Cultures vivantes du Comté de Nice

Les bonnes choses ont une fin ! Hier, jeudi 16 avril 2015, s’est tenue la dernière conférence du cycle organisé par Rémi Gasiglia et le Département d’Études Occitanes de l’Université de Nice. Le cycle reprendra l’an prochain. Intitulée « Parcours à travers la culture vivante du Comté de Nice », cette conférence était animée par Xavier Borriglione, lequel était visiblement tout indiqué pour aborder ce sujet, puisqu’il est lui-même impliqué dans de nombreuses activités culturelles destinées à promouvoir la culture niçoise. Il s’agissait donc moins d’un exposé exhaustif que d’un parcours personnel très instructif.

Au son du fifre et du tambourin

Xavier Borriglione a commencé par présenter différentes activités musicales dans lesquelles il est personnellement impliqué, toutes liées à la culture niçoise, que ce soit de façon traditionnelle ou de façon plus moderne.

Le fifre est bien sûr un instrument qui se retrouve au cœur de ces pratiques. Cet instrument, joué au moins depuis le dix-septième siècle, est une petite flûte traversière, taillée dans le buis dans le haut-pays, en canne sur le littoral, et en bois nobles depuis la période napoléonienne (palissandre, ébène). Le fifre a d’abord accompagné les exercices et parades militaires, puis s’est étendu à d’autres domaines, profanes et religieux.

Grâce notamment à la fête du fifre de Lantosque (village de l’arrière-pays niçois), le fifre a été remis au goût du jour dans les années quatre-vingts, avec un succès qui ne s’est pas démenti depuis. Ainsi, en 2013, à l’occasion du trentenaire de la manifestation, environ 250 musiciens ont été réunis.

Xavier Borriglione a également évoqué le groupe Nux Vomica, fondé dans les années 90 par un groupe d’artistes peintres et sculpteurs qui se sont mis à la musique. Il s’agit d’une musique plus actuelle, mais qui conserve des liens étroits avec les traditions niçoises.

Il a également été question du groupe Lu Rauba Capèu, qui joue un répertoire d’airs traditionnels et de créations d’inspiration traditionnelle, avec accordéon, batterie et fifre. Si ce groupe donne des concerts, il anime aussi des « baleti » (bals populaires).

Quand le conférencier revêt son chapeau de conteur

Xavier Borriglione a ensuite évoqué ses activités de dramaturge et de comédien. Il a inventé un personnage nommé Toinou dau Gourc, berger montagnard qui descend dans la banlieue niçoise, qu’il a incarné pendant quelques minutes en revêtant son chapeau de conteur. L’assistance s’est immédiatement prêtée au jeu et a joyeusement applaudi la prestation.

Une culture à transmettre

Plusieurs projets européens ont été mis sur pied afin de transmettre le patrimoine culturel local. Les personnes âgées isolées ont ainsi été invitées à transmettre leurs connaissances culinaires, comme le montre la vidéo d’une grand-mère enseignant à ses petits-enfants la fabrication des raviolis niçois.

Le fifre et la danse sont ainsi enseignés à la maison des associations de Saint-Roch (quartier de Nice). Le fifre entre aussi dans le programme des activités périscolaires de l’école de Saint-Martin-Vésubie. Les enfants utilisent des fifres en métal, plus faciles d’utilisation.

Ainsi, les traditions locales perdurent et continuent d’intéresser un public qui ne se limite pas aux amateurs convaincus.

(Image : Joueurs de musique traditionnelle occitane, otbeaumes / Wikimedia Commons, libre de réutilisation)

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