une expression dans ce vaste corpus. Si on choisit le corpus « Français », voici ce qui s’affiche :

Capture d’écran de Google Ngram

Pour afficher le graphe en grand format, cliquer sur ce lien.

  • En 1960, seul Baudelaire est un peu connu : les autres n’émergeront que plus tard.
  • A partir du milieu des années 1880 et jusque vers les années 1930, Verlaine et Mallarmé se partagent la vedette.
  • Entre 1936 et 1950, Mallarmé détrône ses trois camarades, et de loin.
  • Entre 1980 et 1994, c’est de Rimbaud que l’on parle le plus dans les livres publiés en Français.
  • Depuis la fin des années 1990, Baudelaire retrouve la première place, ce qui ne lui était plus arrivé depuis très longtemps.

Bien sûr, il faut garder à l’esprit que ces courbes indiquent des pourcentages. Or, le nombre total de livres publiés en 1850 et en 2000 n’a probablement rien à voir. Ainsi, une courbe descendante n’est pas le signe que l’on parle moins d’un auteur (en valeur absolue), mais simplement que la proportion des livres qui parlent de lui décroît. Le résultat affiché pour 2008 n’est pas contre-intuitif : Baudelaire me semble en effet, subjectivement, plus connu que les trois autres.

Et vous, lequel de ces quatre poètes majeurs connaissez-vous le mieux ? N’hésitez pas à réagir dans l’espace des commentaires !

4 commentaires sur « La courbe de popularité des poètes du XIXe siècle »

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