La poésie de Jean-Michel Maulpoix en 4 tableaux célèbres

Parmi les sources d’inspiration du poète contemporain Jean-Michel Maulpoix, la peinture et la musique figurent en bonne place. Je vous avais déjà parlé de son travail commun avec le peintre Christian Gardair, qui a notamment donné lieu à une vidéo consultable sur Dailymotion. J’ai également rappelé que le titre de son recueil Pas sur la neige est inspiré d’un prélude de Claude Debussy. Aujourd’hui, je vous propose une petite promenade virtuelle autour de quelques œuvres d’art célèbres qui ont inspiré le poète.

1. La pie de Monet

Claude Monet, La pie, Wikimedia Commons (libre de réutilisation)
Claude Monet, La pie, Wikimedia Commons (libre de réutilisation)

L’une des sections de Pas sur la neige, celle qui est précisément consacrée à la peinture, commence par ces mots :

« Sur la barrière de bois, une pie s’est posée, pareille à une note de musique. On n’ose imaginer qu’elle chante. Elle réchauffe son plumage au faible soleil d’hiver. Son ombre sur le sol blanc semble un pas sur la neige. »

Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige,
Paris, Mercure de France, 2004, p. 49.

Ces phrases, qui sont celles par lesquelles commence la section, n’indiquent pas explicitement qu’elles sont la description vivante d’un tableau. Jean-Michel Maulpoix plonge son lecteur directement dans l’univers du tableau, sans prologue ni avertissements. La comparaison avec la « note de musique » permet au poète d’associer les trois arts, poésie, peinture, musique.

2. Fantin-Latour, Coin de table

Jean-Michel Maulpoix a publié en 2006 un recueil intitulé Boulevard des Capucines, dans lequel il entraîne son lecteur dans le dix-neuvième siècle parisien, celui des écrivains, des poètes et des peintres, mais aussi celui des flâneurs, des « cocottes » et des joueurs d’orgue de Barbarie… La quatrième section de cet ouvrage s’intitule Coins de table, en référence à un célèbre portrait de groupe de Fantin-Latour.

Henri Fantin-Latour, Un coin de table (Wikimedia Commons, libre de réutilisation)
Henri Fantin-Latour, Un coin de table (Wikimedia Commons, libre de réutilisation)

On reconnaîtra, au premier rang, à gauche, Paul Verlaine, et, à ses côtés, Arthur Rimbaud. Les autres sont moins connus, vous trouverez leurs noms sur la page Wikimedia Commons où l’on trouve l’image de ce tableau, en passant la souris au-dessus de leur visage.

 3. Edgar Degas, Le tub

Je choisis, en troisième position, de vous montrer Le tub de Degas, qui est l’un des plus célèbres tableaux du peintre, en raison notamment de l’originalité du cadrage adopté.

Edgar Degas, Le tub (Wikimedia Commons, libre de réutilisation)
Edgar Degas, Le tub (Wikimedia Commons, libre de réutilisation)

On peut citer un extrait de ce que dit Jean-Michel Maulpoix à propos de Degas :

« Les femmes peintes par M. Degas ne sourient pas.
Il les surprend au tub, dans des attitudes animales, lavant leur corps replet, s’essuyant ou peignant avec force leur chevelure épaisse.
L’œil cruel, il n’embellit pas. Il montre à la volée, sans rien escamoter, en cadrant comme un photographe, la chair réelle avec ses fards et ses fatigues, dans la lumière électrique et le gaz blafard de l’époque. »

Jean-Michel Maulpoix, Boulevard des Capucines,
Paris, Mercure de France, 2006, p. 104.

4. Van Gogh, Autoportrait

Vincent Van Gogh a peint de nombreux autoportraits, auxquels un article de l’encyclopédie en ligne Wikipédia a été spécialement consacré. Dès lors, il n’est pas très facile de deviner de quel tableau exactement Jean-Michel Maulpoix parle, lorsqu’il écrit dans Boulevard des Capucines que le peintre « eût pu intituler le tableau qui le représente », « Autoportrait en champ de blé » (Op. cit., p. 106). En effet, plusieurs d’entre eux ont en commun cette peinture à traits épais, qui fait penser à un champ de blé.

J’ai choisi de vous montrer l’un de ceux où cet effet est le plus visible :

Van Gogh, Autoportrait, 1887 (Wikimedia Commons, libre de réutilisation)
Van Gogh, Autoportrait, 1887 (Wikimedia Commons, libre de réutilisation)

Pour conclure

On pourrait continuer longtemps ce petit jeu consistant à mettre en relation des extraits de la poésie de Jean-Michel Maulpoix avec des œuvres picturales auxquelles elles fait référence. C’est dire l’importance de la peinture dans l’œuvre du poète, sujet auquel j’ai consacré un article paru dans la revue Nu(e), puis un chapitre de ma thèse (lequel élargit la réflexion à la musique).

Et vous, lequel de ces quatre tableaux avez-vous préféré ? N’hésitez pas à intervenir dans les commentaires, ou à répondre au petit sondage ci-dessous !

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